Politique › Institutionnel

Libération des ex-otages français: Vérités et contre-vérités

Une semaine après la libération de la famille Fournier, des révélations sur le dénouement de l’affaire voient le jour

Deux mois après leur détention par la secte islamiste Boko haram, ils ont été enfin libérés ! La famille Moulin-Fournier. Dès lors, les commentaires fusent de part et d’autre, des vérités et des contre-vérités font la une des médias nationaux et internationaux. Le Cameroun particulièrement concerné et préoccupé par cette affaire se positionne en artisan de cette libération. Le 19 avril dernier, jour de leur libération, le porte-parole du gouvernement camerounais Issa Tchiroma Bakary était face à la presse. En toute quiétude, il a affirmé que: « Tout s’est passé sous le sceau du secret et de la confidentialité pour ne pas mettre la vie des otages en danger (.) Les Etats ont mutualisé leurs efforts. Et c’est la somme de tout ceci qui a abouti à ce résultat. ». Les Etats ici renvoient à la France, au Cameroun et éventuellement au Nigéria qui ne s’est pas trop exprimé sur cette affaire. On comprend alors qu’il y a eu quelque chose en fond de trame. Pourquoi serait-on confidentiel sur un secret qui n’existe pas ?

Le 20 avril dernier, soit 24 heures après le dénouement de cette prise d’otage, le site d’information français Médiapart publie un article avec un titre assez révélateur : « Otages au Cameroun: il y a bien eu des contreparties » pourtant Paris nie toute rançon versée aux ravisseurs. Dans le même article, Paris confirme qu’il y a bien eu d’échange de prisonniers entre le gouvernement camerounais et la secte islamiste. Issa Tchiroma parle de la mutualisation des efforts entre les Etats, la France nie toute contribution financière : où se trouve la vérité ? Selon la chaine d’information française iTélé, une rançon de 7 millions de dollars soit plus de 3 milliards de F CFA aurait été versée aux ravisseurs en plus de la remise en liberté de 16 islamistes détenus au Cameroun. La même information a été rapportée par le site d’information algérien algérie1.com sans pour autant apporter davantage des sources. Selon iTélé toujours, ces fonds proviennent du Cameroun, et remboursé après la libération par le groupe énergétique français GDF Suez mis en garantie, et par ailleurs employeur de Alain Fournier, le chef de famille ex-otage. Le PDG de ce groupe s’est montré neutre dans ses propos lorsqu’il a été sollicité par la chaine française. Sur le plateau d’iTélé, il affirme: « Je ne peux ni infirmer, ni confirmer cette information ». Pendant que le Cameroun célèbre un succès diplomatique international, la présidence française manifeste sa force de la négociation discrète, et continue à brandir sur les toits qu’aucune rançon n’a été versée ni par la France, ni par GDF Suez.

Les otages français auraient été libérés contre une rançon versée par le Cameroun

cameroon-info.net)/n

À LA UNE
Retour en haut