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L’interdiction des sachets entraine les whiskies à petit prix

Ces spiritueux, très prisés par certains Camerounais, accessibles pour la plupart à 100 F CFA l’unité, sont dans le collimateur de l’Agence des normes et de la qualité

Le directeur général de l’Agence des normes et de la Qualité (Anor), Charles Booto à Ngon, promet la disparition des whiskies en sachet au Cameroun, dont l’emblématique « Kitoko », accessible à 100 F CFA pour des Camerounais à faible revenu. Ces sachets de whiskies ne respecteraient pas la norme camerounaise en la matière, selon le directeur général de l’Anor qui a initié une concertation entre tous les acteurs du secteur afin d’en interdire la commercialisation.

« Les whiskies en sachet sont interdits au Gabon, dans tous les autres pays limitrophes [.]. On a interdit les whiskies en sachet au Kenya, mais tous ces fabricants qui étaient au Kenya et qui n’étaient pas nécessairement des Africains, se sont rabattus au Cameroun, où le marché permettait encore d’écouler les whiskies en sachet », a expliqué le directeur général de l’Anor sur les ondes de la radio publique nationale dimanche et lundi derniers.

Charles Booto à Ngon a laissé entendre que ces whiskies en sachet utilisent du méthanol, substance nocive à l’organisme, au lieu de l’éthanol. Sur un second plan il a relevé que le conditionnement dans des sachets en plastique n’est pas conforme à la norme. « Aujourd’hui, la norme révisée demande que les whiskies ne doivent plus être conditionnés dans les sachets en plastique. Ceci va être rendu obligatoire par un arrêté qui sera signé par les autorités compétentes notamment le ministre de l’Industrie (ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, ndlr). »

Selon les données du quotidien privé camerounais Le Jour, dans son édition du 07 avril 2014, cette mesure, si elle venait à prendre effet, entraînerait inévitablement en faillite les quatre principales sociétés du secteur des alcools distillés au Cameroun – Fermencam, Adic, Sofavinc et Soprolvin – dont la production de whiskies en sachets représenterait 60 à 70% du chiffre d’affaires.

Charles Booto à Ngon n’en démord pas face à ces whiskies en sachet de 5cl, d’une teneur en alcool officielle comprise entre 40 et 45 degrés, mais qui irait bien au-delà dans l’organisme du consommateur. « Le volume d’alcool contenu dans les boissons spiritueuses doit être respecté et c’est là l’importance d’avoir dans la norme toutes ces spécifications qui permettront désormais dans l’analyse, avant la délivrance des certificats de conformité, se rassurer que les boissons spiritueuses ont été fabriquées selon les prescriptions de l’Anor. » Et de poursuivre à l’endroit des producteurs : « On peut gagner de l’argent autrement, en mettant à la disposition des Camerounais des whiskies de qualité ».

L’annonce de l’interdiction du conditionnement et de la commercialisation des whiskies en sachet rencontre une autre mesure censée prendre effet celle-là dès le 24 avril 2014 prochain, après de multiples reports: la cessation de l’utilisation des sachets plastiques non biodégradables. L’interdiction de ces emballages, utilisés dans les commerces, sonnent comme une gageure à quelques semaines de l’échéance.
Par ailleurs, pour se procurer des boissons alcoolisées à petit prix, les consommateurs pourront toujours se mettre aux bières artisanales (vin de maïs, de raphia, de palme, etc.) en attendant que l’Anor n’intervienne également par là.

L’Anor demande aux producteurs de whiskies en sachets de produire des whiskies de qualité pour les Camerounais
rdvartsculinaires.com)/n

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