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L’institut Goethe a 50 ans de présence au Cameroun. Interview de Irène Bark, directrice de la structure

«Nous n’avons pas un laboratoire d’idées, nous dépendons de l’engagement des acteurs de la culture au Cameroun»

Cette année l’Institut Goethe a soutenu pour la deuxième fois consécutive le festival des films de femmes, quel a été votre sentiment au terme de cette deuxième édition?
J’ai été ravie de voir que ce jeune festival se développe vers plus de professionnalisme. Avant toute chose je voudrais préciser certaines choses, nous intervenons aux côtés du festival dans le cadre de notre politique d’appui aux partenaires culturels locaux. Et les organisateurs du festival proposent un concept qui cadre avec la promotion de la femme dans le cinéma, la promotion de l’expression des femmes dans la vie culturelle et artistique. C’est la raison pour laquelle ce festival à nos yeux est donc très important parce qu’il sert de plateforme de discussion sur le cinéma et surtout sur le rôle de la femme dans cet art.

Cette deuxième édition s’est déroulée au moment où l’Institut Goethe célèbre son cinquantième anniversaire de présence au Cameroun, est ce qu’il y a eu une touche particulière pour cette circonstance?
Le festival Mis Mebinga n’est qu’un seul de nos partenaires, nous travaillons avec beaucoup d’autres interlocuteurs parce que la vie culturelle camerounaise est très riche. Je ne dirais pas qu’il y a eu une influence particulière, mais dans l’ensemble du fonctionnement de l’institution, nous marquons cette année, un temps d’arrêt pour nous interroger sur la place que nous occupons en temps qu’institution culturelle. On se demande aussi quel est notre rôle, quelle était notre rôle avant et quel est le chemin qui a été parcouru. Toujours dans le cadre d’un dialogue avec les partenaires de la culture au Cameroun. Donc forcément pour le Mis Mebinga la même question se pose et avec, l’ensemble de notre politique d’intervention.

Lors de la première édition on a reproché au festival qu’il n’ait pas eu de suite, est ce que pour cette édition nous allons avoir un suivi plus intéressant?
Dans notre logique c’est d’abord aux organisateurs de se développer, nous ne somme là que pour apporter un appui. De façon globale lorsque dans une activité culturelle nous entrevoyons des aspects relatifs à nos axes de travail, nous apportons notre soutien. Mais la conception, la gestion et toute l’architecture d’une activité culturelle, nous la laissons à leurs promoteurs. Nos objectifs à nous se situent en fait au niveau du besoin de renforcer le dialogue interprofessionnel dans la sous région, interculturel entre le Cameroun, l’Allemagne et aujourd’hui l’Union Européenne. Lorsque nous réalisation qu’il y a du potentiel dans ce sens, nous n’hésitons pas à renforcer la capacité des organisateurs. Dans ce cadre là nous réfléchissons ensemble, sur les moyens de rendre leurs initiatives plus fortes et plus pertinentes. Donc l’institut Goethe ne pense pas pour les promoteurs culturels, il joue en réalité le rôle de facilitateur.

Beaucoup de gens pensent que votre arrivée il y a quelques années à la tête de l’institution lui a redonné une nouvelle dynamique. Quel est le secret de votre travail?
(Sourire) Je n’ai pas de secret. Pour ma part c’est le degré de motivation et d’engagement de nos partenaires et nos interlocuteurs qui chaque jour renforce notre capacité d’intervention. Au niveau de l’institut Goethe nous n’avons pas un laboratoire d’idées, nous dépendons essentiellement de l’engagement des acteurs de la culture au Cameroun. Aujourd’hui et je dois le dire nous nous trouvons parfois dans un dilemme. Nous remplaçons des structures qui devraient jouer le rôle que nous jouons, et c’est peut être pour cela que les gens pensent que nous apportons énormément, parce que face à la forte demande d’expression culturelle, il y a un déficit structurel local. Manque de spectacles, de salles de cinéma, de structures de formation et d’encadrement permanent. De mon point de vue, nous ne devrions pas être le lieu où la culture camerounaise devrait se développer. Nous devrions être la plateforme d’inter culturalité. Mais en raison des questions structurelles, nous somme emmenés à nous substituer aux structures légitimes d’encadrement de la culture au Cameroun. L’idéal serait pour nous d’être un centre d’échange culturel entre l’Afrique et l’Europe, non pas que nous représentons l’Europe, mais nous sommes un pays européen.

Est-ce qu’on devrait s’attendre à voir le Goethe apporter un plus grand soutien aux activités culturelles malgré tout?
Dans le cadre et le contexte de nos objectifs à savoir le dialogue interculturel, les échanges professionnels, oui il y aura toujours beaucoup de choses à faire avec l’institut Goethe. Dans ce contexte, nous sommes en collaboration avec d’autres instituts Goethe de la région. Cela dit, nous avons défini nos sujets clés parce qu’en même temps nous ne pouvons pas tout faire. Nous ne pouvons pas ouvrir des centaines de chantiers sans objectifs, nous avons opté pour des activités précises et nous essayons au maximum de leur apporter des axes d’amélioration permanente. Actuellement c’est le film, la musique, nous somme entrain de voir si on peut introduire les arts plastiques, et justement je profite pour annoncer qu’avec des partenaires de Douala, nous somme en train de mettre sur pied un projet justement à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de la présence du Goethe au Cameroun. L’évènement devrait se dérouler sur le vieux pont d’Edéa, qui vous le savez a été construit par l’Allemagne. Il sera question en ce moment là du dialogue avec notre propre histoire, la relation entre le Cameroun et l’Allemagne avec toutes ses implications difficiles, positives ou encore négatives, ce sera une vraie réconciliation avec notre passé à travers la culture, d’où la symbolique du pont qui est représentatif du lien. Nous travaillons sur le projet avec la communauté urbaine d’Edéa, le délégué du gouvernement a été très gentil de nous appuyer, il y a aussi bien sûr le soutien du ministère des travaux publics, l’ambassade de la république fédérale d’Allemagne, et l’ensemble de la coopération allemande. Nous avons aussi été honorés que l’artiste Pascal Mathine Tayou accepter de diriger artistiquement le projet.

Irène Bark, directrice du Goethe institute de Yaoundé
Institut Goethe)/n



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