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Liberté de la presse: Reporters sans frontières réagit à la condamnation de deux journalistes camerounais

Jacques Blaise Mvié et Charles René Nwé sont accusés de violation du « secret défense »

La condamnation de Jacques Blaise Mvié et Charles René Nwé est extrêmement lourde. Certes, ces deux journalistes ont franchi la ligne jaune en révélant des informations qui ont mis en danger des militaires. Pour autant, nous considérons que les priver de leur liberté n’est pas une réponse adaptée à la faute qu’ils ont commise. Nous demandons aux autorités camerounaises de leur éviter l’incarcération.
Reporters sans frontières

Reporters sans frontières déplore la condamnation à cinq ans de prison ferme, prononcée le 3 juin 2009, à l’encontre de Jacques Blaise Mvié et Charles René Nwé, respectivement directeur général adjoint et rédacteur en chef de l’hebdomadaire privé La Nouvelle. Le Tribunal militaire de Yaoundé leur reproche d’avoir publié des informations classées « secret défense ». A ce jour, les deux journalistes n’ont pas été arrêtés.

Le 3 juin, le Tribunal militaire de Yaoundé a condamné Jacques Blaise Mvié et Charles René Nwé à cinq ans de prison ferme et 500 000 francs CFA d’amende chacun (environ 760 euros), avec mandat d’arrêt à l’audience. Dans la même affaire, un militaire, Jérémie Doko, a été condamné à quatre ans d’emprisonnement ferme et 400 000 francs CFA d’amende (environ 610 euros).

Il est reproché aux journalistes la publication, en 2006 et 2007, d’une série d’articles révélant les positions de l’armée camerounaise sur la péninsule de Bakassi, à la frontière avec le Nigéria (Ouest). Ces informations auraient profité aux forces nigérianes, lesquelles ont attaqué les positions camerounaises et tué 21 militaires.

Dans une lettre adressée au chef de l’Etat Paul Biya, Jacques Blaise Mvié lui a demandé d’intervenir « face à l’arbitraire » que son collègue et lui-même subissent « de la part du ministre de la Défense Rémy Zé Meka ». Le 12 juin, ce dernier a néanmoins soutenu devant le correspondant de Reporters sans frontières qu’il n’est en rien responsable de cette condamnation. Le ministre affirme ne pas avoir porté plainte contre les journalistes. La procédure judiciaire a été engagée par le ministère public qui a estimé que Rémy Zé Meka avait subi un « outrage ».
Reporters sans frontières rappelle que le directeur de publication de l’hebdomadaire La Détente Libre, Lewis Medjo, est actuellement incarcéré à la prison centrale de Douala (Sud-Ouest). Reconnu coupable de « propagation de fausses nouvelles », il a été condamné à trois ans de prison ferme, le 7 janvier dernier. L’organisation réitère son appel aux autorités camerounaises en faveur de sa libération.


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