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Lutte contre le sida : Les laboratoires de Recherche s’impliquent

Plusieurs initiatives allant dans ce sens ont été exposées au cours d’une conférence débat organisée au Circb

Les projets ne manquent pas. C’est du moins ce qui se dégage de la conférence débat organisée sur le thème « recherche-action sur le VIH/Sida au Cameroun : quand les laboratoires répondent présents aux sollicitations du ministère de la santé publique ». Les laboratoires entendent apporter leur appui aux efforts déjà entrepris par les pouvoirs publics et autres associations et organismes dans la lutte contre la Sida au Cameroun et même dans la sous région Afrique centrale.

De la recherche fondamentale à l’opérationnelle
Il s’agit d’un changement de stratégie de la part des laboratoires de recherches qui passent ainsi de la recherche fondamentale à la recherche opérationnelle. Ces laboratoires et centres de recherche développent une politique de proximité à travers des projets consistant à aller vers les populations en s’appuyant sur des «relais communautaires». Le principe consiste à déplacer des équipes sur le terrain pour entrer en contact avec les populations et les communautés avec des objectifs spécifiques. Ainsi, 4 projets de recherche ont été exposés lors de la conférence débat déroulée au siège du centre international de recherche Chanta Biya de Yaoundé (Circb).
Le premier concerne une « enquête de surveillance sentinelle de l’infection à VIH/Sida au Cameroun » effectué par 2 laboratoires avec pour objectif d’établir l’existence ou non d’un lien entre le taux d’acceptation des tests à VIH et le taux de prévalence. Les résultats de ce projet qui concernait les femmes enceintes, révèlent que les tests ne peuvent être utilisés comme indicateur de la tendance de séroprévalence que « si les laboratoires sont sérieusement équipés pour garantir des résultats fiables. Il y a aussi « le programme national de diagnostic précoce du Vih chez les enfants nés de mères séropositives au Cameroun » sur initiative du Circb. Ledit programme consiste à identifier très rapidement les enfants susceptibles d’être infectés du fait de leur mère et de les prendre en charge systématiquement suivant les recommandations de l’organisation mondiale de la santé (Oms). L’on apprend néanmoins que sur les 10.000 enfants éligibles (à prendre en charge), seul 2000 le sont effectivement. En outre, des projections révèlent qu’en l’absence de prise en charge et de soins, 11000 enfants seront infectés chaque année. Le diagnostic précoce et la prise en charge gratuite des enfants de moins de 18 mois, sont rendus possibles grâce à une convention signée en 2007 entre la fondation Clinton et le ministère camerounais de la santé publique.
Un autre projet exposé au cours de la conférence concerne l’évaluation de « l’efficacité des tests de diagnostic du Vih au Cameroun et en Afrique en général ». Le diagnostic consiste à « rechercher les marqueurs indirects du virus dans le sang ». Le représentant à la fois du centre de recherche et de santé des armées (Cresar) et de l’institut de recherche démographique (Ird) révèlera qu’aucun des tests pratiqués au Cameroun « ne permet de développer un algorithme fiable ». En plus simple, les tests pratiqués sont peu crédible et nécessite d’être adapter au contexte d’utilisation. « L’évaluation de la transmission de la résistance du Vih aux antirétroviraux chez les patients naïfs en Afrique centrale » a été réalisée par l’organisation pour la surveillance épidémiologique en Afrique centrale (Oceac). Les patients naïfs sont des « personnes non encore traitées ». Ce dernier projet vise à évaluer les résistances développées par les virus en fonction du type d’antirétroviraux utilisés. Ses résultats seront dévoilés au cours d’un atelier de restitution en Janvier 2009.


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La pauvreté et l’ignorance n’arrangent rien
Ces laboratoires et centres de recherche font cependant face à plusieurs difficultés. Les moyens financiers limités tendent à freiner le travail de terrain. Le personnel en manque de motivation (argent) ne donne pas le meilleur de lui même dans la collecte des données. Les populations hésitent à se soumettre aux tests lorsque ceux ci sont volontaires. Sans oublier les transporteurs qui se rétractent quelques fois rendant difficile le respect des délais et des objectifs de départ. Par exemple au niveau de la conservation des échantillons collectés dans une zone reculée et acheminés vers un centre urbain. Soulevant la question fondamentale de la crédibilité des résultats. Tous ces problèmes ont été exposés en présence du représentant du ministère de la santé publique. Il confie que ces initiatives « constituent des bases factuelles pour améliorer ou modifier les décisions stratégiques ». La conférence débat mettait un terme à une série de manifestations organisées par le Circb en prélude à la journée mondiale contre le Sida célébré 1er décembre 2008.
De cette rencontre, il ressort que les recherches sur le Sida doivent être accentuées et surtout adaptées aux pays et aux contextes dans lesquels elles sont effectuées.


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