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Libye: situation humanitaire « gravement détériorée » à Tripoli, selon le CICR

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Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’est alarmé jeudi de l’intensification des violences en Libye et de la dégradation de la situation humanitaire dans l’agglomération de Tripoli où « des quartiers résidentiels deviennent progressivement des champs de bataille ».

« La situation humanitaire dans et autour de Tripoli s’est gravement détériorée depuis trois semaines » avec le lancement par les forces du maréchal Khalifa Haftar d’une offensive pour s’emparer de la capitale libyenne où siège le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale, affirme le CICR dans un communiqué.

« Plus de 30.000 personnes ont quitté leurs maisons et ont trouvé refuge chez des proches ou dans des bâtiments publics », ajoute-t-il.

Les autorités libyennes et l’ONU faisaient état ces derniers jours d’un nombre de déplacés atteignant jusqu’à 35.000 personnes.

« Les coupures de courant sont fréquentes dans les zones où se déroulent les affrontements. Les services et infrastructures de base à Tripoli, comme les hôpitaux ou les stations d’approvisionnement en eau, qui ont déjà souffert des violences depuis huit ans, sont encore affaiblis », détaille le CICR.

« Notre principal inquiétude porte sur les civils qui vivent près des lignes de front. Des quartiers densément peuplés deviennent progressivement des champs de bataille », a déclaré le directeur du bureau du CICR à Tripoli, Youness Rahoui.

Il souligne par ailleurs qu’il est « de plus en plus dangereux pour les travailleurs médicaux d’aller secourir les blessés », au moment où des informations font état d’un accroissement des « bombardements aveugles ».

« Il est crucial que les hôpitaux, les installations médicales, les personnels de santé et les véhicules de secours puissent exercer en toute sécurité », a insisté M. Rahoui.

Au moins 278 personnes ont été tuées et 1.332 blessées en plus de trois semaines de conflit, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Après une rapide progression, les forces de l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar font face à une contre-offensive des troupes loyales au GNA, qui les ont repoussées au sud de Tripoli.

Une représentante de l’ONU en Libye s’était dit « préoccupée » lundi par l’accès difficile aux civils restés près des lignes de front ainsi que par la situation des migrants, dont au moins 3.000 se trouvent dans des centres de détention situés près des zones de combat.

Le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) a annoncé avoir évacué mercredi soir 325 réfugiés du centre de Gasr ben Ghachir, au lendemain de violences dans ce centre situé à une trentaine de kilomètres au sud de Tripoli, dans une zone sous contrôle des forces de Haftar.

Dans un communiqué, le HCR a évoqué des cas « de violence armée contre des détenus qui protestaient contre leurs conditions de détention ». « Il n’y a eu aucune blessure par balles, mais douze réfugiés ont subi des attaques physiques qui ont nécessité un traitement à l’hôpital », a détaillé l’organisme.

Le HCR affirme avoir transféré plus de 825 réfugiés des zones de combat durant les deux dernières semaines.

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