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Littérature: «Aujourd’hui je suis mort» de Stéphanie Dongmo

Cette journaliste camerounaise, passionnée de culture, vient de commettre son premier livre, paru aux éditions L’Harmattan

La mort! C’est le thème que Stéphanie Ndongmo a choisi de traiter dans son recueil de Nouvelles, intitulé «Aujourd’hui je suis mort». A travers les quatre nouvelles qui la constitue, l’auteur nous fait voir la vie sous un nouveau prisme. Ici, la mort est présentée sous plusieurs formes. Aussi bien physique que spirituelle et morale. Les optimistes s’attendent certainement à chaque fois à un dénouement heureux. Mais non! Stéphanie Ndongmo n’est pas friande des happy ends. Elle nous présente cette face de la vie qu’on veut tous oublier. La mort ; avec tout ce que ça comporte comme conséquence, comme douleur, comme déchirement. Dans la première nouvelle, qui donne son nom au titre, l’auteur entre dans la peau de Capo un homme qui vient de se suicider pour nous parler de la vie après la mort. Ici se déroule l’histoire d’un homme qui pense trouver la paix en se donnant la mort. Mais malheureusement pour lui les choses seront encore plus compliquées pour lui après ce geste. Celui-ci déçu de n’avoir pas eu des funérailles digne d’un être humain, Capo se rendra compte au fil des événements que les raisons qui l’ont poussé à commettre cet acte ne sont pas si importantes. Il comprend alors que de par son geste, il a brisé la vie de plusieurs personnes à qui il ne pensait pas manquer. Notamment sa femme Thrisia qui désormais, bien qu’elle respire encore, est aussi morte que lui. A travers cette nouvelle, l’auteur nous parle également des rites traditionnels funéraires de notre société.

«Le dernier jour de Fatou Salatou», la deuxième nouvelle, raconte l’histoire d’une vendeuse ambulante d’arachide grillé. Celle-ci comme tous les jours est sortie de chez elle, son nourrisson sur le dos et son plateau de marchandises sur la tête. Elle parcourt la ville à la recherche de clients lorsqu’elle est violemment frappée à la tête par un des hommes de « Jack Bauer » qui sème la terreur dans la ville. Elle sera ensuite embarquée dans un gros camion avec d’autres vendeurs ambulants, des mendiants, des enfants de la rue et des fous. Après avoir passé toute la journée assise par terre dans un jardin de la ville, Fatou rendra l’âme sur le sol puant d’une cellule, sous les yeux impuissants de ses compagnons de fortune avec pour dernière pensée l’avenir incertain de ses trois enfants déjà orphelins de père. La troisième nouvelle montre le déchirement d’une femme qui pensait trouver Dieu en adhérent à une église, mais ce qu’elle y trouve est si terrible qu’elle ne peut le confier à quiconque et en devient folle. Dans la dernière nouvelle l’auteur nous parle des relations pas toujours faciles qu’un enfant de trois ans a avec les adultes qui l’entourent. Bien que mort et folie s’y côtoient sans cesse, l’ouvrage de Stéphanie Ndongmo vous fera ouvrir les yeux sur l’injustice de la vie.

«Aujourd’hui je suis mort» de Stéphanie Dongmo

Journalducameroun.com)/n

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