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Loi de finances 2016: l’Assemblée nationale donne son feu vert

Le texte a été adopté très tôt dimanche matin au terme d’une longue session plénière

Il était 3h20 lorsque les députés de l’Assemblée nationale ont adopté à la majorité absolue, le projet de loi N0 981/PJL/AN portant loi de finances du Cameroun. Le groupe SDF a sollicité une motion préalable.

Il s’opposait à l’adoption de cette loi, demandant son renvoi en commission des finances et du budget, afin que le Sénat aille y défendre son budget, comme toutes les autres administrations. Adopter la loi des finances sans que le Sénat passe devant la commission est anti-constitutionnel, ont expliqué les députés SDF.

Le oui des autres parlementaires l’a finalement emporté. La loi de finances, faut-il le rappeler, est le document qui, pour un exercice donné, détermine la nature, le montant et l’affectation des ressources et des charges de l’Etat. Pour l’année 2016, le budget s’équilibre en recettes et en dépenses à la somme de 4 234,7 milliards de F. Par rapport à l’exercice 2015, il connaît une augmentation de l’ordre de 13,02% en valeur relative.

Pour l’an prochain, le chef de l’Etat a prescrit une diminution du budget de fonctionnement. La loi de finances 2016 repose sur un taux de croissance du PIB de 6% et un taux d’inflation de 3%. En matière de dépenses, la priorité sera accordée à la lutte contre la pauvreté et la vie chère, à travers une plus grande allocation des ressources du budget d’investissement aux secteurs inducteurs de croissance : énergie, agriculture, infrastructures, mines.

L’encadrement des jeunes, l’accompagnement des petites entreprises et la préservation de la sécurité nationale sont les autres domaines prioritaires. 46,78% seront octroyés aux dépenses de fonctionnement (contre 57,65% en 2015), 36,04 % à l’investissement (contre 30,70% en 2015) et 17,18% au règlement de la dette (contre 11,65% en 2015). Le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey a expliqué que la dynamique qui sous-tend l’exécution de ce budget est une gestion axée sur les résultats.

Avant son adoption, la discussion générale autour du document a permis aux députés d’interpeller les membres du gouvernement sur plusieurs sujets. Le volume de la dette du Cameroun (23% du PIB) a semblé inquiéter certains députés. Alamine Ousmane Mey a réitéré que cette dette est judicieuse parce qu’elle sera injectée dans les grands projets qui génèrent la croissance.

Il soutient qu’elle reste soutenable et insignifiante par rapport à d’autres pays de presque même niveau de développement : le Sénégal, 53% d’endettement par rapport à son PIB, le Ghana, 79%. Ce qui est promis dans la loi de finances sera réalisé, a rassuré le Minfi.

Au sujet de la marginalisation des anglophones dans le système judiciaire, Laurent Esso, ministre d’Etat, ministre de la Justice, garde des Sceaux, s’est dit surpris que les langues étrangères (le français et l’anglais) soient l’objet de division des Camerounais. Les procureurs de la République et les présidents de tribunaux anglophones sont nommés dans les instances judiciaires dans les villes francophones et vice-versa et cela ne pose aucun problème sur le terrain, a-t-il déclaré.

La réhabilitation des voieries urbaines a été une autre préoccupation des députés. Jean-Claude Mbwentchou, ministre de l’Habitat et du Développement urbain a expliqué que c’est une prérogative des magistrats municipaux. Le Minhdu leur apporte seulement un appui pour les accompagner. Au sujet de la présence de 300 soldats américains au Cameroun dans le cadre de la lutte contre Boko Haram, un élu du peuple a voulu savoir pourquoi le parlement camerounais n’a pas été informé. Le président de la République, chef des armées, a le pouvoir de décision, a répondu Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la présidence chargé de la Défense.

Plusieurs autres membres du gouvernement ont été interpellés sur des questions relevant de leur compétence. Par rapport au délestage, un autre parlementaire remarque qu’avec Eneo, la situation va de mal en pis. Elle sera meilleure avec l’entrée en service des barrages hydrauliques de Mekin (15MW), Memve’Ele (211 MW), Lom -Pangar, et la réhabilitation de Song-loulou.


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