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Lettre ouverte au président de la Fécafoot: M. Tombi A Roko, quel nègre êtes-vous ?

Par Nel Nziemi Tsopo

Monsieur le Président, permettez-moi d’aller droit au but. Vous venez d’être élu à la tête de la plus grande et, la plus importante institution sportive du Cameroun après un long, très long processus de déconstruction, de reconstruction et de normalisation. Vous êtes aujourd’hui censé replanter les graines neuves pour la renaissance du football camerounais mort depuis 2010. Vous n’êtes pas président de la Fécafoot par intérim, vous n’êtes donc ni dans l’urgence, ni dans le moyen terme, bien au contraire. Vous ne découvrez pas la maison Fécafoot, car vous y êtes depuis presque toujours. En d’autres termes, dans ce nébuleux milieu du football, vos dents son faites!

Alors monsieur Tombi A Roko Sidiki, expliquez-nous pourquoi vous parcourrez des milliers de kilomètres à la recherche d’un entraîneur sélectionneur pour notre équipe nationale les lions indomptables? Qu’est-ce qui vous motive dans cette voie monsieur le président? Qui vous oblige à parcourir l’Europe à la recherche d’un « sorcier blanc »?

Vous êtes semble-t-il sur les traces de Claude Leroy, Hervé Renard. Et Pourquoi pas Valeri Nepomniachi, Philippe Redon, ou Dominique Colonna? Pendant qu’on y est, pensez-vous à Sabri Lamouchi, willy Sagnol, ou Franc Leboeuf?

Monsieur le président, il est temps non pas qu’on se dise des vérités, car la vérité nous la connaissons tous! Nous savons pertinemment que les compétences d’un sélectionneur national ne sont ni fonction de sa couleur de peau, ni de son continent d’origine. Son succès repose sur ses connaissances techniques du football, sa gestion managériale, mais aussi et surtout sur la structure administrative, logistique et « politique » dans laquelle il est plongé dans l’exercice de son métier.

Il est donc temps d’agir! Il est temps d’arrêter de mépriser les nôtres, de discriminer nos compatriotes, il est temps monsieur le président de quitter la maison du maître, de rejoindre les nègres des champs et je m’explique

« A l’époque de l’esclavage quand les noirs comme moi parlaient aux esclaves, ils (les blancs) ne le tuaient pas, ils envoyaient un nègre de maison contredire ce qu’il disait…Le nègre de maison prenait toujours soin de son maître. Quand le nègre des champs s’éloignait de la plantation, il le retenait et l’empêchait. Le nègre de maison aimait son maître plus qu’il ne s’aimait lui-même. Il n’a jamais voulu que la propriété de son maître brûle. A côté, il y avait les nègres des champs, mal lotis et mal nourris qui prenaient des coups de fouets et vivaient l’enfer. ils détestaient leurs maîtres et priaient pour que leurs maîtres meurent…Aujourd’hui encore il existe ces deux catégories de nègres » (Malcom X).

Monsieur le président, quel nègre êtes-vous? Quel nègre serez-vous dans quelques mois après avoir désigné qui sera à la tête de notre équipe nationale. Loin de moi l’intention de vous donner des leçons de gestion, car je crois intimement que vous êtes compétent! Simplement vous éveiller sur votre rôle clé, dont on semble oublier la portée: vous ne désignez pas qu’un technicien, mais un représentant, le patron de l’image internationale du Cameroun ! Un patron avec toute sa charge symbolique psychologique et idéologique sur nos compatriotes, sur nos enfants qui ne rêvent que de jouer au football parce qu’ils ont vu Samuel Eto’o ou George Weah atteindre des sommets, mais jamais ils ne rêvent de le diriger, de le penser. C’est à nous, de créer nos modèles à notre image, dans nos secteurs d’activités respectifs. Le vôtre il est bien connu et sa portée est mondiale.

Vous m’éc urerez si vous nous faites croire que nous manquons de camerounais compétents. Monsieur le Président, au moment où vous prospectez ailleurs, sur le banc de touche camerounais, vous avez vous même désigné Alexandre Belinga comme intérimaire. Que n’a t-il pas qu’un Volker Finke avait, mis à part son salaire ? A ses côtés se trouve un certain Bonaventure Djonkep qui lui, a tous les attributs que probablement personne d’autre ne détient dans votre short liste de « sorciers blancs ». Djonkep Bonaventure vit et respire le football camerounais depuis 1982 et vous et moi avons tous apprécié ses exploits en tant que coach au Coton sport de Garoua, Unisport de Bafang, Union de Douala.Monsieur le président, ouvrez les yeux! Connaissez-vous Yves Clément Arroga? Le premier africain entraîneur de niveau UEFA PRO en Espagne, formateur hors pair, ancien entraîneur de l’équipe réserve du Racing club de Bordeaux, reconnu par les instances actuelles du football espagnol? Les compétences elles sont là monsieur le président, et je pourrais vous en citer une dizaine de valeureux techniciens camerounais. Faites leur confiance et offrez leur les même salaires et avantages qu’a ces « sorciers blancs ».

Monsieur Tombi A Roko, aucun observateur avertit du football n’attend de vous et des lions indomptables de remporter la CAN 2017, personne ! Gagner à tout prix n’est pas une devise de sagesse. Il y a des défaites qui dépassent des victoires voyez-vous, construire avec nos techniciens locaux, les voir évoluer au même titre que nos équipes nationales de toutes les catégories, perdre en se solidifiant sont des garanties de victoires futures et durables. Des victoires de cohésion du peuple camerounais, de fierté africaine, d’affranchissement, d’images, car figurez-vous monsieur le président, que nous n’en attendons pas plus de ces victoires sportives, car le football n’a jamais développé aucun pays.


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