Opinions › Tribune

Ma gestion de la Camair a été «exemplaire» compte tenu du peu de moyens mis à ma disposition

Par Yves Mchel Fotso

Yves Michel FOTSO
Président et administrateur de sociétés
Yaoundé, Prison Secondaire du SED, le 18 août 2016

Ă€ L’Honorable Oyono Martin
DĂ©putĂ© RDPC de l’OcĂ©an
Assemblée Nationale
Yaoundé

Objet: Ma réponse à votre tribune dans le quotidien Émergence n°808 du lundi 08 août 2016

Honorable Oyono Martin,
C’est avec une attention particulière que j’ai pris connaissance de votre tribune intitulĂ©e «Gouvernance et Camair-CO: le choix de la guĂ©rison ou de la perfusion?», dans la rubrique «Opinion» du quotidien Émergence n° 808 du lundi 08 aoĂ»t 2016, rubrique dans laquelle vous avez Ă  plusieurs reprise citĂ© mon nom en qualitĂ© d’ancien dirigeant de la Cameroon Airlines au titre d’exemples de mauvaise gestion.

En principe, je ne juge pas nĂ©cessaire de rĂ©agir aux allĂ©gations qui sont faites sur ma gestion de la dĂ©funte Cameroon Airlines, car elles sont gĂ©nĂ©ralement profĂ©rĂ©es par des personnes en mal de publicitĂ© et de notoriĂ©tĂ© et qui par ailleurs sont mal informĂ©es ou de mauvaise foi. Or, depuis que vous avez Ă©tĂ© l’unique dĂ©putĂ©, sur les 160 que compte le RDPC dans l’hĂ©micycle de l’AssemblĂ©e nationale, Ă  avoir le courage de voter selon votre conscience et non par simple discipline de parti le projet de loi sur la rĂ©forme du Code pĂ©nal rĂ©cemment prĂ©sentĂ© par le gouvernement, et que par la suite le chef de l’Etat vous a donnĂ© raison, vous ĂŞtes devenu pour l’opinion publique sur la scène mĂ©diatico-politique une rĂ©fĂ©rence en tant que personnalitĂ© objective et de bonne foi, c’est-Ă -dire dĂ©sormais que votre voix compte et porte et donc, que ce que vous dĂ©clarez est d’emblĂ©e supposĂ© ĂŞtre vĂ©ridique.

De ce fait, Ă©tant convaincu que c’est simplement parce que vous avez Ă©tĂ© mal informĂ©, que vous avez portĂ© ces jugements nĂ©gatifs sur ma gestion passĂ©e de la Cameroon Airlines ; jugements, qui cependant, ne peuvent pas rĂ©sister Ă  une analyse documentĂ©e, contextuelle et circonstanciĂ©e du mandat qui a Ă©tĂ© le mien Ă  la tĂŞte de la Cameroon Airlines, ainsi que de la gestion qui en a rĂ©sultĂ©; gestion qui en aucune façon – dois-je souligner d’emblĂ©e – n’a portĂ© prĂ©judice ni Ă  la compagnie nationale, ni Ă  l’Etat camerounais. Loin s’en faut! J’ai jugĂ© utile et nĂ©cessaire de porter Ă  votre connaissance, sans passion, des Ă©lĂ©ments probants de comprĂ©hension de ma gestion tout en Ă©clairant les lecteurs du quotidien Emergence qui se seront probablement mĂ©pris, tout comme vous.

Dans l’article incriminĂ©, vous avez fait rĂ©fĂ©rence Ă  Yves Michel Fotso en dĂ©clarant, je vous cite : «.En apprenant donc que le plus grand mal dont souffrait la compagnie aĂ©rienne nationale n’est pas comme pourrait le croire le commun des mortels, la dette de l’Etat vis-Ă -vis de Camair-Co…il s’avère que depuis M. Yves Michel Fotso Ă  M. Jean-Paul Nana Sandjo, les cas de conflits d’intĂ©rĂŞts et de dĂ©lits d’initiĂ©s n’ont pas manquĂ© d’Ă©mailler et de plomber la gestion de la Camair-Co.»

Dans la comparaison négative ci-dessus des gestions de Cameroon Airlines et de Camair-Co, vous avez pointé le doigt sur cinq principaux aspects:

1/ La destination et l’utilisation des Ă©normes ressources versĂ©es par l’État.
De lĂ  oĂą je me trouve, je ne puis prĂ©tendre connaĂ®tre ni le montant, ni la destination des subventions prĂ©sentement versĂ©es par l’État Ă  la Camair-Co. Cependant, il ne peut y avoir de comparaison sur ce point dès lors que, de juin 2000 Ă  novembre 2003, je vous affirme que la Cameroon Airlines n’a reçu aucune subvention, alors que selon vos dĂ©clarations, la Camair-Co ne cesse d’en recevoir.

2/ La dette de l’Etat vis-Ă -vis de Camair-Co.
Comme au premier point ci-dessus, vous avez assimilĂ© ce problème de dette de l’État vis-Ă -vis de la Camair-Co Ă  celle de l’Etat vis-Ă -vis de la Cameroon Airlines sous Yves Michel Fotso, il est Ă©vident que je ne puis me prononcer ni sur l’endettement actuel de la Camair-Co ni sur sa crĂ©ance sur l’Etat Ă©tant donnĂ© que je ne sais mĂŞme pas si cette sociĂ©tĂ© dispose, depuis son dĂ©but d’exploitation en 2011 Ă  ce jour, d’une comptabilitĂ© et si ses comptes ont jamais Ă©tĂ© auditĂ©s et certifiĂ©s par un commissaire aux comptes assermentĂ©. En revanche, en ce qui concerne la Cameroon Airlines que j’ai dirigĂ©e, permettez-moi de vous dire que lorsque j’ai Ă©tĂ© nommĂ©, les comptes de mes prĂ©dĂ©cesseurs n’avaient jamais fait l’objet d’arrĂŞtĂ© et encore moins de certification par un commissaire aux comptes, laissant primer un flou sur les comptes.

Contrairement Ă  cela, en bon manager, je me suis immĂ©diatement attelĂ© avec l’approbation de mon Conseil d’administration Ă  rattraper et reconstituer les comptes des exercices 1996-1997, 1997-1998 et 1998-1999 adoptĂ©s par les rĂ©solutions n°1, n°2 et n°3 du Conseil d’administration du 7 fĂ©vrier 2001 (annexes n°2, n°3 et n°4), ceux de l’exercice 1999-2000 adoptĂ©s par la rĂ©solution n°1 du Conseil d’Administration du 26 juillet 2001(annexe n°5), ceux de l’exercice 2000-2001 adoptĂ©s par la rĂ©solution n°1 du Conseil d’Administration du 11 juillet 2002 (annexe n°6), et enfin ceux de l’exercice 2001-2002 adoptĂ©s par la rĂ©solution n°01/99 du Conseil d’Administration du 23 mai 2003 (annexe n°7), lesquels comptes ont tous Ă©tĂ© certifiĂ©s par le cabinet Price Water House Coopers dont Mr Christian Émile Bekolo actuel liquidateur de la sociĂ©tĂ© Ă©tait l’un des associĂ©s, et ces comptes faisaient donc ressortir une dette de l’Etat «client» vis-Ă -vis de la Cameroon Airlines de 22,2 milliards de FCFA au 21 aoĂ»t 2003 (annexe n°8).

A ma prise de fonction, l’endettement global de la sociĂ©tĂ© Ă©tait de FCFA 72 milliards et Ă  la date de mon dĂ©part celui-ci avait Ă©tĂ© ramenĂ© Ă  FCFA 38 milliards, alors que disposant de plus d’avions en location, l’importance des charges aurait dĂ» augmenter les pertes d’exploitation et alourdir l’endettement, mais cela n’a point Ă©tĂ© le cas grâce au fait qu’aucun des contrats signĂ©s sous ma gestion ne l’a Ă©tĂ© avec une garantie bancaire ou l’aval de l’Etat et qu’aucun des actifs de la Compagnie n’a Ă©tĂ© aliĂ©nĂ© ou hypothĂ©quĂ© durant mon mandat.

Vous comprendrez donc aisĂ©ment, en tant que secrĂ©taire de la Commission de la production et des Ă©changes de l’AssemblĂ©e nationale, qu’avec une crĂ©ance, sur le seul Etat «client», Ă©quivalente Ă  près de 40% de son chiffre d’affaires, il Ă©tait matĂ©riellement difficile de dĂ©tourner des fonds inexistants, d’autant plus que les fournisseurs et les salaires n’Ă©taient justement payĂ©s que grâce aux avances faites par les sociĂ©tĂ©s du Groupe Fotso et grâce Ă  ma caution personnelle auprès des banques et des fournisseurs (annexes n° 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23 et 24).

3/ Le manque criard d’aĂ©ronefs
Permettez-moi ici aussi de prĂ©ciser qu’il est difficile de comparer de façon objective l’exploitation de Camair-Co qui possède trois (03) avions gratuitement mis Ă  sa disposition par l’Etat propriĂ©taire et celle de la Cameroon Airlines de 2000 Ă  2003 ou l’ensemble des huit avions en exploitation Ă©taient en location ou location/vente, un Boeing 747-300, deux Boeing 767, trois Boieng 757 dont un tout cargo, un Boeing 737 et un Beechcraft 1900.

Lorsque vous découvrirez à quel point notre Compagnie nationale aura été sollicitée et utilisée à travers le monde vous pourrez constater que :

Le drapeau du Cameroun n’a jamais flottĂ© aussi haut que pendant la pĂ©riode courant de mi 2001 Ă  mi 2003.
Le Boeing 767-200, dès son entrĂ©e dans la flotte, en Juillet 2001 jusqu’en Ă©tĂ© 2003, date Ă  laquelle il a connu une panne d’un de ses moteurs, a effectuĂ© 7.463 heures de vol, transportĂ© plus de 65.000 passagers et surtout effectuĂ© pour des tiers, des vols vers des destinations aussi prestigieuses que la France, les Antilles, l’Afrique du Sud, et l’Arabie Saoudite.

Le Boeing 747-300 quant Ă  lui a, dès son entrĂ©e dans la flotte en Octobre 2001 jusqu’Ă  mon dĂ©part de la Cameroon Airlines le 03 Novembre 2003, effectuĂ© 9.738 heures de vols, transportĂ© 102.000 passagers et surtout effectuĂ© des vols sur la France avec des taux de remplissage de 75%, l’Angleterre, l’Italie, l’Uruguay, le Luxembourg, Singapour, le Japon et l’Arabie Saoudite pour des tiers.

Les deux Boeing 767-200 et Boeing 747-300 ont rĂ©gulièrement Ă©tabli des ponts aĂ©riens entre l’AmĂ©rique du Sud, le Cameroun et la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo pour le compte des Nations Unies. De mĂŞme, durant les pĂ©riodes de pèlerinage musulman, ils ont effectuĂ© des ponts aĂ©riens avec deux rotations journalières entre le Cameroun d’abord, le Nigeria, le Tchad et le BĂ©nin ensuite, pour rallier la Mecque Ă  Djedda en Arabie Saoudite. On notera avec intĂ©rĂŞt que pour le seul pèlerinage musulman de 2002, plus de 40 rotations ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es pour un convoyage en aller et retour de plus de 23 000 passagers.

Au titre des recettes, grâce Ă  l’apport de ces avions, la Cameroon Airlines a vu son chiffre d’affaires croĂ®tre de 60 milliards de FCFA en 2001 Ă  92 milliards de FCFA en 2002, soit une augmentation mĂ©morable de près de 65%. Cela n’Ă©tait jamais arrivĂ© en 30 ans d’existence de la sociĂ©tĂ© !!!

Il n’est pas inutile de prĂ©ciser Ă  votre apprĂ©ciation Honorable Oyono que c’est uniquement grâce aux recettes rĂ©ellement encaissĂ©es et aux appuis financiers des sociĂ©tĂ©s du groupe Fotso que, dès juin 2001, tous les frais opĂ©rationnels ont Ă©tĂ© progressivement rĂ©glĂ©s en vue du redĂ©marrage des activitĂ©s d’une compagnie rĂ©duite Ă  l’Ă©tat vĂ©gĂ©tatif au moment de ma nomination.

Aussi, suis-je en droit d’affirmer sans que cela puisse ĂŞtre contredit que les dĂ©cisions du Conseil d’Administration en 2001 d’augmentation de la flotte furent stratĂ©giquement judicieuses et surtout profitables pour la Cameroon Airlines et le Cameroun au moins Ă  six titres :

a)- Sur le plan des recettes financières engrangĂ©es ainsi que je l’ai dĂ©montrĂ© ci-dessus. Les pertes cumulĂ©es des quatre exercices budgĂ©taires qui ont prĂ©cĂ©dĂ© mon arrivĂ©e Ă  la Cameroon Airlines, soit les annĂ©es 1996/1997, 1997/1998, 1998/1999 et 1999/2000 s’Ă©levaient Ă  -33 954 113 000 de FCFA (-Trente trois milliards neuf cent cinquante quatre millions cent treize mille FCFA).

Pour l’exercice 2000/2001, j’ai non seulement arrĂŞtĂ© l’hĂ©morragie, mais j’ai rĂ©ussi Ă  inverser la tendance avec un rĂ©sultat bĂ©nĂ©ficiaire de +1.963.161.000 FCFA (+Un milliard neuf cent soixante trois mille cent soixante et un mille FCFA) (annexe n°6). En ce qui concerne l’exercice 2001/2002, malgrĂ© le dĂ©but d’interfĂ©rence du Cabinet APM dès la mi parcours de l’exercice, et les rĂ©ticences du Commissaire aux Comptes qui avait perdu sa neutralitĂ© de valider des comptes encore en amĂ©lioration, le rĂ©sultat nĂ©gatif a pu ĂŞtre limitĂ© Ă  -2.143.713.000 FCFA (-Deux milliards cent quarante trois millions sept cent treize mille FCFA), ce qui signifie qu’en cumulĂ© sur ces deux premiers exercices, j’ai rĂ©ussi Ă  pratiquement Ă©quilibrer l’exploitation de la sociĂ©tĂ© et cela sans tenir compte du manque Ă  gagner en frais financier liĂ© Ă  la mauvaise volontĂ© du ministère des Finances Ă  mon Ă©gard qui a trouvĂ© le moyen de cumuler jusqu’Ă  22 milliards de FCFA d’arriĂ©rĂ©s qui, pris au cours du refinancement auprès des banques de l’ordre de 15% l’an, aurait reprĂ©sentĂ© en termes de frais financier un gain annuel potentiel de 3,3 milliards de FCFA , soit 6,6 milliards sur les deux exercices et j’aurais ainsi rĂ©alisĂ© un bĂ©nĂ©fice cumulĂ© de l’ordre de 4,5 milliards de FCFA. L’exercice 2003 n’a malheureusement pas Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©, car bien Ă©videmment dès mon limogeage le 3 Novembre 2003, mon remplaçant, s’est bien gardĂ© de maintenir Ă  jour la comptabilitĂ© de la sociĂ©tĂ©, j’ai cependant reçu les fĂ©licitations du Conseil d’Administration par rĂ©solution n°04/96 du 24 janvier 2003, pour avoir ramenĂ© le dĂ©couvert bancaire de 18 milliards de FCFA Ă  moins de 7 milliards de FCFA (annexe n° 25).

b)- Sur le plan statistique du nombre de passagers transportĂ©s (important pour la valorisation de la Compagnie dans le cadre, de sa privatisation annoncĂ©e Ă  l’Ă©poque);

c)- Sur le plan de la diffusion de l’image du Cameroun qui a vu son pavillon national flotter Ă  travers les aĂ©roports de pratiquement tous les continents ;

Yves Michel Fotso

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d)- Sur le plan du prestige et de la crĂ©dibilitĂ© de la compagnie : alors qu’Ă  mon arrivĂ©e Ă  la tĂŞte de la sociĂ©tĂ© en Juin 2000, les Nations Unies, la Banque Mondiale et l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun avaient classĂ© la Cameroon Airlines sur la liste des Compagnies aĂ©riennes interdites pour les dĂ©placements de leurs agents et officiels, j’ai rĂ©ussi Ă  redorer le blason et l’image de la sociĂ©tĂ©, Ă  telle enseigne que la Compagnie fut par la suite sollicitĂ©e pour plusieurs missions des Nations-Unies. De mĂŞme fut-elle retenue pour transporter en urgence en septembre 2002, les candidates au très prestigieux concours Miss Monde d’Abuja au NigĂ©ria Ă  Londres. Je crois modestement avoir contribuĂ©, avec le concours dĂ©vouĂ© du personnel de la sociĂ©tĂ©, Ă  amĂ©liorer la perception de l’image de la Compagnie, tant par ses partenaires, fournisseurs que par ses clients (lettre du PrĂ©sident Directeur GĂ©nĂ©ral d’AIR France annexe n°26) que par sa tutelle technique (lettre de l’ancien Ministre des Transports Monsieur TSANGA ABANDA annexe n°27).

e)- Sur le plan social avec le paiement rĂ©gulier des salaires des agents et leur valorisation professionnelle (il est important de souligner que le personnel de la Cameroon Airlines n’a jamais dĂ©clenchĂ© de mouvement de grève durant mes quarante mois de direction). Ce qui n’Ă©tait pas le cas avant mon arrivĂ©e ; ce qui ne sera plus le cas quelque temps après mon dĂ©part ;

f)- Sur le plan enfin de la gestion et de la bonne gouvernance d’entreprise: lorsque j’arrive Ă  la tĂŞte de la Cameroon Airlines, celle-ci est dĂ©pourvue de comptabilitĂ© depuis près de cinq (5) ans sans que cela n’Ă©meuve personne ; et surtout pas Monsieur Emile BEKOLO, l’actuel liquidateur qui Ă©tait pourtant l’un des deux associĂ©s du Cabinet Price Waterhouse Coopers en charge du commissariat aux Comptes de la sociĂ©tĂ©.

C’est donc de ma seule initiative et du fait de mon souci de clartĂ© des comptes et de transparence dans la gestion que les comptes sont arrĂŞtĂ©s et soumis Ă  certification.

4/ Il s’avère que depuis Yves Michel Fotso Ă  Jean-Paul Nana Sandjo, les cas de conflits d’intĂ©rĂŞts et de dĂ©lits d’initiĂ©s n’ont pas manquĂ© d’Ă©mailler et de plomber la gestion de la Camair-Co.

Honorable Martin Oyono, comme je l’ai dit plus haut, vous ĂŞtes dĂ©sormais qualifiĂ© d’Ă©lu dont la moralitĂ© et l’honnĂŞtetĂ© intellectuelle ne souffrent d’aucune contestation, c’est la raison pour laquelle je ne puis ici parler de diffamation, je suis persuadĂ© que vos informateurs vous ont simplement induit en erreur, car, je vous le dĂ©clare haut et fort, je mets quiconque au dĂ©fit d’apporter la preuve que j’ai Ă  un quelconque moment de ma pĂ©riode de gestion de la Cameroon Airlines profitĂ© du moindre avantage ou bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un quelconque privilège par ma fonction, bien au contraire, comme vous pourrez le dĂ©couvrir Ă  la lecture de la rĂ©clamation de mes droits lĂ©gaux Ă  ce jour non payĂ©s (annexe n°28) et du PV de mon audition par le Service central de recherches judiciaires de la gendarmerie nationale en date du 05 fĂ©vrier 2014 sur instruction du procureur gĂ©nĂ©ral du TCS, c’est plutĂ´t moi qui ai subi des pertes financières pour avoir gĂ©rĂ© avec trop d’engouement et de passion la Cameroon Airlines (annexe n°29).

En fait, si ma gestion de la Cameroon Airlines n’avait pas Ă©tĂ© exemplaire compte tenu du manque de moyens mis Ă  ma disposition, aucun observateur averti du fonctionnement de la sociĂ©tĂ© de 2000 Ă  2003 et connaissant les relations conflictuelles (dans l’intĂ©rĂŞt exclusif de la sociĂ©tĂ© dont j’avais la responsabilitĂ©) que j’ai entretenues avec le ministre de tutelle de la Cameroon Airlines, le ministre des transport de l’Ă©poque, Monsieur Joseph Tsanga Abanda et sur une certaine pĂ©riode avec Air France, ne pourrait contester l’intensitĂ© du message reçu d’une part de l’ancien ministre et je le cite:

<> (Annexe n°27)

Et d’autre part du prĂ©sident directeur gĂ©nĂ©ral d’Air France, Monsieur Jean-Cyrill Spinetta, Ă  la date de mon dĂ©part de la direction de la compagnie dont voici la teneur :

«Cher Yves Michel
C’est avec regret que j’apprends votre dĂ©part de la Direction de Cameroon Airlines. Nous sommes dans une industrie Ă  l’Ă©conomie fragile oĂą les marges de man uvre sont Ă©troites. Dans les cas de grande difficultĂ©s la cohĂ©sion de tous les acteurs est indispensable et le passĂ© rĂ©cent d’Air France en tĂ©moigne, le concours des actionnaires de rĂ©fĂ©rence est dĂ©terminant. Vous savez que l’appui d’Air France ne vous a pas fait dĂ©faut.

Je reste convaincu que l’intĂ©rĂŞt de nos deux pays est d’avoir chacun une compagnie nationale forte. C’est en ce sens que nous Ă©tions convenus de dĂ©velopper un accord de partenariat Ă  long terme. Je tiens Ă  vous remercier pour les efforts que vous avez dĂ©ployĂ©s pour rapprocher nos deux compagnies. Je ne doute pas que cette impulsion sera reprise et poursuivie par la nouvelle direction gĂ©nĂ©rale.

Soyez enfin assurĂ© que je garde un excellent souvenir de la dĂ©termination et de l’enthousiasme dont vous avez fait preuve Ă  la tĂŞte de Cameroon Airlines. L’avenir dira peut-ĂŞtre que vous avez eu raison trop tĂ´t.

Je vous prie de croire Ă  l’assurance de mes sentiments les plus amicaux. Bien Ă  vous».

VoilĂ  deux tĂ©moignages, parlants, si vous voulez, qui en disent long, sur la perception de ce que j’ai rĂ©ussi Ă  rĂ©aliser Ă  la Cameroon Airlines. Ce n’est donc pas un vague sentiment du devoir accompli que j’Ă©prouve, mais une rĂ©elle et lĂ©gitime satisfaction pour ces fĂ©licitations venant de deux personnalitĂ©s qui n’avaient aucun intĂ©rĂŞt Ă  me gratifier ainsi de leurs encourageantes et perspicaces apprĂ©ciations.

Pensez donc : l’une de ces personnalitĂ©s n’est autre que l’ancien ministre camerounais des Transports dont l’estime qu’il avait de moi vient notamment du fait qu’Ă  plusieurs reprises, j’ai eu Ă  refuser de m’exĂ©cuter par rapport Ă  des instructions venant d’en haut et mĂŞme les siennes, que je considĂ©rais contraires aux intĂ©rĂŞts de la Cameroon Airlines que je dirigeais (billets d’avion gratuits ou prise en charge des dĂ©penses personnelles, etc.) La seconde personnalitĂ©, est l’ancien patron français d’une des premières compagnies aĂ©riennes du monde dont j’ai pourtant, Ă©tĂ© contraint, dans la bataille commerciale fĂ©roce entre nos entreprises, de faire bloquer Ă  Douala un des avions Air-Bus A-340 pendant trois jours, en pleine pĂ©riode des fĂŞtes de fin d’annĂ©e 2001. Pour en arriver Ă  une telle dĂ©cision, j’avais privilĂ©giĂ© les intĂ©rĂŞts de la sociĂ©tĂ© que je dirigeais aux dĂ©triments de mes relations personnelles avec la France.

Comme le patron d’Air France, tous les agents intellectuellement honnĂŞtes et objectifs de la Cameroon Airlines continuent, selon les informations qui me parviennent, Ă  reconnaĂ®tre que j’ai Ă©tĂ© l’un des meilleurs gestionnaires, sinon le meilleur et de loin, que la compagnie a eu Ă  sa tĂŞte. Les chiffres parlent d’eux-mĂŞmes. Comme le prouve, tout aussi amplement, l’Ă©volution rĂ©gulière des carrières du personnel suivant son cours normal indĂ©pendamment des Ă©lans de sĂ©grĂ©gation tribales si courantes dans les sociĂ©tĂ©s d’Etat.

Curieusement, sur le volet de la gestion et de la bonne gouvernance dans l’entreprise, tous les pourfendeurs se gardent bien de mentionner que les multiples forces centrifuges et centripètes, liguĂ©es contre ma personne aujourd’hui, ne se servent que des mesures de transparence rĂ©-instituĂ©es Ă  la Cameroon Airlines durant mon administration pour m’accuser, alors que j’ai remĂ©diĂ© Ă  l’absence de baromètre de gestion indispensable pour un management moderne: au lieu d’en ĂŞtre fĂ©licitĂ©, voilĂ  que cela se retourne contre moi.

Aucun de mes prĂ©dĂ©cesseurs, ni mon remplaçant, parmi les tous-derniers dont le savoir-faire et le grand art de la bonne gestion ont prĂ©cipitĂ© la Cameroon Airlines dans le coma, n’a eu droit au traitement odieux qui m’est rĂ©servĂ©.

5/ « .les managements successifs ayant eux-mĂŞmes poussĂ© l’audace comme pour le cas de Yves Michel Fotso d’après nos informations Ă  crĂ©er des structures qui allaient devenir des prestataires de l’entreprise qu’il Ă©tait censĂ© gĂ©rer avec neutralitĂ© et intĂ©gritĂ©. ».
Vous conviendrez certainement avec moi, Honorable Oyono après les Ă©lĂ©ments de preuves ci-dessus, de ma gestion en bon père de famille de la Cameroon Airlines; que cette allĂ©gation de structures que j’aurais crĂ©Ă©es pour qu’elles deviennent prestataires de la Cameroon Airlines que je gĂ©rais est fallacieuse.

En effet en quarante (40) mois Ă  la tĂŞte de la Cameroon Airlines, sur les neuf (09) points de la plainte avec constitution de partie civile de M. Bekolo liquidateur de la Camair (annexe n°31) je n’ai eu Ă  signer l’ordre de paiement que d’une seule facture, celle de Aircraft Incident Recovery le 6 avril 2001 (annexe n°32) et cela sur instruction prĂ©alable et Ă©crite du Ministre des Transports (annexe n°33).

Comment est-il donc possible, que Yves Michel Fotso qui n’a jamais ni signĂ©, ni ordonnĂ© le paiement des huit autres documents de la plainte, soit alors seul accusĂ© dans cette prĂ©sumĂ©e affaire de dĂ©tournement ?

Comment, si rĂ©ellement dĂ©tournement il y a eu, Yves Michel Fotso aurait-il pu avoir dĂ©tournĂ© seul sans aucun complice plus de 69 milliards FCFA ? Comment Ă©tait-il possible que le commissaire aux comptes, aujourd’hui liquidateur, ne se soit pas rendu compte du dĂ©tournement d’une somme aussi colossale avant de certifier les comptes de sa gestion ?

Comment moi, Yves Michel Fotso, seul parmi près de 1.300 agents, j’aurai pu tromper tout le monde, le Conseil d’administration, le personnel et le commissaire aux comptes, et dĂ©tourner plus de 100% du chiffre d’affaires de l’exercice 2000-2001 de la Cameroon Airlines et que ce ne soit que dix ans après que l’ancien commissaire aux comptes devenu liquidateur s’en aperçoive?

En fait la vraie question qu’il faudrait poser et se poser est celle de savoir si la Cameroon Airlines aurait rĂ©ellement pu disposer entre 2000 et 2003 d’un pactole de 70 milliards de FCFA!

A l’heure du bilan et face Ă  l’acharnement judiciaire dont je suis l’objet, grand est mon souhait que soit esquissĂ©e par des personnes indĂ©pendantes, une comparaison de la gestion de la Cameroon Airlines avant, pendant et après mon passage.

Seule une telle comparaison permettrait en effet à tous de se faire une idée précise de mes performances, et du caractère désintéressé de la gestion qui aura été la mienne.

Honorable Oyono Martin, j’espère ici avoir pu vous apporter les Ă©lĂ©ments d’apprĂ©ciation de ce qu’a Ă©tĂ© ma gestion en tant que Administrateur Directeur GĂ©nĂ©ral de la Cameroon Airlines de juin 2000 Ă  novembre 2003.

Parfaite considération


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