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L’ex-guérillero mozambicain Dhlakama enterré dans son village natal

Le chef de l’opposition mozambicaine et ancien guérillero Afonso Dhlakama, décédé le 3 mai des suites d’une maladie, a été enterré jeudi dans son village natal de Magunde, dans le centre-est du pays, en présence de centaines de fidèles.

« On enterre le corps, mais on n’enterre pas les idées », a déclaré l’un de ses frères, Elias Dhlakama.

Afonso Dhlakama, qui a dirigé la Résistance nationale du Mozambique (Renamo) pendant trente-neuf ans, est décédé à l’âge de 65 ans dans les montagnes de Gorongosa (centre) où il vivait retranché depuis 2015.

Ancienne guérilla transformée en parti politique à la fin de la guerre civile (1976-1992), la Renamo avait repris les armes en 2013 pour dénoncer la mainmise du parti au pouvoir, le Front de libération du Mozambique (Frelimo), sur le pays.

La mort du chef de la Renamo intervient à un moment crucial pour le Mozambique puisqu’Afonso Dhlakama et le président Filipe Nyusi avaient récemment engagé des négociations de paix.

Jeudi, des centaines de partisans de l’opposition ont suivi le cortège funéraire de la maison du père du défunt, toujours en vie, jusqu’au cimetière familial, situé en pleine brousse.

« Nous avons perdu un père, nous avons perdu un héros », a témoigné une de ses nièces, Teresa Marceta. « Nous sommes ici non seulement pour rendre hommage à notre père mais aussi pour le remercier d’avoir enseigné au monde ce qu’est la démocratie », a-t-elle ajouté.

De nombreux curieux étaient perchés sur les arbres pour observer l’inhumation dans une épaisse forêt, aux sons d’une fanfare militaire.

« Nous espérons que la nouvelle direction (de la Renamo) qui sera élue continuera la bataille pour la démocratisation du pays, comme l’ont fait les présidents Andre Matsangaissa (fondateur de la Renamo, décédé en 1979) et Afonso Dhlakama », a déclaré un membre de la famille Matsangaissa.

« L’indulgence de Dieu est infinie. Donc je lui fais confiance pour pardonner à frère Afonso Dhlakama tous ses péchés », a estimé pour sa part une habitante de Magunde, Lucia Campira.

La Renamo est accusée d’avoir commis des atrocités pendant la guerre civile, qui a fait plus d’un million de morts.

Le gouvernement de Maputo était représenté aux obsèques par la gouverneur de la province de Sofala, Maria Helena Taipo.

La veille, le président mozambicain Filipe Nyusi avait prononcé l’éloge funèbre lors d’une cérémonie à Beira, capitale de Sofala située à 200 km au nord-est du village de Magunde. Devant des milliers de partisans de la Renamo, il s’était engagé à poursuivre les discussions de paix.

« Je continuerai sur le chemin que nous avons entamé ensemble, celui qui conduit à la paix », avait-il assuré.

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