Politique › Institutionnel

L’Union des populations du Cameroun a célébré son 62e anniversaire ce 10 avril à Paris

Le président de la section france Josué Yetna a accepté de répondre à nos questions. Interview.

Quel bilan faites vous de la célébration du 62ème anniversaire de votre parti l’UPC qui a eu lieu ce samedi 10 avril à Paris ?
La Section de France, à l’exemple de l’UPC dans son entier, présente un bilan de résistance. Elle estime que plus que jamais les événements lui ont donné raison. A cette raison historique fondée sur les exigences de vérité et de justice, nous devons adjoindre les forces d’une société civile organisée et disciplinée pour bouter le régime UNC-RDPC hors du palais d’Etoudi.

Un mot sur le programme de la célébration du 62e anniversaire qui eu a lieu samedi 10 avril à Paris
Tous les ans, l’UPC célèbre son anniversaire. De nombreuses manifestations sont alors organisées au Kamerun et à l’étranger. Cette année, la section de France a choisi de mettre au devant de l’actualité, deux de ses membres, Gilbert YANA YANA qui vient de publier le deuxième tome d’une série de dix, dans lesquelles il analyse le phénomène de l’auto-aliénation chez l’homme, et Albert MOUTOUDOU qui vient de signer sa première publication aux éditions de l’Harmattan sous le titre du – Retard des intellectuels Africains : le cas du Cameroun. Chez le même éditeur, Daniel YAGNE TOM qui est membre de l’UPC publie  » Afrique : ½ siècle d’indépendances piégées Cas du Cameroun et de la R-D Congo . Une actualité littéraire importante, alimentée par nos camarades et qui porte sur des sujets importants et actuels que nous avons voulu utiliser comme support pour le lancement de l’université populaire Osende Afana dont la vocation est de populariser les meilleurs travaux sur le Kamerun. C’est une réunion publique, donc ouverte à tous qui s’est tenue à partir de 13H30 mn, au N°41 de la rue Delizy, salle les Diamants, à Pantin dans le département de la seine saint-denis (93).

Le thème retenu pour ce 62ème anniversaire était « le rôle des intellectuels dans la politique africaine contemporaine ». Qu’est ce qui a justifié ce choix ?
L’UPC a décidé de faire de 2010, une année de réflexion et d’action. Une démarche qui prend le contre-pied du tintamarre folklorique, festif et jubilatoire que l’on voudrait donner à cette célébration qui pour nous doit être un moment d’introspection pour apprécier, sans complaisance, le chemin parcouru et envisager les correctifs à y apporter. Le rôle des intellectuels est déterminant dans ce processus. La publication de l’ouvrage de notre camarade sur ce thème tombe à pic. Notre souhait en choisissant d’en débattre est que nous puissions proposer quelques pistes de réflexion sur le rôle des intellectuels dans la nécessaire rupture d’une collaboration consciente ou inconsciente avec des régimes politiques africains corrompus et illégitimes, qui par leur gestion du pouvoir, ont fait des pays africains « indépendants », des guignols dans le concert des nations.

Et l’université populaire, qu’en avez-vous tiré ?
L’Université populaire Osende Afana a été lancée. Elle salue le grand héros révolutionnaire, nationaliste et humaniste que fut le Docteur Osendé Afana, mais elle indique aussi que l’upécisme exige de ceux qui l’ont compris une fréquentation concomitante des difficultés de la pratique et des difficultés de la théorie. Jamais l’une sans l’autre ! La bataille des urnes passe par la bataille des idées et vice-versa. Les deux premiers séminaires de cette Université rassemblant des upécistes et des non-upécistes comme le Professeur Paul-Aaron Ngomo de New York University, ou le Chercheur Blaise Pascal Touoyem à Yaoundé au Cameroun, ont eu lieu dans le cadre de cette commémoration des 62 ans de l’UPC. En réalité, nous avons profité de cette occasion, pour nous réjouir dans la réflexion, ce qui est encore l’un des caractères connus de notre parti, où manger, boire, danser ne prennent sens que sur le fond de l’approfondissement du sens de notre lutte. L’Université Populaire Osendé Afana est justement ouverte à tous les intellectuels révolutionnaires, patriotiques, démocrates et humanistes du Cameroun, qui veulent créer un front commun de fondation théorique d’une république exemplaire au Cameroun et d’une modernité politique exceptionnelle en Afrique. Tous les camerounais auront accès aux idées produites par cette Université Populaire. Les Séminaires seront réunis partout où des membres de l’Université sont implantés, chaque fois en réunissant les chercheurs locaux, en dialogue avec les chercheurs vivant à l’Etranger.

Cette année, vous avez baptisé votre université populaire au nom de Castor Osendé Afana. Présentez-le à ceux qui ne le connaissent pas.
Osende Afana est né au Kamerun en mars 1930 dans le département de la Lékié. Après des études primaires et secondaires couronnées par l’obtention du BAC, il quitte son pays comme étudiant boursier et s’installe au sud de la France, dans la ville de Toulouse. Il s’inscrit à la faculté de droit et des sciences économiques. Dès son arrivée, il adhère à l’association des étudiants Camerounais qu’il représentera à la fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF). En 1955, en compagnie de NDONGO DIYE et NDOH Michel, il crée le comité de base de l’UPC à Toulouse. En 1956, il cumulera les fonctions de vice-président de la fédération des étudiants de l’Afrique Noire et de directeur de son organe de publication « l’étudiant d’Afrique Noire ». En 1957, il est délégué aux Nations Unies par des étudiants Upécistes pour aller y réclamer la réunification et l’indépendance du Kamerun. Il rejoint la Direction de l’UPC au CAIRE en 1958 qu’il représentera ensuite au secrétariat permanent Afro-Asiatique. Le 13 septembre 1962, il sera élu membre du Comité révolutionnaire de l’UPC dont il se désolidarisera par la suite. Il s’installe au Congo avec l’aide d’une partie du gouvernement Congolais et surtout de la Chine. Il tentera d’y ouvrir un front de lutte au sud du Kamerun, à Molundu, qui se soldera par un échec. Il sera arrêté et exécuté le 15 mars 1966. Sa tête tranchée et sanglante sera amenée à Ahidjo par Hélicoptère. Il était le premier docteur en sciences économiques de l’Afrique Noire. Le titre de sa thèse portait sur « L’Economie de l’Ouest africain : Perspective de Développement ». Elle fut publiée à Paris aux Editions François Maspéro. Osende Afana était marié et eut quatre enfants.

Est-ce qu’aujourd’hui le combat révolutionnaire de l’UPC n’est pas dépassé par la réalité politique?
En janvier 1960, Monsieur Ahmadou Ahidjo accède au pouvoir suprême d’un Kamerun désormais indépendant. Il faut ici rappeler qu’il est le pur produit de l’administration coloniale. Monsieur Ahidjo était contre l’indépendance du Kamerun, il faut de temps en temps le rappeler. Dans les années 1952-55, lui et sa bande envoyaient des télégrammes demandant à l’ONU de ne pas entendre Ruben UM NYOBE, venu revendiquer l’indépendance et la réunification de son pays. Voila une extraordinaire escroquerie politique et historique qui a vu les pires adversaires de l’indépendance accéder au pouvoir après l’acquisition de celle-ci. Il est difficile de penser que le pouvoir colonial qui a organisé cette machinerie attendait de voir mettre en uvre une politique différente de celle qu’il avait jusque la mise en uvre dans notre pays. Monsieur Ahidjo a donc continué à faire ce que fait monsieur Paul Biya aujourd’hui, c’est-à-dire gérer notre pays pour satisfaire les intérêts étrangers. Le bilan de cette gestion pouvait-il être différent de ce qu’il est aujourd’hui dans notre pays ? Les conséquences catastrophiques de cette politique donnent raison à l’UPC. Elles mettent en évidence l’insuffisance des indépendances juridiques des pays africains et posent plus que jamais l’absolue nécessité de parvenir à arracher la dimension politique de ces mêmes indépendances. Ce pourquoi l’UPC a toujours combattu. Car seule l’indépendance politique pourra nous permettre de décider et de gérer nos pays au profit de nos compatriotes. Le combat de l’UPC garde par conséquent toute son actualité.

Josué Yetna, président de la section Upc de France
Journalducameroun.com)/n

Le président Paul Biya a décrété un deuil national pour Ndeh Ntumazah. N’est ce pas là un début de reconnaissance de votre combat?
Il s’agit d’une démarche politicienne. Mr Biya se poserait en réconciliateur national ? Pour que tel soit le cas, qu’il commence par mettre un terme au procès en justice qu’il intente à l’UPC à travers son ami Koddock Bayiha depuis plusieurs années, qu’il cesse de s’immiscer dans les affaires internes de l’UPC, qu’il arrête de procéder à des nominations des ministres RDPC qui sont abusivement présentés à l’opinion comme étant des membres de l’UPC. S’il était courageux et parvenait à prendre ces trois initiatives, alors votre question pourrait avoir un début de réponse positive. Pour le moment, nous en sommes loin.

Les élections présidentielles ont lieu bientôt au Cameroun. Avez-vous une idée de qui sera candidat de l’UPC ?
Notre préoccupation aujourd’hui n’est pas de savoir qui sera le candidat de l’UPC aux prochaines élections présidentielles. Les gens un peu sérieux savent qu’il n’y a pas d’élections au Kamerun. Elles s’apparentent à une farce. Depuis la promulgation de la loi électorale du 10 septembre 1997, c’est le ministre de l’administration territoriale qui a le pouvoir d’investir les candidats à l’élection présidentielle. Ce pouvoir est d’autant exorbitant qu’en cas d’invalidation d’une candidature par le Minat, le recours devant la cour suprême, en remplacement de la cour constitutionnelle qui n’existe toujours pas, n’est nullement suspensif. Ainsi, l’invalidé du MINAT ne peut faire campagne comme candidat jusqu’à l’arrêt de la cour d’appel. Ce dernier ne pouvant survenir que 48h avant le début du scrutin. L’UPC en a fait les frais à l’occasion de la farce électorale présidentielle de 2004.Un homme averti en vaut deux.
Nous travaillons à la création des conditions favorables au rassemblement des forces vives du Kamerun, afin d’imposer au président du RDPC, une loi électorale juste ainsi que des conditions d’organisation d’élections libres et transparentes. Nous proposons pour cela six critères: Une Commission Electorale Nationale indépendante (CENI), des élections au scrutin majoritaire à deux tours, au moins 8 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales, chacun recevant sa carte d’électeur à l’inscription même, la majorité civile et le droit de vote à 18 ans, le droit pour tout Camerounais de se porter candidat à toute élection sans obligation d’être membre d’un parti politique, le droit de vote effectif pour les Camerounais vivant à l’étranger. Quant à notre candidat, le moment venu, les Kamerunais le connaîtront..

Ici en France le président de la république a été attaqué plusieurs fois, par des organisations de la société civile ou des associations et non toujours par des partis politiques. Selon vous, le combat politique change t-il de camp ou c’est une manifestation de la démocratie ?
Vous faites référence au camouflet diplomatique qui a été infligé au président du RDPC, Mr Paul BIYA en juin 2009 et aux informations relatives à son séjour au sud de la France, dans une luxueuse suite au coût indécent de 42 000€ ( 27 510 000 F CFA) par jour ! Non, tout dépend de ce qu’on entend par combat politique. Se battre pour revendiquer ses droits relève du combat politique. Ceci peut prendre des formes diverses. Une association d’étudiants qui revendique l’amélioration des conditions vie des étudiants mène un combat politique. Une association qui demande au gouvernement de respecter les droits de l’homme mène un combat politique. Les kamerunais de la diaspora qui revendiquent le droit de vote mènent un combat politique. La réalité est que la politique menée par le RDPC a considérablement appauvri les kamerunais. Elle a consacré l’instabilité institutionnelle, l’effritement des liens sociaux et la perte continue des valeurs morales et éthiques. Cette politique irrite une grande partie de la population. Que des associations protestent au Kamerun ou à l’étranger contre ses conséquences n’est que logique. Leur démarche ne s’oppose pas à celle des partis politiques, bien au contraire elle la complète.

Pour terminer, quelles sont les autres actualités de votre section?
Notre Section est entièrement mobilisée pour faire entendre la voix réelle des peuples africains contre la mascarade de célébration du soi-disant Cinquantenaire des Indépendances africaines que le système de domination se prépare à célébrer à Nice, en France au mois de mai 2010. La position de l’UPC est claire : pas un soldat africain à Paris pour ce Cinquantenaire, tant que la France ne traite pas avec les pays africains dans le cadre d’un Nouveau Partenariat sans préjugés, ni domination systématique. Nous participerons donc à toutes les manifestations qui dénonceront cette alliance d’oligarques détourneurs de fonds publics, truqueurs d’élections, assassins de citoyens africains et présidents à vie avec la bénédiction de leurs tuteurs coloniaux. Monsieur Paul Biya et les criminels-détourneurs du RDPC ne méritent pas – et ne mériteront jamais, comme ils n’ont jamais mérité – de continuer à s’asseoir sur le fauteuil que notre peuple réserva dès 1948, au Mpodol Ruben Um Nyobé et à l’Union des Populations du Cameroun. Les autres actualités de notre Section sont consultables sur les sites du Parti www.upc-kamerun.com et http://upc-cameroon.com. Nous avons aussi un site facebook pour notre Section : UpécistesUPCFrance. Vous y trouverez nos actualités au jour le jour, mais aussi de nombreuses vidéos éclairant de nombreux thèmes de l’heure, par exemple : « L’art politique de Paul Biya ou l’art de Satan » ( Parties I, II, III).

Quelques participants aux travaux du 10 avril à Paris
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