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Louis Martial Ndoumbe: « Mon rôle est d’informer la diaspora »

Le camerounais, désigné délégué Diaspora Europe au sommet panafricain des leaders pour les Nations Unies pour les OMD évoque dans cet entretien ses missions, l’organisation du sommet et le déploiement

Vous avez été désigné comme délégué Europe du sommet panafricain des jeunes leaders pour les Nations Unies pour les OMD 2015 expliquez-nous déjà ce que signifie le sommet panafricain des jeunes leaders?
Le sommet panafricain des jeunes leaders des Nations Unis pour la réalisation des objectifs du millénaire (OMD) est organisé par le réseau panafricain des jeunes leaders des nations unies pour les OMD, et c’est le 4ème qui aura lieu en décembre à Dakar au Sénégal avec l’appui de l’ONU SIDA c’est à dire que le SIDA c’est le point focal pour l’organisation de ce sommet mais le sommet a des objectifs et parmi les buts, il y a : Mobiliser l’ énergie et l’intelligence des jeunes africains au tour de l’effort mondial visant à la réalisation des objectifs du millénaire. Le premier sommet a eu lieu en juin 2004. Ces rencontres sont souvent soit régionales soit sous-régionales. Elles ont lieu avec l’appui de différentes agences des Nations Unis, des partenaires, des autorités nationales et de ONU SIDA dans la dynamique de mobilisation et de participation des jeunes leaders à La réalisation des OMD à travers sept dates importantes. La première, c’était juin 2004 avec le lancement du processus, la deuxième c’était août 2005 au Maroc. Le 3ème en octobre novembre 2006 s’était tenu au siège des Nations Unies à New York sous la présidence de monsieur Koffi Annan à l’époque qui était secrétaire général de l’ONU. La quatrième date était juin 2009 à Bamako au Mali.

En quoi va consister exactement votre rôle?
Il faut signaler qu’au niveau du sommet il n’y a pas que les jeunes qui viennent, l’objectif c’est de mobiliser les énergies et les intelligences mais les jeunes ne peuvent pas le faire seuls. Ils doivent être encadrés par des personnes qui ont de l’expertise, des notoriétés dans différents domaines qui concernent les jeunes pour faire comme un mentorat. Mon rôle est d’amener la Diaspora c’est à dire d’informer cette diaspora que l’Afrique aujourd’hui a des objectifs qui seront atteints en 2015. Et tous les rapports sont unanimes, des OMD sont très peu atteints au niveau de l’Afrique. L’Afrique c’est 60% de jeunes de moins de 25 ans, mais dans ces programmes là il y a très peu de personnes de cette tranche d’âge. Donc ce sommet a un seul but, mobiliser cette énergie.

Est ce qu’il y a des mesures d’accompagnement qui sont prévues au niveau des dirigeants pour accompagner ce type d’initiative de mise en réseau?
Ça ne peut pas rester lettre morte parce que comme je vous l’ai dit le sommet est organisé avec l’appui de ONU SIDA c’est à dire que quand le sommet se tient dans un pays, toutes les agences des Nations Unies sont mobilisées pour ce sommet. Il y a un point focal qui se crée dans le pays et qui est un interlocuteur important pour porter les projets que soumettent les jeunes en conformité avec ce que disent les objectifs du millénaire et aussi des conventions. Parfois l’état auquel on appartient a signé des conventions avec celui dans lequel on vit. Je pourrais par exemple citer un dispositif qui existe avec certains pays, le PRODESO au niveau du Cameroun. Il n’est ni connu au Cameroun, ni connu de la diaspora. La communication ne passe pas entre les dispositifs et ceux qui devraient en être bénéficiaires. Ça se passe un peu comme s’il y avait rien.

Tout les objectifs sont pris en compte ou il y a des principaux?
Oui tous les OMD sont pris en compte! Le SIDA n’est que le point focal.

Ce n’est pas réducteur de ne parler que du SIDA ?
Justement, il y a 8 objectifs qui sont cités dans les termes de référence. Parmi les résultats, on s’attend à ce que les jeunes s’approprient les politiques et programmes développés par les Etats, les institutions et les partenaires dans le but de réduire la pauvreté et de favoriser la création de l’emploi des jeunes. Donc le SIDA n’est qu’un point focal, on ouvre une porte pour parler aussi des autres problèmes.

Depuis la mise en place des points focaux dans les différents pays est-ce que vous avez senti un engouement de la part des jeunes en terme de proposition des projets ou de demande d’information par rapport à ces dispositifs-là?
En toute honnêteté je vais vous parler de mon expérience. Depuis 3 ou 4 mois que j’ai été désigné, rien qu’en France, rien qu’à Paris j’ai saturé ma liste de la délégation que je devais constituer au bout d’un mois. Ce qui démontre que les jeunes de la diaspora ne sont pas informés de ce qui se passe dans les pays, certains ont même été surpris qu’il y ait un sommet comme celui là, où ils sont les principaux acteurs c’est à dire les premiers mis en avant. C’est à dire qu’ils ne viennent pas comme dans certaines rencontres où j’ai assisté et où les jeunes se levaient pour demander « et la jeunesse dans tout cela? » Ils étaient étonnés que dans cette dynamique, c’est eux qui soient les premiers souhaités, les seniors ne viennent qu’en appui. J’ai encore été invité il y a deux semaines à la mairie du 19ème à paris pour entretenir les jeunes sur « l’innovation de la solidarité internationale dans le cadre de l’Afrique ». Il y avait des jeunes qui étaient là et quand chacun exposait son projet, il cadrait clairement dans ce qui est dit ici avec les points focaux. Ils m’interpellaient en disant : « Vous parlez des jeunes leaders des Nations Unies, si je n’avais pas vu votre macaron ou badge, je n’aurais pas su qu’il y a quelque chose comme ça qui existe » et moi de répondre ; « Je vous dit que vous rentrez de plain-pied avec votre projet dans les objectifs que nous poursuivons». J’ai déjà bouclé ma délégation sinon j’ai beaucoup de demande et je vais même aller plus loin, il y a des jeunes qui veulent payer leur transport. Si un jeune en France veut payer son billet d’avion pour aller dans un pays qu’il n’a jamais visité en Afrique juste parce que les objectifs d’une rencontre l’intéressent, vous conviendrez avec moi que ces jeunes sont intéressés par le devenir de leur continent.

En tant que camerounais, est-ce que vous avez des informations sur le déploiement des camerounais?
Par rapport à cela je peux vous donner une information parce que je la trouve dans les termes de référence qu’on m’a envoyé depuis New York Je vois qu’il y aura quatre premières dames, il y a des chances que soit présente la première dame du Cameroun et puis dans la délégation que j’ai constitué, il y a une camerounaise.

Vous avez annoncé les premières dames, est-ce qu’il y a d’autres personnalités attendues?
Il est dit dans les termes de référence qu’il est attendu environ 200 participants au 4ème sommet de Dakar. C’est des jeunes de 18 à 35 ans, 2 par pays. Donc ils viendront de 53 pays d’Afrique plus le pays d’accueil 54. Il y aura les participants nationaux c’est-à-dire tous les jeunes des associations du pays d’accueil le Sénégal, il y aura les experts jeunes qui sont les représentants des réseaux africains internationaux et de la diaspora. Les années antérieures il n’y avait pas la mention Diaspora. Ça veut dire que même les jeunes en Afrique s’ouvrent pour accueillir leurs frères de la diaspora. Maintenant c’est à la diaspora de répondre présent à cet appel. Donc il y a des célébrités que ce soit du monde du sport ou de la culture, il y a des intellectuels internationaux qui représenteront le système des Nations Unies et les institutions diverses et il y a les invités d’honneurs. Je vous ai parlé du président d’honneur de ce réseau, le Docteur Djibril Diallo conseiller spécial du directeur exécutif de ONU SIDA.

Louis Martial Ndoumbe

Journalducameroun.com)/n

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