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Libération de Kamto et Cie: le Mrc entend poursuivre les manifestations contre le «Hold-up électoral»

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Dans un communiqué signé du président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), Maurice Kamto indique qu’ils vont accentuer «la résistance nationale.»

Cinq jours après sa libération et celle de près de 200 membres du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et ses sympathisants, Maurice Kamto se désole de «constater que le hold-up électoral se poursuit et entend poursuivre. Aussi, sommes-nous dans l’obligation de maintenir et d’accentuer la résistance nationale, dans les formes et les modalités qui seront communiquées ultérieurement. En conséquence, nous demandons aux militants et sympathisants du Mrc, ainsi qu’à tous les Camerounais soucieux de l’avenir de notre pays, de rester mobilisés», conclut le président du Mrc dans un communiqué de six pages.

Il est question dans le document d’une prise de parole au sujet de l’annonce de «l’arrêt des poursuites pendantes devant les tribunaux militaires contre certains responsables et militants de partis politiques, notamment le Mrc» et du rapport général du Grand dialogue national.»

Tout d’abord, celui qui a été libéré le 05 octobre dernier après neuf mois passés à la prison de Kondengui à Yaoundé, rappelle que l’arrêt des poursuites prononcées par le chef de l’Etat, Paul Biya, le 04 octobre (jour de fin du Grand dialogue national) ne semble pas concerné plusieurs autres camarades et leaders alliés au Mrc. Notamment ceux «traduits devant les tribunaux civils où quelques-uns ont déjà été condamnés à des peines d’emprisonnement ferme», raison pour laquelle, «tant que les charges retenues contre eux n’ont pas été abandonnées et que les condamnations prononcées contre les autres ne sont pas annulées, aucun d’entre nous ne sera libre et la lutte se poursuivra jusqu’à leur libération», poursuit-il. Il évoque d’ailleurs le fait que cette remise en liberté pourrait être une ruse de la part du régime en place afin de «tuer la résistance.» Dans la mesure où l’alinéa 3 de l’article 14 du code de justice militaire «laisse la possibilité de reprendre les poursuites à tout moment.»

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Toutefois, Maurice Kamto indique que la décision du président de la République est favorable à l’ouverture des discussions «au sujet des crises multiformes qui affectent le pays pour autant que le pouvoir en place ne s’enferme pas dans son indifférence habituelle», propose le Mrc qui a refusé de prendre part au Grand dialogue national organisé du 30 septembre au 04 octobre 2019 à Yaoundé. Débat national visant à trouver des solutions pour résoudre les conflits qui secouent les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis trois ans.

Cette ouverture au dialogue, a pour but de solder le passif de cette élection (présidentielle du 07 octobre 2018 Ndlr), proposer une réforme consensuelle du système électoral avant toute nouvelle élection, garantir des libertés publiques et droits humains fondamentaux, garantir l’indépendance de la justice. Le parti convient avec les propositions faites par le sultan Mbombo Njoya lors du dialogue national pour jeter les bases d’une République nouvelle.

-Forme de l’Etat

Maurice Kamto s’est également appesanti sur le débat sur la forme de l’Etat, qui selon lui n’a pas connu un avancement après le dialogue national. Selon lui, le maintien de la décentralisation avec un statut spécial pour les régions anglophones ne sauraient répondre aux besoins des populations de ces zones surtout au moment où le conflit a fait plus de 3000 morts, de nombreux déplacés et réfugiés et que les combattants séparatistes ont gagné du terrain et en puissance. Ainsi, «il nous semble illusoire de croire qu’on peut gagner la paix en libérant quelques combattants et en gardant en prison leurs leaders condamnés à vie», analyse le président du Mrc.



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