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Lions indomptables: Une sélection en quête de buteur

Après trois matches sans manquer de but, l’équipe de Finke est toujours aussi improductive en attaque

En ce moment, sur ce qu’on a vu hier au stade des Martyrs, l’équipe du Cameroun reste incapable de se créer des occasions de but et d’assumer la possession. Et il existe plusieurs raisons à cela : l’absence d’un meneur de jeu (une mauvaise tradition qui commence à s’inscrire dans la durée), un milieu plus physique que technique, une connivence limitée entre les éléments offensifs. De par leur difficulté à tenir la balle, les Lions forment une équipe de coups, capable de défendre avec acharnement pour aller arracher un nul en Ukraine mais peu inspirée et totalement stérile au Stade de Kégué contre le Togo. Si la caractéristique première des meilleures équipes est de pouvoir imposer son football aussi bien à domicile qu’à l’extérieur, le Cameroun reste très loin du compte : seulement deux occasions franches en 90 minutes.

Si l’équipe nationale en est là, c’est en partie parce que le football camerounais, au lieu de porter un projet à long terme, reste toujours obsédé par la qualification pour le prochain tournoi. Ce qui empêche le sélectionneur de prendre le moindre risque. Puisque la mission de Volker Finke, qui n’est déjà pas franchement un grand apôtre du football offensif, consiste à emmener les Camerounais au Brésil, il cherche à assurer en donnant dans le sécuritaire avec un milieu blindé de déménageurs,(Matip, Song Bilong, Enoh Eyong) mais peu pourvu en créateurs. Tant que le Cameroun ne fera pas sa révolution culturelle, à l’image de ce que l’Espagne d’Aragones et le Nigeria de Stephen Keshi ont pu faire récemment, il demeurera dans la deuxième division voire troisième division internationale. La recette est bien connue : il faut donner la priorité à un véritable projet de jeu qui donnerait une identité à l’équipe, quitte à rater un ou deux rendez-vous importants. Mais l’instabilité chronique sur le banc et l’incompétence des dirigeants, sont les véritables sources des maux qui ne cessent de ronger les Lions indomptables.

Ne perdons pas de vue non plus que pour prétendre à être de retour parmi l’élite, il faut disposer de joueurs de classe mondiale, denrée que nous n’avons pas en magasin (à quelques exceptions près comme Nicolas Nkoulou, Assou-Ekotto et Samuel Eto’o, ces deux derniers absents hier à Kinshasa). En l’absence du joueur vedette d’Anzhi et de Choupo Moting, la sélection camerounaise manque de grand buteur. Dans leurs clubs respectifs, que se soient Yannick Ndjeng, Fc Sion), Benjamin Moukandjo (Nancy), Léonard Kweukeu (Starta de Prague) ou Vincent Aboubakar (Valenciennes), aucun d’eux n’a atteint la modeste barre de cinq buts la saison dernière. Au milieu de terrain, pour mesurer le fossé qui nous éloigne des sommets, nous devons nous comparer aux meilleurs. L’Espagne, double champion d’Europe et champion du monde en titre, possède plusieurs milieux offensifs rarement convoqués en sélection, qui seraient tous titulaires sans problème en équipe du Cameroun (Arteta, Javi Martinez, Isco et bien d’autres). En défense, le répertoire est vraiment bon, même si elle a été moins hermétique ces derniers temps, notamment face au Togo. Pour que les Lions redeviennent efficaces, il suffit de trouver un ou deux très bons attaquants (outre que Samuel Eto’o), avoir une belle animation offensive et le tour est joué.

S’il existe un réel motif d’espoir dans l’effectif, il réside probablement dans l’émergence de quelques jeunes talents qui émergent en Europe depuis quelques temps: Joël Matip, bluffant d’assurance au sein de Schalke 04, Sammy Ndjock, devenu indiscutable au sein de son club turc, Raoul Cédric Loé qui fait son trou à Osasuna, ou encore Fabrice Olinga, qui a battu un record détenu par Messi, en devenant le plus jeune buteur de l’histoire de la Liga. Dans l’effectif des juniors français qui sont prêts à disputer la Coupe du monde la catégorie, l’on retrouve deux jeunes très prometteurs Franco-camerounais, qui restent sélectionnables en équipe fanion du Cameroun, Jean Christophe Bayebeck (Troyes) et Samuel Umtiti (Lyon). Les enfants issus de Fundesport, cher à Samuel Eto’o, commence à montrer le bout de leur nez avec la réserve du Fc Barcelone. La relève ne manque ni de qualité ni d’ambition, mais encore une fois, il ne faudrait pas sacrifier ces pépites sur l’autel des objectifs à court terme, qui rendent impossible le moindre progrès en termes d’expression collective. On en vient à souhaiter qu’au mois de septembre prochain, lors du dernier match de poule face à la Libye, Choupo Moting et Samuel Eto’o soient en pleine possession de leurs aptitudes physiques.

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Journalducameroun.com)/n
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