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Lutte contre le terrorisme à l’affiche de la presse camerounaise

Les journaux camerounais parus lundi se sont massivement intéressés aux mesures gouvernementales de lutte contre le terrorisme, mais également à des sujets de politique intérieure

Revenant sur le bilan dressé en fin de semaine dernière par le porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary en rapport avec les méfaits de la secte islamiste Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, le quotidien à capitaux privés Emergence précise que le pays a déjà connu 32 attentats pour 1200 morts depuis 2013, et dresse la chronologie des attaques enregistrées.

Et, pendant que Le Jour révèle que des preneurs d’otages ont été appréhendés à Ngaoundéré, plus au sud, que Le Quotidien de l’Economie parle de 1168 Camerounais tués par Boko Haram entre 2013 et début 2016, le bihebdomadaire régional L’ il du Sahel revient sur le curieux enlèvement le 4 janvier dernier, attribué à Boko Haram, du commissaire de police spécial de la localité de Dabanga, Ousmaïla Sagou, alors que son compagnon d’infortune, l’inspecteur à la retraite Adam Hassan, a été libéré par les ravisseurs.

A propos de la police, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune indique que le corps va se doter de moyens accrus en 2016 : il est programmé des actions visant à améliorer les capacités opérationnelles dans le domaine de la police scientifique et technique, l’accroissement des effectifs de la Sûreté nationale à travers l’entrée en formation de 4700 hommes et l’extension de la vidéo-surveillance pour renforcer les capacités de prévention et de répression, entre autres.

Pour l’année nouvelle, la police camerounaise est également interpellée sur un autre front par l’hebdomadaire Intégration qui tire ainsi la sonnette d’alarme concernant des quartiers chauds de la capitale où il ne fait plus bon traîner la nuit venue : «Grand banditisme, criminalité, prostitution, homosexualité, mafia : Yaoundé comme Sodome et Gomorrhe».

A la Briqueterie et à Mokolo, «considérés comme des zones de non droit, il règne des bandes qui entretiennent la délinquance, des faits de violences urbaines, des règlements de comptes et des trafics en tout genre».

Le Cameroun est en guerre, renchérit Mutations, et «la guerre est la pire des choses qu’on puisse imposer à un pays et à sa population».

Revenant elle aussi sur la dénonciation du rôle des organisations de défense des droits de l’Homme, faite par Issa Tchiroma Bakary qui les accuse de travestir les faits concernant de prétendues exactions commises par l’armée contre des civil, cette publication invite elle aussi à plus de discernement.

«Les Ong sont utiles dans les démocraties. Leurs missions secouent les consciences et dénoncent les abus. Elles devraient d’abord dénoncer ceux qui perturbent la paix, comme Boko Haram et Al Qaida au Maghreb qui a tué à Ouagadougou. Si elles regardent seulement du côté de ceux qui se défendent, les armées camerounaise et burkinabè, ces ONG courent le risque de faire fausse piste.»

Le même journal, avec pour titre «18 janvier 1996-18 janvier 2016 : 20 ans d’une Constitution trahie au Cameroun», constate que la Loi fondamentale du pays a été «désacralisée» depuis deux décennies.

Acteur politique aujourd’hui en exil, Célestin Bedzigui, qu’interroge Mutations, constate le viol systématique de l’éthique républicaine par le chef de l’Etat, qui «tire son ressort d’une dimension personnelle et d’un unique agenda : satisfaire un insatiable appétit du pouvoir».

Et d’accuser Paul Biya d’avoir plutôt renforcé «la présidentialisation du régime au point où le Cameroun vit désormais une véritable dérive autoritaire aux relents d’un absolutisme présidentiel», de diluer les pouvoirs législatif et judiciaire dans ceux du président de la République, d’avoir rallongé le mandant présidentiel de 5 à 7 ans, «une manière d’assouvir sa soif inextensible d’un pouvoir absolu et à vie».

«Constitution camerounaise : 20 ans d’inapplication», analyse pour sa part Emergence qui attend toujours l’avènement du Conseil constitutionnel, une vraie décentralisation ainsi que l’application de l’article 66 qui fait obligation aux élus et autres gestionnaires de crédits, de déclarer leurs biens au début et à la fin de leur mandat.


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