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Lettre d’un jeune à la jeunesse camerounaise. Autre lecture du discours du chef de l’Etat à la jeunesse le 11 février 2013 dernier

David Eboutou, Vice président de Génération Renouveau, militant Ojrdpc Mvila-Centre

Nous avons tous suivi avec un intérêt particulier le discours du Chef de l’Etat à la jeunesse le 11 février 2013 dernier. De prime abord, il faut souligner avec emphase le degré de proximité qui ‘s’y est dégagé dans ce discours. Le Chef de l’Etat, comme un père de famille a fait un tour tryptique de la situation socioéconomique des jeunes dans une tonalité paternaliste qui sied avec la conjoncture que seule la jeunesse connait dans notre pays. Ce discours que l’on peut baptiser de discours de l’espoir arrive à juste titre au moment ou beaucoup parmi nous n’y croyions plus. Pour mieux comprendre ce discours, et ne pas verser dans une compréhension erronée qui prête le flan à quelques hommes politiques en mal de notorieté, il est important de rappeler que le Chef de l’Etat est resté dans l’esprit du thème central de cette 47ieme fête de la jeunesse à savoir « Jeunesse, reponsabilité civique et participation au processus de développement ». L’examen analytique et sémiotique du discours en lui-même veut que le Chef de l’Etat ne soit jamais sorti du thème. Une dissécation intrinsèquo-tryptique nous y ramène à l’évidence.

JEUNESSE
Le Chef de l’Etat en s’adressant à la jeunesse commence par leur dire qu’il s’agit d’un « message d’espoir » qu’il souhaite leur adresser. L’espoir ce d’autant qu’en ce moment particulièrement difficile marqué par une conjoncture socio économique abrupte liée notamment à la précarité de l’emploi, la difficulté à joindre les deux bouts ,le surcoût de la vie, les pressions fiscales, les difficultés d’insertions dans les grandes écoles, les sociétés publiques et para publiques.il sait mieux que quiconque la situation exacte que ces derniers connaissent, et comme un véritable père à l’écoute de ses enfants, le Chef de l’Etat s’est directement s’adressé à différentes classes de jeunes ,qui, comme on peut le comprendre à dessein peuvent représenter des classes de jeunes à plusieurs niveaux. Tout d’abord à « la jeunesse encadrée » ; c’est-à dire celle qui a eu la chance d’être instruite. Le Chef de l’Etat rassure qu’il ne ménagera aucun effort pour continuer à doter des institutions en charge de la formation dans notre pays de tous les moyens nécessaires pour qu’elles continuent de donner le meilleur d’elles memes.L’argumentaire patent de celle-ci étant justifiée à titre d’exemple cette année par la dotation à plus de 15% du budget global dans ledit secteur. Mais il ne s’agit pas seulement de se doter des institutions de formation solides, il faut y mettre la qualité en s’assurant que les jeunes qui y ressortent après de solides formations puissent facilement s’insérer dans le monde socioprofessionnel. L’Etat à ce niveau donne d’ailleurs des gages de recrutement dans la fonction publique comme cela fut le cas de ce qui est alors une effectivité de l’opération baptisée « recrutement spécial de 25.000 jeunes à la fonction publique ».D’ailleurs selon le Chef de l’Etat, à titre d’exemple concret, « pour l’année 2013,200.00 emplois seront crées dans le secteur formel » .Mais soyons d’accord que la seule condition sine qua non pour être compté parmi ceux là est d’ « étudier sérieusement » parce qu’à coup sûr « la compétition sera rude ». Ensuite, le Chef de l’Etat s’adresse « aux jeunes qui ne vont pas à l’école » à « ceux qui sont sortis prématurément du système scolaire » aux « diplômés qui n’ont pas encore trouvé d’emplois et qui désespèrent d’en trouver ». Il s’agit donc à la fois d’une certaine jeunesse illettrée et d’une autre jeunesse post-formation qui attend d’être employée. A celle là, le Chef de l’Etat qui part d’un constat patent sans conjectures cite panoramiquement quelques acteurs de l’informels qui s’y sont retrouvés faute de réceptacles sociétaux véritables et dont les multiples frustrations peuvent amener à être « tentés par la fronde ».à cette catégorie, le Chef de l’Etat compte mettre sur pieds un cadre structurel formel pour mieux les encadrer et les amener à chasser en eux le spectre de la méduse dont ils pensent être l’incarnation. IL est important pour nous de « leur reconnaitre un rôle social dont l’utilité est incontestable ».Aussi, La proximité langagière utilisée par le Chef de L’Etat et qui s’y prête fort à propos quand il cite par exemple le cas des mototaxis, traduit sa ferme volonté de viabiliser ledit secteur. Tout en indexant quelques uns parmi eux dont l’infamie ne peut se justifier par des raisons purement faméliques, le Chef de l’Etat en appelle à une organisation de cette profession au travers des stages de formations et de récyclages.Le Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique et le Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle sont à ce titre désignés nommément par le Chef de l’Etat pour faire des propositions en vue de l’amélioration qualitative dudit secteur. Ceci concerne également les autres secteurs de l’informel. Enfin, le Chef de l’Etat s’adresse aux « enseignants dont au demeurant bon nombre font partie de la jeunesse »ce qui est d’ailleurs une évidence. A celle-ci, il y fonde beaucoup d’espoir parce que c’est elle qui est chargée de planter les germes, de jeter la semence, préalable à toute idée d’émergence puisque ce sont eux les enseignants qui ont la lourde charge de préparer la jeunesse à « une citoyenneté responsable ».Quelques écueils laconiquement cités tels le faible niveau de rémunération, les mauvaises conditions de vies et de travail sont déjà filigraniquement en eux mêmes porteurs de solutions à venir. Le Chef de l’Etat promet d’ailleurs dans le but de conserver le « feu sacré »engager une réflexion scientifique pour améliorer le système éducatif de notre pays et poursuivre des concertations dialoguées en vue d’améliorer les conditions de vies et de travail des Enseignants. Ceci est d’autant plus important en ce moment que la communauté éducative internationale reconnait au Cameroun des qualités scientifiques qui ne font l’objet d’aucun doute en venant de décider d’implanter au Cameroun l’Institut Africain pour les Sciences Mathématiques. Raison de plus de donner à l’enseignant une place centrale dans la politique globale de développement de notre pays.

RESPONSABILITE CIVIQUE
Si l’on part de la définition du CIVISME que donne le petit larousse, le civisme est le dévouement à l’intérêt public. La responsabilité civique inclut donc le sentiment ou l’engagement que chaque individu, chaque camerounais doit avoir quand il s’agit de défendre ce qui appartient à tous les camerounais donc à la nation à la nation toute entière. Mais si on peut parler d’un esprit civique qui doit animer tous les camerounais, il faut au préalable s’interroger sur la moralité de chaque camerounais ; tant est si bien que la moralité précède l’esprit civique. Encore à ce niveau, le Chef de l’Etat nous interpelle, « le niveau de moralité de notre jeunesse se dégrade » martèle t-il.La suite est encore plus triste pour étayer cette assertion effarante « il suffit de lire la rubrique des faits divers dans la presse pour s’en rendre compte ».Est ce cela la vraie image de la jeunesse camerounaise ?une jeunesse dont les prouesses méritoires se comptent en termes d’orgies ?dont les référentiels emphatiques côtoient le risible et l’hérésie ?non, non et non, disons non à cette posture démagogique et irréelle qui ne ressemble pas à la jeunesse camerounaise et qui à la longue risque de faire ombrage quand viendra le moment pour nous de prendre en main le destin de notre pays. La Seule maxime pour y arriver étant d’ «adopter un comportement moral exemplaire et responsable » .La responsabilité ici étant aussi d’éduquer en ce qui concerne ceux parmi nous qui sommes jeunes parents, notre progéniture qui ne doit plus perpétrer les mêmes comportements inciviques que leurs pères mais qu’ils soient le reflet du rêve de leurs parents. Il y’a donc ici une triple interpellation du point de vue de la responsabilité à incruster dans nos mentalités. D’abord au niveau familial, ensuite au niveau ecclésial et enfin au niveau scholatique, car comme l’a si bien dit le Chef de l’Etat, « le civisme, on ne le dira jamais assez, est le fondement de toute société ».
PARTICIPATION AU PROCESSUS DE DEVELOPPEMENT
Les notions de jeunesse et de responsabilité civique analysées plus haut démontrent très bien que tout développement est un processus, que le développement est un construit qui doit se faire comme l’a dit VOLTAIRE « année par année, anneau par anneau »,par conséquent ,toute société sérieuse qui envisage son développement doit s’atteler à poser des jalons immatériels et matériels solides afin d’envisager sereinement son developpement.Notre pays qui est engagé sur l’objectif de pays émergent à l’horizon 2035 a tout intérêt à commencer dés à présent à poser les siens. Le Chef de l’Etat a montré la voie aux jeunes à travers son discours du 11 février 2013 dernier. Un discours d’espoir qui se veut Aussi être un discours d’orientation, un discours leitmotiv qui fixe des crédo-maximes comme préalable à tout développement. La question est donc celle de savoir qui va implémenter les grands axes tracés par le Chef de l’Etat ?la réponse se trouve dans l’appropriation que nous ferons de ce discours, car la force de la jeunesse camerounaise réside en ce qu’elle est incoercible. Le développement du Cameroun dépendra donc de la volonté contingente que nous voudrions qu’elle soit.

VIVE LA JEUNESSE CAMEROUNAISE !
VIVE LE CAMEROUN!

David Eboutou, militant Ojrdpc Mvila-Centre
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