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Lutte contre la corruption: Le Cameroun s’accorde avec Transparency International

La Commission nationale anti-corruption a organisé un forum à Douala

La corruption un mal pour les affaires
Les 07 et 08 octobre dernier, la Commission nationale anti-corruption (CONAC) a organisé un forum sur la lutte contre la corruption en milieu de l’affaire. La rencontre visait à établir une plate forme de discussion entre l’administration, le secteur privé et la société civile sur le phénomène de corruption et ses implications sur l’économie. Ce forum est une initiative de plus que les autorités camerounaises prennent dans le cadre de la lutte contre la corruption. Celles ci admettent aujourd’hui volontiers, que la corruption existe au Cameroun et constitue un frein à l’expansion de l’économie. En 1999 l’Organisation non gouvernemental Transparency International avait mentionné dans son rapport annuel que le Camerounais était pour la deuxième fois consécutive, en tête des pays les plus corrompus. Le gouvernement avait à l’époque exprimé son triple sentiment « d’étonnement et de surprise », « d’injustice », et malgré tout de « sérénité ».

Des chiffres alarmants
Aujourd’hui Transparency International attaque la corruption dans le milieu des affaires pour montrer que dans de nombreux pays, surtout sous développés, elle a atteint des proportions inquiétantes. Selon une récente enquête menée par une ONG allemande, le service néerlandais des volontaires et le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam), plus de 76% de chefs d’entreprises interrogés affirment que la corruption a eu un impact négatif sur leurs activités contre 73% un an auparavant. L’étude qui a touché 1052 entreprises réparties sur 6 des 10 régions du pays révèle aussi que 49% de chefs d’entreprises affirment avoir versé des pots-de-vin aux agents des impôts, et 36% déclarent avoir versé un montant équivalent entre 1% et 5% de leur chiffre d’affaires pour obtenir des services. Des chiffres jugés inquiétant par des experts de la macro économie. Selon le GICAM, cette situation est due à la faillite de l’Etat à garantir la sécurité juridique et administrative des transactions et diverses autres opérations.

L’action du gouvernement peu efficace
De nombreux experts affirment que la lutte contre la corruption au Cameroun piétine. Ils mettent en cause les incohérences dont les autorités on fait preuve au début. C’est en 1998, le gouvernement avait lancé à grand coup de médiatisation, une campagne officielle de lutte anti-corruption, sous le slogan « la corruption tue la Nation ». Un an après en septembre, deux décrets présidentiels limogeaient Mounchipou Seidou, et Pierre Désiré Engo, jusque là respectivement, ministre des Postes et télécommunications, et directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale. Quelques jours après, la justice ouvrait des procédures sur les deux personnalités déchues, pour «détournements de fonds publics». Ce qui s’annonçait comme une tempête dans les milieux publics de la corruption n’a pourtant pas été prolongé par d’autres actions. L’idée d’une structure autonome de lutte contre la corruption n’a jamais vu le jour, et la CONAC reste très limitée dans ses prérogatives.

Aller de l’avant malgré tout
A l’issue de la rencontre, Paul Tessa le président de la CONAC a invité les chefs d’entreprise à s’engager dans l’instauration de l’intégrité dans les administrations et dans le milieu des affaires. Maître Charles Nguini a demandé lui aux chefs d’entreprise d’effectuer « le bon choix, le choix qui s’impose, le choix de l’intégrité ». Mamy Raboanarijoana, le coordonnateur du programme Choc (Changer les habitudes, s’opposer à la corruption) milite pour la mise en place d’un système national d’intégrité à même de garantir la transparence. Car, explique-t-il, bien qu’il existe de nombreuses structures de lutte contre la corruption, la plupart des actions, efforts, moyens et solutions sont dispersées d’où le sentiment d’impunité qui transparaît malgré les sanctions effectives.


Journalducameroun.com)/n
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