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Logements universitaires : Les prix divisent étudiants et bailleurs

Les bailleurs refusent d’appliquer les nouveaux prix, l’Addec dénonce et la tension monte.

Le 28 Octobre dernier, l’Association de Défense des Droits des Etudiants du Cameroun (ADDEC) a publié un communiqué qui traduit le malaise ambiant qui règne à Bonamoussadi, quartier universitaire jouxtant l’université de Yaoundé I. Le Vendredi 24 Octobre dans la mini cité Fokouen révèle le communiqué du président de l’Addec, Alain Blaise Ngono, une escouade de 15 bagarreurs de rue, recrutée par le bailleur de la mini-cité sus-citée, a débarqué dans la nuit pour molester copieusement les résidents décidés à payer le loyer selon la grille préfectorale dans la nuit de jeudi à vendredi dernier. Un incident de la même nature aurait eu lieu le Samedi 25 Octobre à la mini cité Boss où la situation de la nuit précédente a fait des émules en séduisant manifestement le bailleur de cette modeste résidence, dont les sbires, sous sa supervision, ont fait irruption dans la cité pour le même objectif de discipliner les indociles peut-on lire dans le communiqué.

Cette crise qui commence à prendre corps entre les étudiants et les bailleurs est due à l’application des prix homologués dont l’histoire remonte en 2005. En effet, lors des grèves des étudiants des mois d’Avril et Mai 2005, les problèmes de logement figuraient parmi les récriminations des étudiants. Un mois plus tard, le 30 Juin 2005, les ministères du développement urbain et de l’habitat, du commerce, de l’enseignement supérieur prenaient conjointement l’arrêté n°0006/Minduh/Mincommerce/Mindaf/ Minsup portant réglementation du loyer des logements d’étudiants des Universités d’Etats du Cameroun. Mais le texte est resté lettre morte. En application de L’article 7 dudit arrêté qui précise qu'[i au début de chaque année académique, un arrêté interministériel fixe le classement des logements d’étudiants pour chaque institution universitaire publique, sur proposition de la Brigade spéciale [.] après expertise par les services du ministère en charge de l’Habitat, en présence des membres de ladite brigade], la brigade spéciale de logement estudiantin a proposé des prix des loyers le 20 Août 2008. Des prix répartis en trois catégories en fonction des critères tels que l’accessibilité, l’habitabilité, la salubrité, la sécurité et le confort. Réagissant à cette publication,


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l’Association des bailleurs de mini-cités à l’université de Yaoundé I s’opposent dans un communiqué publié le 13 Septembre 2008 même s’ils tiennent à réaffirmer leur volonté de respecter tous les engagements souscrits en date du 16 mars 2006 et 19 avril 2006 avec l’Addec pour l’amélioration des conditions de vie des étudiants et la non augmentation des coûts des loyers. Une réaction plutôt musclée qui provoque une réunion de crise entre bailleurs et étudiants à la préfecture du Mfoundi quatre jours plus tard. En cette occasion où certains bailleurs affirment n’avoir pas été représentés, le préfet Joseph Beti Assomo décide, de commun accord avec les participants de maintenir les prix publiés par la brigade spéciale de logement estudiantin qu’il préside. Une décision qui suscite la colère des bailleurs. Certains décident alors d’engager un bras de fer avec les étudiants. Sur le terrain donc, la tension monte et l’épreuve de force se cristallise. Les actes de violence rapportés par l’Addec démontrent en tout cas l’urgence qu’il y a pour les autorités de désamorcer cette crise naissante dont les effets peuvent s’avérer périlleuses.

Pour rappel, l’antenne locale de la Brigade spéciale des loyers des logements d’étudiants compte 33000 étudiants inscrits mais aussi d’anciens étudiants diplômés habitant les zones de résidence universitaire. D’après le recteur de l’université de Yaoundé I, Dorothy Njeuma qui s’exprimait le 12 Août à l’occasion de l’installation de la brigade locale, L’objectif de l’antenne c’est de trouver un terrain d’entente entre les étudiants, locataires et bailleurs. Elle rappelait cependant que l’un des documents signés par le Ministre du Commerce en Décembre 2006 fixait le prix des chambres entre 4500 et 23000fcfa. Une fourchette de prix qui est en train de créer la confusion entre les bailleurs et les étudiants




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