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Lutte contre les médicaments de la rue: Les pharmaciens veulent agir

Ils ont remis ce 4 mai 2012, à Limbé, un plan national de lutte au ministre de la Santé publique

Assemblée générale
C’était à l’occasion de la clôture des travaux de l’assemblée générale ordinaire (Ago) du Conseil national de l’ordre des pharmaciens du Cameroun (Cnopc) qui s’est ouverte un jour plutôt à l’hôtel Seme Beach, le principal point de chute des grandes rencontres dans le département du Fako, région du Sud-Ouest. Le document rédigé par les pharmaciens regroupe les suggestions de la profession sur les grands axes qui devraient en principe être développés du côté du gouvernement pour éradiquer ce fléau. «Il constitue une contribution de la profession pharmaceutique à la lutte contre la vente illicite des médicaments », explique Thérèse Abong Bwemba, présidente du Cnopc. Concrètement, les pharmaciens demandent au gouvernement de mettre l’accent sur quatre actions majeures. La création d’une structure chargée de la coordination des activités pour assurer la pérennisation de la lutte, la collaboration de tous les ordres professionnels et de tous les secteurs, la collaboration régionale et internationale et le financement innovant des activités de lutte. Le document, destiné au gouvernement, a été remis ce 4 mai 2012 au Minsanté, qui clôturait les travaux de cette Ago, au « Paradis de l’eau », l’autre appellation de l’hôtel Seme Beach. André Mama Fouda, comme d’habitude, a brillé par des promesses. «Nous allons exploiter ces recommandations. Vous avez décidé que nous passions à l’action et nous allons progresser d’une marche pour que nous puissions lutter ensemble », philosophe le Minsanté. «Nous poursuivrons les efforts inlassables dans le cadre de la lutte contre de fléau, et sommes disposés à continuer à assainir ce secteur », insiste André Mama Fouda. Sans pourtant apporter des réponses concrètes. Au contraire, régulièrement, il renvoie la balle aux pharmaciens. Morceau choisi. «Je compte sur vous dans le cadre de cette lutte. C’est pourquoi je suis venu personnellement prendre les actes de vos travaux, pour qu’on travaille ensemble ». En tout cas, les intentions des pharmaciens sont claires, en remettant ce document. Passer à l’étape supérieure dans le cadre de la lutte contre ce fléau qui tend à s’enraciner au Cameroun. «La profession consciente que le gouvernement ne doit pas tout faire, offre sa collaboration pour jouer son rôle d’éducateur de santé, éduquer les populations et participer à des campagnes de sensibilisation », relève Thérèse Abong Bwemba. Même si pour elle ce sont les pouvoirs publics qui doivent lancer l’assaut, elle reconnaît que la participation des pharmaciens est déterminante dans le cadre de cette lutte. En dehors de la vente illicite des médicaments, l’Ago de Limbé s’est aussi penché sur un problème important. Il s’agit de la problématique de la formation des pharmaciens au Cameroun. C’est la première fois que le Cnopc tient son assemblée générale à Limbé, dans la région du Sud-Ouest. Et pour le choix de Seme Beach, la présidente du Cnopc est intarissable. «On voulait un cadre calme et propice à l’éclosion de la pensée, et éloigné aussi de la ville. A Limbé, il n’y a que l’hôtel Seme qui répondait à nos attentes », justifie Thérèse Abong Bwemba.

Recommandations
Les travaux de cette année se sont déroulés en présence des représentants des ordres des pharmaciens du Gabon et du Congo. Un succès d’après Pétronille Yamb, pharmacienne, et propriétaire de la pharmacie de Limbé. « Les travaux se sont bien déroulés. Il y a eu de bons exposés et de très bons échanges d’expériences. Même comme notre préoccupation sur la vente illicite des médicaments de la rue demeure », réagit-elle. Plusieurs recommandations ont été adoptées par les pharmaciens. Certaines, à l’endroit du Cnopc, et d’autres, plus importantes, à l’endroit du Minsanté. C’est le cas de l’augmentation des effectifs des pharmaciens dans les formations sanitaires, administration centrale, délégations régionales et postes sanitaires aux frontières, ainsi qu’un guichet unique. Ou encore de l’utilisation du pharmacien à tout poste de responsabilité de l’organigramme du Minsanté. Le Cnopc est un organisme professionnel des pharmaciens. Son objet principal est le contrôle de l’accès à la profession, l’exercice de la profession et le respect de l’éthique et de la déontologie. L’ordre accomplit sa mission et exerce ses attributions par l’intermédiaire de deux organes. L’assemblée générale et le conseil de l’ordre. L’assemblée générale est constituée de tous les pharmaciens inscrits au tableau de l’ordre et se réunit tous les ans. Le conseil de l’ordre, quant à lui, comprend neuf membres issus des sept divisions des pharmaciens. La division A est constituée des pharmaciens titulaires des officines, la division B des pharmaciens fabricants, les pharmaciens grossistes composent la division C. Les divisions D, E, F et G sont constituées respectivement des pharmaciens des établissements hospitaliers privés, des pharmaciens assistants, biologistes et des services publics.

Le conseil national de l’ordre des pharmaciens s’est tenu le 4 mai à Limbé
Journalducameroun.com)/n


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