Politique › Institutionnel

L’opposition tchadienne se moque de la diplomatie façon Déby

D’après Saleh Kebzabo, chef de file de l’opposition tchadienne, en croyant tirer profit de l’appui militaire apportée au Cameroun et au Nigéria, Idriss Déby Itno a été désillusionné

Saleh Kebzabo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), a estimé ce lundi en matinée sur les antennes de RFI, que la diplomatie tchadienne telle qu’elle est conduite actuellement par son chef, le président Idriss Déby Itno, est à «revoir». Celle notamment d’espérer des retombées issues de sa casquette de chef de guerre, avec le déploiement des troupes tchadiennes dans divers théâtres de conflits sur le continent.

Le chef de file de l’opposition tchadienne a pris pour illustration l’échec du ministre des Finances de son pays, Bedoumra Kordje, à l’élection à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD). Le 28 mai dernier, le Nigérian Akinwumi Adesina avait été préféré pour remplacer le Rwandais Donald Kaberuka, arrivant en première position avec plus de 58 % des voix, devant le Tchadien Bedoumra Kordje (près de 32 %). Les récents sommets de la Cemac et de la CEEAC avaient pourtant soutenu le candidat tchadien, dans les discours.

«Je suis profondément déçu parce que finalement on se demande quelle est la politique extérieure que Déby mène? C’est pour nous un échec. Un échec cuisant qui fait mal aux Tchadiens. Nous intervenons militairement au Mali, il y avait un candidat malien; nous intervenons militairement au Nigeria, il y avait un candidat nigérian qui a gagné; nous intervenons aussi au Cameroun, le Cameroun a voté contre le candidat tchadien et au-dessus de tout cela «nos amis» français ont voté aussi contre le candidat tchadien. Donc au total, je pense que le président Déby doit revoir toute sa diplomatie et toute sa conception des relations extérieures. Si vraiment tout ce que nous sommes en train de faire ne sert à rien, il faut qu’on remette les pendules à l’heure, estime Saleh Kebzabo.

L’UNDR a voté le 20 mai dernier au Parlement contre la poursuite de l’intervention militaire tchadienne au Cameroun et au Nigéria. Mais le «oui» l’a cependant emporté à la majorité chez les députés tchadiens (123 voix pour, 14 contre et 3 abstentions). Saleh Kebzabo a justifié son opposition ce 08 juin. «Nous avons vu que le président Déby, au lieu d’aller de façon sincère aider les pays voisins et s’aider lui-même, le Tchad je veux dire, veut plutôt en faire une exploitation politicienne pour, je crois avec les Occidentaux, qu’on ferme un peu les yeux sur certaines choses au Tchad. Et puis ensuite, les Tchadiens voudraient bien savoir ce que tout cela coûte au Tchad et ce que cela rapporte aussi, puisqu’il se dit que le Nigeria a payé très, très cher, mais le budget de l’Etat tchadien n’a pas vu passer des sommes importantes du Nigeria.»

Le chef de file de l’opposition tchadienne se dit confiant pour l’élection présidentielle de 2016 où Idriss Déby remettra en jeu son mandat. «Aujourd’hui, le président Déby est au plus bas, partout dans le pays, y compris dans sa propre région, dans sa propre communauté et donc cela est pour nous un motif d’espoir», croit Saleh Kebzabo.

Saleh Kebzabo, chef de file de l’opposition tchadienne
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