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M. Bozizé continue à se croire «Messie» pour le peuple centrafricain

«En République Centrafricaine, les hommes politiques semblent avoir perdu la tête!»

Dire que la République Centrafricaine va mal est, réellement, une vérité de la Palice! Seulement, il y a une chose que je ne comprends pas! Dans ce pays, les hommes politiques semblent avoir perdu la tête!

Bozizé.
Voilà un homme sur qui la République Centrafricaine était en droit de compter comme certains de ceux qui font le succès story de notre Afrique. Jugez vous-même: Très tôt il a été appelé à servir comme Aide de camp du Président Jean Bedel Bokassa. A l’âge de 32 ans seulement, il est Promu Général de Brigade (en 1978), puis l’année suivante Général de Division (33 ans), il sera choisi comme le patron de l’armée de l’Air. En 1979, à la chute de l’empire, François Bozize devient Ministre de la Défense Nationale (34 ans) dans le gouvernement du Président David Dacko. En septembre 1981, après le coup d’Etat du Général André Kolingba, il se voit confier le poste de Ministre de l’information et de la Culture (36 ans). En 1996 (50 ans), sous le régime d’Ange F. Patassé, le poste de Chef d’Etat-Major des Forces Armées Centrafricaines (FACA) lui est confié. En 2003, peu avant ses 57èmes bougies, avec le soutien de la France et du Tchad, il s’empare du pouvoir. Avec un tel parcours, nous étions en droit d’attendre de cet homme une lucidité et une sagesse pour une meilleure gouvernance!

Malheureusement, comme disait Victor Hugo, «Le sang se lave avec des larmes et non avec du sang» ! L’habitude étant une seconde nature, quand depuis son jeune âge «on a des mains tâchées par le sang, il n’y a que des larmes pour les laver» dixit Victor Hugo! Les centrafricains n’ont sûrement pas oublié qu’avec le général Mayo Mokola, le jeune général de brigade Bozizé était chargé de la répression des manifestations de lycéens, du 15 au 20 janvier 1979, ce qui avait fait plusieurs dizaines de morts parmi les élèves! Aujourd’hui, nous savons tous que M. Bozizé a infligés, pendant les dix années de sa présidence, l’une des pires souffrances au peuple centrafricain! Personne ne démentira les crimes qui lui sont reprochés tels: Des assassinats ; Des arrestations, séquestrations, détentions arbitraires et tortures ; Des destructions et incendies des maisons d’habitation ; Des enlèvements, exécutions sommaires et extrajudiciaires ; Des crimes économiques ; Des actes de nature à compromettre la paix publique.

Malgré tout cela, M. Bozizé continue à se croire «Messie» pour le peuple centrafricain allant jusqu’à déclarer sur la Radio France Internationale(RFI): «Si l’occasion se présente, je souhaite reprendre le pouvoir»! Il n’exclut d’ailleurs pas de recourir aux «armes» car il pourrait, «reprendre le pouvoir par la voie politique puisque la voie des armes ne vient que lorsque la solution politique n’est pas trouvée » en précisant que «ça a été toujours comme cela»! La situation de notre pays ne serait pas dramatique qu’on croirait à une plaisanterie de mauvais goût ou plutôt un cauchemar! Près de six mois après sa chute, Bozizé n’a pas encore pris le temps de se regarder dans un miroir, tellement qu’il souffre de sclérose intellectuelle et politique! Déjà en 2007 dans un des fameux télégrammes de wikileaks, la République centrafricaine est décrite comme «dangereusement près d’être un état échoué, un état de fantôme » Ce rapport jette une lumière crue sur l’impossibilité pour la République centrafricaine de s’en sortir, ne serait que par « un quelconque début d’un moindre commencement de décollage dans la voie du développement, tant que Bozizé continuera à diriger ce pays».

Wikileaks révèle que Bozizé fait vraiment la honte de la République centrafricaine. Il est même traité « d’inapte » aux fonctions de président de la République.
EKA
M. Bozizé continue à se croire «Messie» pour le peuple centrafricain

C’est la triste conclusion tirée des extraits du télégramme diplomatique envoyé au Département d’Etat à Washington par un ex-ambassadeur des USA à Bangui! Wikileaks révèle que Bozizé fait vraiment la honte de la République centrafricaine. Il est même traité « d’inapte » aux fonctions de président de la République. Comme si cela ne suffisait pas et pour donner raison au dicton, le diable a été chassé mais nous voilà habités par sept autres plus puissants nommé Séléka!

Encore que.
Oui, encore qu’il (lui Bozizé) crache désormais dans la main qui l’a porté au pouvoir et grâce à laquelle il s’est engraissé, dix années durant, je parle du Tchad! Cinglant est le commentaire de Hassan Sylla, Porte-parole du gouvernement tchadien et ministre de la Communication: «François Bozizé paie le Tchad en monnaie de singe quand on sait que c’est grâce au Tchad qu’il a pu payer ses fonctionnaires dans les mois les plus difficiles. (.) Si en dix ans, il n’a pas été capable de former un bataillon pour répondre à de petites escarmouches . Ce n’est pas aux Tchadiens de combattre à sa place, de défendre son régime.» Oui, le Ministre porte-parole du gouvernement tchadien dit, ici, ouvertement que notre ancien «Général-Président» n’est qu’un général d’opérette!

Toute la question est désormais de savoir «si en dix ans, il n’a pas été capable de former un bataillon pour répondre à de petites escarmouches», est-ce maintenant qu’il sera capable d’en diriger un sans l’aide du Tchad? Voici ce que les générations futures diront sûrement de cet homme «Au lieu d’être un grand homme pour la République Centrafricaine, votre pays, mon Général, vous avez tué le rêve centrafricain et comme dirait Milan Kundera: Quand on tue de grands rêves il coule beaucoup de sang.» Un autre avant vous disait «la famine atteindra ce peuple, des morts, on comptera par dizaine»
(Nzara a kè gah, koua à kè koui)!

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