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Ma réplique au Laakam

Par Paul-Joel Kamtchang

Messieurs les signataires (Pr Luc Sindjoun Pokam et M. Shanda Tomne) de la sortie épistolaire de LAAKAM du 17 juin 2013, je suis au regret de vous annoncer, toute ma déception au regard du contenu de votre déclaration. Je doute que les objectifs au premier degré de cette note, soient de nature à faire fléchir l’opinion nationale et internationale que vous tenez à témoin. Moi, digne fils de l’Ouest, honnête citoyen camerounais et respectable habitant du monde, vous interpelle sur la nature superficielle et complaisante de vos propos, d’autant plus que vous agissez au nom d’une communauté, à laquelle j’appartiens fièrement et dignement. Il est incompréhensible pour moi, que rendu à ce moment très critique de notre histoire, vous soyez encore à postuler pour que «Paul Biya est suffisamment sage et avisé pour prendre tout seul une décision d’une telle importance». Trente ans n’ont-ils pas suffit pour qu’on en arrive là ? vingt millions de Camerounais devront-ils éternellement se remettre à la magnanimité d’un régime qui s’est toujours trompé sur tout ? Si vous voulez mon avis, non et non, au grand jamais non !

En revanche, je reste pantois quant à l’orientation de vos propos et la politesse que vous convoquez si adroitement. De toutes les façons, que ce soit Jean Kuété qui en son temps dit-on, représentait l’Ouest ou le nouveau président du Sénat, personne n’a le profil de cet emploi ô combien délicat. D’ailleurs, personne des deux n’a jamais eu la stature sociologique de nature à rallier tout l’Ouest à sa propre cause. Comme eux, Sohaing André et Fotso Victor qui roulent tous pour le Rdpc dans le Koung-Khi qui est mon département d’origine, n’ont jamais été au chevet du plus pauvre habitant de Bayangam (mon village natal) ou de Bandjoun et les groupements qui constituent cette unité administrative. Ces personnalités, loin d’être au service du peuple, ont contribué à confisquer la démocratie et à aliéner notre culture. A travers eux, M. Biya Paul, prouve aux plus sceptiques que le bas peuple Camerounais en général et celui de l’Ouest en particulier ne fait pas partie de ses préoccupations majeures. Sur ces entrefaites, pour moi, il est venu l’heure plus que jamais de dire à M. Biya Paul, ci-devant chef de l’Etat du Cameroun ce que pense réellement l’Ouest de son magistère. Vous qui avez choisi d’être au devant de la scène, devraient être à la hauteur de porter tout haut ce que ne disent pas Niat Njifenji, Sohaing André, Fotso Victor, Jean Kuété, Madeleine Tchuenté, Jean-Claude Bouentchou, Maurice Tchuenté, Bernard Momo, Kontchou Kouemegni pour ne citer que ceux-ci. Faites demander à Niat, combien de jour sur sept, Bazou, l’un des arrondissements du Ndé a l’énergie électrique. Autant le dire, l’Ouest à longtemps souffert de ses positions, même les plus légitimes et les plus logiques. Il est inadmissible qu’en parlant des résultats d’un régime, 30 ans après, que les affidés n’aient que la liberté d’expression à brandir. Pourtant, c’est un secret de polichinelle que de dire que c’était après le discours de la Baule, la condition sine qua non, non seulement pour espérer rester au pouvoir, mais être l’ami du néo-colon.

N’étant pas tenu par une légitimité quelconque de parler au nom d’une éventuelle masse, je reste persuadé que c’est ce que pensent les jeunes camerounais opprimés et déçus de ma génération disséminés à travers le monde. Et c’est pourquoi, je vais le réitérer, comme je l’ai dit, il y a peu, que tous les Bamiléké pour peu que Marcel Niat Njifenji soit installé au perchoir du sénat appelle Paul Biya à se représenter en 2018, le font en leurs noms et ceux de leurs progénitures et non au nom de toute la communauté. Moi particulièrement, ne me situant pas dans ce sillage, je n’ai jamais appelé Paul Biya à se représenter à cette date. Je constate pour le déplorer, qu’ils ont la mémoire suffisamment courte et pour cela, ne devraient pas parler ou signer des documents de plaisance au nom d’une région qu’ils trahissent manifestement de ce fait. Je constate enfin, que certains fils de l’Ouest veulent entraîner sur des mauvais sentiers politiques et pouvoiristes, ceux qui ne demandent qu’à avoir de l’électricité en permanence, de l’eau potable ou d’accéder aux soins de santé de qualité sans être arnaqué par le personnel médical, d’avoir de bonnes routes, d’envoyer aussi sans risque de corruption, leurs enfants dans les grandes écoles avec intégration directe à la fonction publique, que leurs progénitures soient aussi recruté dans les grandes « boites » qui constituent le fleuron de notre économie. Ceci étant dit, si je ne m’abuse, relève bel et bien des préoccupations de base du pouvoir régalien de l’Etat. Ils ne devraient pas être tentés de suivre ce fameux « appel du peuple » fantôme devenu une stratégie d’interlope, de distraction et de perpétuation d’un pouvoir usé. Demander à contrario à avoir droit au minimum vital sans condition.


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