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Lettre ouverte A Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a propos du report des élections législatives et municipales en 2014

Par Abba Aboubakar, leader d’opinion

Monsieur le Premier Ministre,

En date du 21 mai dernier, je vous adressais une correspondance dont l’objet portait sur la crise institutionnelle au Cameroun, votre démission et de l’ensemble du Gouvernement, tout en indiquant des mouvements de revendications sociales en vue.

Au demeurant sans être répétitif et évitant de m’y reprendre intégralement ici sur le même sujet, par la présente lettre, je viens l’y réitérer en d’autres termes et ensemble, les suggestions contenues qui nécessitaient des mouvements de revendications devant l’immeuble abritant vos services sous ma coordination.

Ces suggestions portent essentiellement sur la troisième prorogation du mandat des députés à l’Assemblée Nationale par la loi n°2013/005 du 08 mai 2013 dont le motif n’a jamais été élucidé à l’opinion publique et ce, sans la mise en place d’un Gouvernement de transition conséquente, de l’application de l’article 66 de la Constitution entre autres, en la revalorisation à la hausse de salaires des personnels des secteurs publics et parapublics.

En effet, la prorogation actuelle du mandat des députés n’a aucun rapport subsidiaire avec le fonctionnement du Sénat selon les dispositions constitutionnelles. Par contre, elle entame le processus électoral et remet en cause la légalité des institutions de la république. Naturellement, c’est le peuple qui se trouve bafoué à travers sa loi fondamentale (la Constitution).

S’agissant des manifestations pour les revendications, certes, en date du 27 mai 2013, je me suis retrouvé avec au moins trois cent (300) jeunes compatriotes vers 13h aux abords de l’immeuble abritant vos services mais, nous avons buté à un dispositif sécuritaire de la police venu nous attendre de pied ferme pour la répression ainsi, les éléments recommandés contre nous, ont fini par m’arrêter tout en happant trois jeunes gens parmi plusieurs autres disloqués violemment.

Après notre garde à vue qui s’en est suivies au commissariat central n°1 de Yaoundé, nous avons été déféré au parquet le lendemain et libéré sous caution. Pour une manifestation publique déclarée dans le délai auprès de l’autorité administrative compétente en vue des revendications ? Cela démontre à suffisance les réalités dictatoriales dont nous déplorons tant au Cameroun. Dans cette perspective et selon l’esprit du procès ouvert contre nous en ce moment au tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif, je suis déjà avisé de mon incarcération prochaine à la prison de Kodengui. Du ridicule tout ça venant des violeurs des lois de la république. Heureusement, le monde nous regarde et à chacun son tour devant le rétroviseur de l’histoire. Face à une véritable justice indépendante dans ce pays, je ne me reproche de rien et surtout, je ne suis nullement pas intimidable.

Dans une moindre mesure, je m’oppose contre toute forme de violence se rapprochant à mes initiatives de revendications des justes causes. De quoi m’en réjouir d’ uvré pour la préservation de la dignité humaine tel que mentionné dans le préambule de la Constitution de la République du Cameroun ainsi, nos jeunes compatriotes ont fini par s’en rendre compte des problèmes d’intérêt général que je pose en contradiction de l’illégalité caractérisant le fonctionnement du système gouvernant en place.

C’est pourquoi Monsieur le Premier Ministre, la porte du dialogue ne s’ouvrant que momentanément et sélectivement face aux multiples aberrations dans ce pays, la seule voie qui nous reste est celle de la manifestation publique aux fins des revendications fut-elle déclarée ou non, vous devrez supporter et assumer les responsabilités eu égard à vos dérivations du bon sens. Vous sachant dans les raisons, pourquoi refugiez-vous derrière nos forces de sécurité et notre justice en les instrumentalisant à votre guise contre nous ?

A la lumière de ce qui précède, je réitère une fois de plus mes suggestions visées supra, j’appels votre haute attention et partant, celle du Président de la République sans aucune déclamation, sur l’impossibilité d’organiser les élections législatives et municipales dans les meilleures conditions acceptables cette année 2013.

Comme par le passé, j’évoque à nouveau ici les raisons qui hypothèqueraient la bonne tenue des élections législatives et municipales en 2013 dans notre pays, sauf à me tromper péremptoirement sur ce qui suit :

1) La mise en place impromptue du Sénat courant période de prorogation des mandats des députés et des conseillers municipaux, a périclité littéralement le processus électoral reporté de 2012 à 2013, (c’est la raison de la troisième prorogation séquentielle et abusive de mandat des députés en ce moment) ;

2) L’arrêt fantaisiste et illégal des inscriptions biométriques sur les listes électorales durant pratiquement deux (02) mois, a démotivé l’engouement électoraliste des différents acteurs ;

3) La distribution actuelle des cartes électorales hors norme règlementaire par ELECAM est un facteur non négligeable du flou et de fraudes massives en perspective ;

4) La disproportion financière par rapport au Code électoral, entravera la volonté participative du plus grand nombre des camerounais majoritairement pauvres à la candidature en cas d’improvisation de ces élections, favorisant le vote censitaire déjà décrié ;

5) La prémonition d’une crise de trésorerie évidente avant la fin de l’année 2013, est de mise et à prendre en considération vis-à-vis des dépenses énormes des élections et ses corollaires ;

6) Le risque probable des troubles sociaux en 2013 à travers une rébellion armée eu égard à la paupérisation galopante de notre société n’est pas à minimiser etc.

Toutes choses qui rendront inexorablement difficile la tenue des élections législatives et municipales cette année, à moins d’accentué très vite le cafouillage sans finalité satisfaisante. L’exemple tant bien que mal des autres pays amis dans le même contexte est édifiant, la nature évolue et l’Homme avec.

C’est pourquoi, il est plus que jamais nécessaire de reporter à nouveau ces deux élections ensemble pour l’année 2014 afin d’y voir clair en mobilisant nos divergences idéologiques autour d’un objectif commun (la paix) pour notre partie car, le processus de démocratisation de nos institutions en dépens.

Ne courrons pas pour rien, c’est notre pays, c’est nos lois, entendons-nous, taisons nos passions, nos diatribes, évoluons doucement et sûrement chacun selon ce qu’il peut pour notre pays que de plonger tout droit dans la disette destructrice en nous brouillant inutilement par des incompréhensions. Entendu sous cette forme, et tous pour le bon sens, nous ne manquerons probablement pas l’assistance et la bonne contribution des amis du Cameroun notamment, nos partenaires bilatéraux et multilatéraux qui n’ont besoin que de nos ententes.

Loin de tout défi et sans dévoiler cette fois-ci mes orientations d’actions connaissant vos méthodes, je mettrai tout en uvre ensemble avec d’autres concitoyens même au prix de nos sacrifices suprêmes pour empêcher le déroulement des élections législatives et municipales au cas où celles-ci venaient d’être maintenues en 2013 dans cet imbroglio. L’usufruit de mes suggestions pour la seconde fois est inadmissible, à vous la décision.

Veuillez agréer Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération.

Abba Aboubakar, leader d’opinion
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