International › AFP

Liban: une édition vierge du quotidien An-Nahar pour dénoncer le blocage politique

Le plus vieux quotidien libanais, An-Nahar, a publié jeudi une édition ne comportant que des pages blanches, une initiative inédite qui vise à dénoncer le blocage politique et les difficultés économiques qui minent le petit pays méditerranéen.

Après plus de cinq mois de tractations, le Premier ministre Saad Hariri, reconduit après les législatives de mai, cherche toujours à former un gouvernement, impasse qui met en péril une aide internationale de 11 milliards de dollars.

« Les gens sont lassés et An-Nahar est fatigué d’écrire sur vos excuses et vos sempiternelles promesses vides », a déclaré la rédactrice en chef du journal, Nayla Tuéni, lors d’une conférence de presse à Beyrouth.

Le prestigieux quotidien, fondé en 1933, a publié huit pages vierges dans sa version imprimée, et mis en ligne des blocs vides sur la page d’accueil de son site internet pour dénoncer cette situation.

« Dieu seul sait combien de temps nous allons attendre pour voir » la formation d’un gouvernement, a ajouté Mme Tuéni.

L’absence de gouvernement entrave la concrétisation de projets d’infrastructures de plusieurs milliards de dollars promis lors d’une conférence d’aide internationale en avril à Paris.

Les partis politiques de ce petit pays multi-confessionnel de quatre millions d’habitants échouent depuis des mois à trouver un accord sur la formation d’un nouveau gouvernement.

Le Liban, qui a connu 15 ans de guerre civile (1975-1990), est régi par un système complexe de partage du pouvoir entre les différentes confessions, destiné à maintenir des équilibres communautaires fragiles.

La situation politique « n’est plus acceptable », a encore clamé Mme Tuéni, précisant que son journal ne prenait toutefois pas parti dans les tractations politiques en cours.

L’édition vierge a pour objectif d’exprimer « notre profond sens moral et des responsabilités en tant qu’institution de presse face à l’état désastreux du pays » a-t-elle affirmé.

L’économie libanaise, largement fragilisée par sept ans de conflit en Syrie, s’est encore détériorée depuis le début de l’année. La dette du pays atteint 82,5 milliards de dollars, soit 150% du PIB, selon le FMI.

La presse libanaise traverse également une crise financière et plusieurs journaux comme As-Safir ont mis la clé sous la porte ces dernières années.

Les gouvernements successifs ont également tous échoué à régler la crise de gestion des déchets ou à améliorer l’état du réseau électrique qui provoque des interruptions de courant quotidiennes.

Ces derniers jours, des Libanais se sont plaints d’avoir de l’eau usée sortant de leurs robinets et des militants ont publié des images sur les réseaux sociaux de légumes baignant dans des eaux troubles.

À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut