Culture › Livres

Littérature: Quatre questions à sa majesté Mohaman Gabdo Yahya.

L’auteur du « Lamidat de Banyo » résume son livre et nous dévoile ses motivations

Sa majesté pouvez-vous nous résumer en quelques phrases l’ouvrage que vous venez de commettre?
En quelques phrases c’est difficile. Mais en quelques 250 pages c’est plus facile. Le livre parle dans la première partie de la brève histoire de deux siècles du lamidat de Banyo, ensuite les affres de la colonisation, et du parti unique, les épreuves qu’ont subis les chefs pour exister jusqu’à nos jours. Dans la deuxième partie j’ai essayé de voir, face à la démocratie, quel est le véritable rôle du chef dans la politique d’émancipation des populations, dans la prise en charge de nos malades, de nos jeunes étudiants, etc. Le chef peut jouer un rôle dans tous ces domaines là, il peut être un collaborateur privilégié de l’autorité administrative et c’est un peu cela que j’ai appelé les défis d’aujourd’hui. Les défis de la participation des chefs traditionnels à l’émancipation de nos peuples, à l’évolution de leurs chefferies.

Qu’est ce qui vous à motivé à écrire ce livre?
Je dirais que c’est un peu vous les journalistes. Parce que les questions ne tarissent pas chaque fois qu’on vient me voir pour me demander de parler de la chefferie de Banyo, je suis obligé de redire ce que j’ai déjà dit, et finalement je me suis dit qu’en écrivant j’allais peut être limiter les questions. Les chercheurs passent des journées entières à éplucher les problèmes de la chefferie et pour garder un peu de mon temps il a fallu que je consigne tout sur un document. Autre chose qui m’a aussi motivé c’est que nous avons des héros inconnus, parce que nous n’en parlons pas. Dans la famille on a des gens qui sont morts, tous les héros de la colonisation et on n’en parle pas. Donc il fallait attirer l’attention pour que les chercheurs puissent creuser et trouver les voies et moyens de les faire connaître, Martin Paul Samba, Charles Atangana et bien autres ! Il en existe partout, la colonisation n’a pas attaqué que les chefferies que j’ai cité.

D’autres projets d’écriture en cours?
Je suis déjà très satisfait de l’accueil que le public a réservé a ce livre parce qu’il a été réédité. Tout ce qui a été produit nous l’avons vendu en quelques semaines. Donc maintenant je vais réfléchir, parce que le Lamidat de Banyo est, je ne dirais pas une chefferie à part, mais le fait que les princes ont été scolarisés très tôt dans cette chefferie fait que je pourrais y consacrer quelques pages si l’avenir me le permet. Et je vois que cela intéresse les gens. Je pourrais surtout écrire sur les héros qui ont participé à la scolarisation de nombreux Banyolais et Banyolaises.

Sa majesté on a l’impression que vous là une apologie de votre village, Banyo!
Des autres chefferies je ne saurais en parler, ça c’est clair. Dans le livre je dis que je ne peux parler que de Banyo parce que je sais très bien de quoi il est question. Quand j’étais jeune garçon au lycée c’est moi qui servais d’interprète quand on venait interroger nos parents sur la chefferie. Je sais quelque chose, je peux le dire, mais pour les autres chefferies je souhaiterais que ces chefs là s’expriment! Que chacun décrive l’expérience de sa chefferie et c’est cet ensemble là qui va faire la vraie histoire des camerounais, racontée par les camerounais. C’est tout cela mon souhait, mais je ne peux pas me mettre à la place des autres chefs. Il y a des grandes chefferies qui ont beaucoup à dire. Donc que mes collègues fassent autant, sinon mieux que moi.


Journalducameroun.com)/n
À LA UNE
Retour en haut