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L’Histoire des Hommes et de l’Indépendance du Cameroun en 286 pages

L’auteur de cet ouvrage y dresse les portraits et parcours de 56 personnages ayant participé, chacun à sa manière, à l’indépendance du Cameroun

Jusqu’à une époque, je connaissais mieux l’histoire de la France que celle de mon pays, parce que l’histoire du Cameroun n’a jamais été correctement enseignée. Une phrase crue pour certains, interpellatrice pour d’autres, mais pour le moins révélatrice et évocatrice à plus d’un titre. C’est de son expérience personnelle qu’il est parti. L’auteur de cet ouvrage, Richard Marcel Keuko, a été frustré, du fait notamment de la méconnaissance de l’histoire de son propre pays. J’estime que notre histoire est transmise de façon très incomplète, parcellaire. Par ailleurs, j’ai le sentiment que le fait de ne pas connaitre les figures qui ont fait l’histoire ne nous aide pas à assimiler celle-ci facilement. D’où la mise sur pied de cet ouvrage, que le Pr Hubert Mono Ndjana, dans sa préface, qualifie de «galerie vivante». Personne avant Richard Keuko n’y avait pensé, rappelle le Professeur, pourtant il était temps. Reproduire et présenter la vraie face de l’histoire du Cameroun aux Camerounais, restituer, «même partiellement», la mémoire du Cameroun. Tel était le but. Le travail est axé sur la période allant de 1950 à 1970, période assez déterminante selon l’auteur, pour l’indépendance de notre pays. Une période décisive, qui mérite beaucoup plus d’attention que ce n’est le cas actuellement.

Un pari osé
Ce travail fut un défi, un «pari osé» pour l’auteur lui-même, mais c’était aussi et surtout un risque car entre ces personnages, on distingue ceux qui souhaitaient et ceux qui combattaient cette indépendance. Cinquante six visages au total, camerounais et étrangers se côtoient. Portraits, parcours, combats, idéologies y sont dévoilés. Sans parti pris, mais surtout à côté des visages auxquels les fins pinceaux d’artistes ont redonnés de belles couches de vie, de rayonnance. De quoi dépasser la pâleur historique des vielles photos trouvées ci et là pour se rapprocher de l’idée que se fait la mémoire collective de tel ou tel personnage. Autre pari de taille. Des indépendantistes tels que Ruben Um Nyobé, probablement la figure la plus marquante de l’histoire du Cameroun ces soixante dernières années, Félix Roland Moumié, contraint à l’exil en 1957 après l’interdiction de l’UPC sur le territoire sous tutelle britannique, ou encore Abel Kingué, «militant de la première heure du nationalisme camerounais», cohabitent avec des personnalités comme André-Marie Mbida, Charles Okala ou Douala Manga Bell, «qui défendaient l’intégration dans l’Union française auprès des Nations unies». Et que dire des figures telles que Roland Pré! Ce Haut-commissaire de terrible réputation qui, en signant le décret d’interdiction de l’Union des Populations du Cameroun en 1955, peut être considéré comme le principal instigateur de la violence qu’a connue le Cameroun au cours des quinze années suivantes. Chose, comme bien d’autres, qui n’ont à ce jour, jamais été dites. La raison selon l’auteur: Il me semble que les blessures et les ranc urs accumulées à l’époque étaient si vives qu’il paraissait difficile de l’aborder sans que ne resurgissent les démons du passé. Et poursuit-il, je pense qu’aujourd’hui, il est de nouveau possible de parler.

Aux générations futures…
Prendre sa plume a donc été pour lui la meilleure façon de parler. Car pour lui en fait, il ne s’agit pas que de parler, mais surtout de faire un don à la postérité. J’ai voulu faire quelque chose pour que ceux qui viendront après moi ne souffrent pas des mêmes frustrations, qui peuvent conduire un individu à manquer d’assurance personnelle confie ce diplômé de science politique, de relations internationales et de sociologie, par ailleurs propriétaire d’une galerie d’art en plein c ur d’Akwa à Douala. Plus qu’un livre d’histoire, cet ouvrage est davantage un repère, une référence, mais plus encore une bibliothèque vivante, voire une source à laquelle devrait s’abreuver tout assoiffé d’histoire. Du genre à ne jamais tarir.

Cinquante six visages au total camerounais et étrangers se côtoient dans cette galerie de portraits
Journalducameroun.com)/n


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