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Lettre à Charles

Par Olivier Bilé, PHD, Président du Bureau Exécutif National de l’ Ufp

Mon frère Charles,
Tu n’es pas mort. Ta place est au panthéon du Cameroun même si la patrie ne t’a point été reconnaissante de ton vivant. Nous, de la jeune génération combattante du Cameroun, sommes particulièrement dévastés par ta disparition car ton immense et singulière contribution à l’animation du débat public et à la conscientisation de nos concitoyens sur les problèmes de notre temps va nous manquer. Nous avons mené beaucoup d’activités ensemble car bien que militant du parti au pourvoir, tu avais une dimension et des affinités transpartisanes. Celles-ci étaient fondées sur ta grande ouverture d’esprit et ta passion voire ton obsession pour la justice et la vérité, toutes choses à l’origine de ton inégalable célébrité couplée à cette exceptionnelle affection que les Camerounais dans leur grande majorité te manifestent aujourd’hui. Si ta mémoire est ainsi célébrée Tara, c’est tout simplement parce que intuitivement, le peuple a bien perçu la profondeur et la pertinence de ton discours et de ton regard sur notre société. On peut en débattre sur la forme mais, il demeure que le peuple semble avoir bien saisi au fond que, parce que tu as fixé ta lucarne politique sur les questions d’éthique et de mentalités, tu fais partie des rares acteurs ayant effectué le diagnostic le plus pertinent du problème Camerounais.

Nous partageons du reste cette même grille fondamentale d’analyse qui proclame que notre société a radicalement intérêt à se détourner des voies autodestructrices de la culture de l’humanisme moderne, lesquelles ont propagé les phénomènes de l’occultisme occidental (loges et confréries de la Rose-croix et de la Franc-maçonnerie) ; de l’idéologie homosexuelle ; des crimes rituels ; des pratiques de magie et de sorcellerie ; de la corruption et des détournements de la fortune publique ; de la lâcheté et de la peur; de l’hypocrisie ; de l’individualisme et de la roublardise qui sont devenus si prégnants et qui plombent lourdement la destinée de notre pays aux plans aussi bien physique que métaphysique. Voilà ainsi déclinés, quelques sujets majeurs à propos desquels tu n’as eu de cesse d’attirer l’attention de tes concitoyens, à travers conférences, tribunes médiatiques, et surtout une production littéraire pour le moins gullivérienne pour ton jeune âge. Tu l’as fait avec un courage à nul autre pareil, déterminé que tu étais de déconstruire et de déboulonner ces murailles qui entravent les saines modernisations et marche en avant de ton pays. En inscrivant ton combat dans une perspective axiologique, c’est-à-dire sur les valeurs, tu as fait acte d’une rare lucidité et d’une immense clairvoyance politique.

Tu as physiquement disparu mais tu resteras éternellement dans nos c urs Tel Marc Vivien FOE, tu pars hélas trop tôt alors même que tu avais encore énormément à donner. Ton mérite, je le crois, est aussi d’avoir assurément suscité, au moins moralement et psychologiquement, des milliers d’autres  »Charles ATEBA EYENE » qui je l’espère, lorsqu’ils auront accédé au courage et à l’engagement politique sur le terrain, bénéficieront d’un meilleur soutien populaire de la part des Camerounais, afin que tes idéaux et ton rêve triomphent au plus vite. Tu m’appelais parfois  »mon oncle Olivier ». je te dis aujourd’hui  »Adieu mon Neveu Charles », et que de manière exceptionnelle, Dieu dont tu as promu à ta manière les valeurs, te couvre de son infinie compassion.


Olivier Bilé)/n


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