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Lybie: Kadhafi jusqu’au bout!

Alors que de nombreux médias occidentaux parlent déjà de l’effondrement du régime du guide libyen, tout n’est pas plié à Tripoli

Contrairement l’optimisme sans réserves affiché par les puissances occidentales, la situation en Lybie est loin d’être certaine. Plusieurs médias français notamment ont fait état de ce que Mouammar Kadhafi le guide libyen était désormais pris dans un piège. Mais lundi 22 août, deux représentants du conseil national de transition (CNT), le bras politique de la rébellion libyenne, ont fait savoir que beaucoup de choses restait à faire pour venir à bout du régime Kadhafi. Tout en affirmant une victoire prochaine sur celui-ci, le CNT reconnait néanmoins que plusieurs endroits de la capitale du pays, Tripoli, ne sont pas encore sécurisés. Les rebelles sont donc prudents et invite la population à collaborer « Nous voulons rétablir la sécurité, et nous invitons par conséquent les populations à ne pas nous craindre. Nous pensons aussi que rétablir la sécurité sera une chose délicate et nous ne pouvons encore crier complètement victoire », a déclaré Moustafa Abdeldjeïl, le responsable du CNT libyen. Les évènements qui ont suivi semblent lui donner raison. Mardi 22 août, un des fils Kadhafi a fait une sortie médiatique pour annoncer la résistance. La réalité sur le terrain est que dans leur souci de progresser vers la capitale du pays, les forces rebelles de Lybie ont parfois laissé derrières elles des forces de résistance favorables à Kadhafi.

Même si aujourd’hui on admet que le régime Kadhafi a perdu le contrôle d’une bonne partie de son territoire, ses partisans rejettent les allégations qui font savoir que la bataille de Tripoli sera celle de sa fin de règne. Des forces pro Kadhafi sont encore nombreuses à Syrte et Sabha, des localités d’origine du guide libyen et dont la soumission à lui semble indéfectible. Aujourd’hui la part de territoire contrôlé par Kadhafi reste un vrai mystère, selon de nombreux rapports issus de la rébellion comme des observateurs indépendants. L’annonce d’une offensive de la brigade de Khamis, un autre fils de Kadhafi, a semé la confusion dans les médias. Aucune preuve de cette offensive n’a été officiellement rapportée cependant. Certains analystes pensent que l’armée de Kadhafi s’est retirée volontairement des fronts avancés, pour entrainer la rébellion dans une guérilla urbaine. Une situation qui rendrait le combat long et difficile pour cette dernière. Les troupes de Kadhafi maitrisent mieux la ville et l’accès aux dépôts de munitions, ce qui n’est pas forcément le cas des rebelles. Mais déjà, on discute de l’après Khadafi. Grâce à son leadership, il avait une parfaite maitrise des chefs de tribus qui étaient alliés à sa cause. Il est difficile de savoir si les rebelles ont pu parvenir à engranger la solidarité des chefs de tribus, dont le pouvoir dans l’univers arabe est quasi divin.
Toutes ces interrogations font peser le doute sur l’issue de la guerre et sur la possibilité de remplacer la « Tyrannie de Kadhafi », par un système politique plus participatif et protecteur des libertés. La situation en Lybie risque de durer encore longtemps, comme l’a été le cas en Afghanistan ou en Somalie. La question reste posée de savoir si l’OTAN et les rebelles survivront à une autre guerre d’usure.

Pour Moustafa Abdeldjeïl, président du Conseil national de transition, tout n’est pas plié en Libye
Africapresse)/n

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