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Lions indomptables : Kameni, Bong, Mandjeck, Salli… ces joueurs en danger potentiel

Idriss Carlos Kameni. ©Droits réservés.

Compte tenu de la prestation du Cameroun contre les Comores (1-1) et en se projetant vers la double confrontation face au Malawi, les 10 et 13 octobre prochains, certains des 22 présents à Mitsamiouli voient leur position fragilisée.

Idriss Carlos Kameni, place aux jeunes !

Le temps ne joue pas en sa faveur. Idriss Carlos Kameni a 34 ans, et en aura 38 en 2022 lors du principal objectif du Cameroun, le  Mondial au Qatar. En club, le gardien de Fenerbahçe a perdu sa place de titulaire, peu longtemps maintenue la saison dernière quand il disputa 16 matches, et ne la récupèrera vraisemblablement jamais. Depuis le début de la saison 2018/2019, après trois journées de championnat, il a perdu sa place de remplaçant.

Chez les Lions, que risque-t-il alors, vu qu’il n’est pas le numéro un ? Fabrice Ondoa (22 ans), et André Onana (22 ans), tous titulaires dans leurs clubs respectifs de KV Oostende et l’Ajax d’Amsterdam, représentent de véritables menaces pour lui. Les voir prendre du galon n’auraient donc rien de surprenant, afin de l’installer progressivement comme des cadres de l’équipe du Cameroun. Ces deux derniers remparts ont du talent à revendre, et Clarence Seedorf pourrait bien commencer à penser à l’avenir en appelant un jeune lors de certains rassemblements futurs, d’autant que l’histoire du football est têtue : le poste de gardien de but n’a jamais connu de joker. En clair, il ne peut faire son entrée en cours de match pour changer son issue. Mieux, un jeune portier peut apprendre depuis le banc des remplaçants, alors qu’un gardien expérimenté de la trempe de Kameni n’a aucun enseignement à tirer depuis son poste de  remplaçant. Si ce n’est de mettre inutilement la pression au titulaire.

Gaétan Bong, Oyongo Bitolo dans le rétroviseur

Pour le latéral gauche de Brighton, ses performances en club ne sont en aucun cas un élément jouant contre lui. Mais samedi dernier, contre les Comores, Gaétan Bong a réalisé combien de fois il était difficile de faire un match convaincant avec les Lions. Face aux virevoltants ailiers des Coelacanthes il s’est fait déborder dans son couloir gauche plusieurs fois. Si sa hargne est indispensable à cette équipe du Cameroun, son apport offensif laisse à désirer.

Le tournant du match, côté camerounais, est l’entré dans l’arène d’Ambroise Oyongo Bitolo. En 25 minutes, il a montré, comme à son habitude, une qualité de  jeu défensif nettement supérieure à celle de son concurrent et son apport offensif reste incomparable à celui de Gaétan Bong. Mais voilà, la concurrence, longtemps faible à ce poste, est aujourd’hui beaucoup plus dense. Oyongo Bitolo réalise actuellement un début de saison tonitruant avec Montpellier et impressionne toute la France.

Il ne faut pas oublier que le poste de titulaire semblait promis à l’ancien joueur de Coton sport il y a un peu plus de trois ans, et que sa grave blessure face au Maroc en juin 2017 a redistribué toutes les cartes, et ouvert la porte aux anciens, Ernest Mabouka, puis Gaétan Bong. Au final, Jonathan Ngwem, le remplaçant d’Oyongo, pendant la campagne victorieuse de la Can 2017,  a fait les frais du match amical perdu largement face la Colombie, 4-0. Ce jour-là, lors du dernier match préparatif de la Coupe des Confédérations, Cuadrado lui a fait passer une sombre soirée. Obligeant le coach des Lions de l’époque, Hugo Broos, à titulariser Ernest Mabouka en Russie. Mais ce dernier montra très vite ses limites lors de cette compétition. Maintenant qu’Oyongo Bitolo semble être revenu à son meilleur niveau, il va falloir cravacher pour rester en place. Pour Clarence Seedorf en tout cas, il pourra toujours convaincre le franco-camerounais de Bordeaux Maxime Poundje (26 ans) de rejoindre les Lions, question de densifier ses choix à ce poste de latéral gauche.

Georges Mandjeck, en manque de talent

Il semble bien loin le temps où le Cameroun avait des milieux défensifs qui faisaient des envieux sur le continent. Aujourd’hui, problèmes techniques, tactiques et surtout erreur de casting font devenir cet important secteur de jeu, un point faible que les adversaires ne cessent d’exploiter. Illustration en a été donnée  lors du match face aux Comores samedi dernier. Premier responsable de la faillite de ce secteur de jeu : Georges Constant Mandjeck (29 ans). Le milieu défensif de Maccabi Haifa a cumulé un niveau de jeu déplorable chez les Lions et une certaine déception au regard des attendes légitimes placées en lui à ses débuts en sélection en 2009.

S’il n’a jamais été pourvu d’une grande technique, ni d’une grande intelligence de jeu, le côté «guerrier» vaillant qui ne lâchait rien a totalement disparu pour laisser place à un joueur incapable de réfléchir ou à un joueur quasi léthargique et inapte à faire la différence tant offensivement que défensivement. Depuis qu’il est en sélection, il a eu des nombreuses chances pour s’affirmer et de retrouver un niveau convenable, sans jamais donner satisfaction. Ses passes sont généralement en retrait et ne peuvent par conséquent apporter aucun danger.

Alors si les Lions veulent progresser pendant ces éliminatoires, au risque de vivre une Can 2019 compliquée, il va falloir se pencher activement sur ce chantier au milieu. Il est question donc pour Clarence Seedorf de chercher dans le répertoire des footballeurs camerounais, notamment chez les binationaux des milieux défensifs capable d’assumer efficacement ce poste. La bande à Ibrahim Amadou  (25 ans, Fc Séville), Olivier Ncham (23 ans, Celtic Fc), Léa Siliki (22 ans, Rennes)  et surtout Adrien Tameze (24 ans, Nice) a le profil idéal.

Edgar Salli, ça suffit !

Il faut qu’on arrête au Cameroun de juger le remplaçant ailier de Nuremberg sur ce qu’il a fait il y a sept ans, quand il avait été sacré meilleur joueur de la Can des U20 en Afrique du Sud.  Cela fait près de quatre ans qu’Edgard Salli est convoqué chez les Lions sans avoir rien démontré en club. Même en sélection nationale, son rendement est minable. Après 30 minutes de jeu samedi dernier, à Mitsamiouli face aux Comores, il était cuit. C’est très logiquement qu’il a été remplacé pendant la pause.

Chez les Lions comme ailleurs, les ailiers sont devenus des milieux offensifs appelés à repiquer, à combiner, à permuter, à centrer et à faire la couverture défensive. A tel point que faire évoluer des gauchers à droite – et vice versa – est devenu la norme au plus haut-niveau. Mais Edgar Salli, droitier évoluant à gauche n’apporte rien. Heureusement pour le Cameroun que le processus de changement de nationalité sportive de Paul Georges Ntep est en cours de finalisation à la Fifa.

Toujours dans l’optique d’étoffer davantage son effectif, le Cameroun gagnerait à convaincre certains de ses binationaux à changer de nationalité sportive : Jean Christophe Bahebeck (25 ans, FC Utrecht), Georges-Kévin Nkoudou Mbida (23 ans, Tottenham), Axel Ngando (25 ans, Göztepe SK). Ce dernier, gaucher naturel, évolue autant bien dans l’axe que sur le côté droit, avec un égal rendement. Enfin, au vu du peu d’animation offensive affichée face aux Comores, Christian Mougang Bassogog du club chinois de Henan Jianye FC et Clinton Njié de l’Olympique de Marseille ont encore leurs places au sein des Lions indomptables.

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