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L’occident probablement au courant des actes de torture commis par des militaires camerounais (Rapport)

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Amnesty international affirme que des soldats américains et français ont été aperçus dans la base militaire de Salak, où des éléments du BIR procèdent à la torture des personnes accusées de complicité avec Boko Haram.

«Chambres de torture secrètes au Cameroun : violation des droits humains et crimes de guerre dans la lutte contre Boko Haram», le dernier rapport d’Amnesty  international a été rendu public le 16 juillet 2017. Ce document met en exergue les méthodes employées par l’armée camerounaise dans le cadre de la lutte contre la secte terroriste Boko Haram. Comme dans les précédentes éditions, l’ONG dénonce des traitements «cruels», «inhumains»,  «dégradants» et la torture psychologique, commis contre des personnes soupçonnées de collaborer avec la secte islamiste, ainsi que des «détentions arbitraires», la «mort en détention» et des «conditions d’incarcération».

La nouveauté dans le rapport de 2017 est la mention relative à la présence de militaires américains et français dans certaines bases, où des actes de torture humaines sont commis. Amnesty international ne fait pas état de leur participation à cette pratique mais laisse entrevoir la possibilité que leurs Etats respectifs sont au courant de ce qui s’y passe, même si à ce jour, aucune communication des partenaires du Cameroun dans la lutte contre le terrorisme n’a été faite à ce propos.

«Les délégués d’Amnesty international ont pu constater de leurs propres yeux la présence de militaires français sur la base du BIR (Bataillon d’intervention rapide) à Salak. Par ailleurs, une quinzaine de détenus qui se trouvaient à Salak entre 2015 et 2016 affirment avoir vu et entendu des blancs parlant anglais, certains étaient en uniforme. Ces informations sont confirmées par des photos et des vidéos qu’Amnesty a pu se procurer et qui montrent clairement la présence de personnel américain sur la base. Des membres de services américains ont été cantonnés sur le site, où ils dormaient, et du matériel militaire fourni au BIR y a également été stocké», précise le rapport.

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S’agissant des abus imputés à l’armée camerounaise, Amnesty a recensé 101 cas de « détention secrète» ou de «détention au secret», selon l’organisation, les personnes concernées ont subi des actes de torture entre 2013 et 2017. Parmi elles, 71 personnes ont été arrêtées dans la région de l’Extrême-Nord et les autres ont été interpellées au Centre, au Littoral ou au Sud. «Bien que la majorité des cas recensés dans le cadre du présent rapport concernent des hommes adultes, l’organisation a également recueilli des informations sur l’arrestation la détention et la torture de quatre femmes et six enfants. Amnesty dispose également d’éléments montrant que quatre personnes souffrant de handicaps mentaux et physiques ont été détenus et torturés sur la base du BIR à Salak et dans un centre de détention de la DGRE à Yaoundé

Selon ladite ONG, les actes de torture commis sur la base du BIR à Salak étaient essentiellement le fait d’officiers de grade intermédiaire ou subalterne. Amnesty international précise cependant que dans certaines bases, comme Salak, les cellules et les salles dans lesquelles avaient lieu les séances de torture étaient extrêmement proches des bureaux quotidiennement utilisés par les hauts gradés de la base.

Lire l’intégralité du rapport « Chambres de torture secrètes au Cameroun : violation des droits humains et crimes de guerre dans la lutte contre Boko Haram »

 

 

 


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