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L’expertise israélienne à l’Ecole pratique d’agriculture de Binguela

En grande quantité, deux variétés de greffons destinées à la culture des mangues ont été apportées à l’Epab jeudi, 29 septembre 2016, pour être expérimentées en terre camerounaise

Le Kent et le Kit. Deux variétés de greffons venues d’Israël, spécifiquement adaptées aux manguiers. Pour la première fois, elles vont être expérimentées au Cameroun, à travers l’Ecole pratique d’agriculture de Binguela (Epab). Binguela. à 32 kilomètres de Yaoundé, la cité capitale. Une équipe d’experts israéliens s’y est rendue dans la matinée du jeudi 29 septembre 2016. Dans leurs bagages, plus de 600 greffons destinés à l’amélioration de la production des mangues. Pour un premier test en terre camerounaise, l’Epab a été choisi comme site en raison de sa contribution dans le processus d’appui à la mise en place d’une agriculture de seconde génération dans le pays.

Bon poids, bon goût, rendement élevé. Ce sont là les caractéristiques du Kent, première variété présentée ce jeudi par l’Israélienne Timna Shoer, formatrice en greffage, par ailleurs ingénieur agronome dans son Etat. La deuxième, le Kit, est également réputée pour sa capacité à produire de gros fruits d’un meilleur goût en quantité considérable. Les mangues formées à partir de cette variété murissent avec beaucoup de chair autour d’un petit noyau, sans fibre. Ces données ont été communiquées par Timna Shoer au cours d’un atelier technique organisé au germoir de l’Epab à l’intention d’une dizaine de formateurs et d’apprenants inscrits à l’Ecole.

Un exercice qui, selon le directeur de l’établissement, Roland Amougou Etogo, vise un objectif économique. « C’est par rapport à l’exigence de notre environnement et la qualité du marché qu’on introduit certaines espèces de plantes pour avoir des fruits sucrés ou salés, gros, moyens ou petits, de belle couleur ou avec un meilleur rendement », a-t-il expliqué. « Si vous voulez vendre, il faut produire des fruits de bonne qualité », a renchéri l’ingénieur israélienne. D’où l’utilité des greffons Kent et Kit pour le cas des manguiers.

Les plants pour l’adaptation, le greffon pour la qualité
Avant de pratiquer un greffage, il faut examiner l’environnement, les conditions du sol, la capacité en eau pour produire des fruits de bonne qualité. Etudes dont les résultats ont rendu l’Ecole de Binguela éligible pour cette autre expérience. Une démonstration pratique du chercheur israélien Ramromishe, également formateur en greffage, a permis aux locataires de l’Etablissement agricole de s’imprégner de la technique d’utilisation du Kent et du Kit. Pour l’un ou l’autre greffon, la méthode est la même.

Embobiner le greffon avec un emballage biodégradable pour éviter que l’air ou tout autre chose ne pénètre, racler une extrémité à l’aide d’un couteau adapté, fendre le bout du plant en deux, insérer le greffon au beau milieu et les relier par un turban enroulé tout autour pour ne faire qu’un : c’est par ces étapes qu’il faut passer pour réussir son greffage.

Tous les formateurs de l’Epab sont passés à la pratique jeudi, avec plus de 600 greffons à implanter. Transportés depuis Israël et « mis dans un endroit frais entre 4 et 6°, ils ont au préalable subi les contrôles nécessaires pour éviter toute transportation de maladie ou infection au Cameroun », a assuré Timna Shoer. Après le greffage, s’en suivra l’implantation. Mais avant, observation !

Les experts israéliens Timna Shoer et Ramromishe expliquent la technique de greffage à Binguela, jeudi 29 septembre 2016.
Epab)/n

Des greffons pour une commercialisation optimale
Pour le directeur de l’Ecole pratique d’agriculture de Binguela, la venue de ce matériel végétal soulève deux attentes principales. Notamment, la finalisation d’un parc à bois et un transfert de compétence. « Le plus important c’est qu’on sache greffer au Cameroun et qu’il y ait un parc à bois pour conserver les plants (la semence)… Binguela sera un point de diffusion du matériel végétal. Donc tout le monde pourra prélever chez nous pour aller répliquer ailleurs, y compris l’Etat qui est propriétaire de cette école », a argumenté le directeur de l’Epab, Roland Amougou Etogo.

Autre élément essentiel qui fait la particularité du Kent et du Kit, c’est que les manguiers sur lesquels les greffages réussiront pourront produire des fruits à tout moment. Une pratique qui vient résoudre le problème de contre-saison pour ce fruit, « très prisé » au Cameroun. Et générer d’avantage de bénéfices pour les agriculteurs et commerçants sur le marché.

Des formateurs et apprenants attentifs au cours de l’atelier sur le greffage.
Epab)/n
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