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Madagascar : plus de 100 morts dans les émeutes

C’est le bilan jusqu’à ce jour de la crise qui secoue le pays

Des milliers de personnes ont de nouveau manifesté hier à Antananarivo. Pas d’émeute cette fois, mais un climat lourd. Le jeune maire de la capitale, Andry Rajoelina agé de 34 ans, a de nouveau appelé à renverser le Président Marc Ravalomanana, accusé de corruption et d’autoritarisme. De nombreux habitants d’Antananarivo dénoncent « une absence coupable des forces de l’ordre ». Quarante-trois corps, souvent calcinés, ont été apportés dans les morgues de la capitale. Un journaliste de L’Express avance le bilan de 102 tués, en recollant les données recueillies auprès de sources officielles. La plupart sont mortes écrasées sous des sacs de riz ou brûlées vives dans les magasins saccagés
Le chef de l’État durcit le ton, il n’invite plus son rival au dialogue. Il accuse le clan de Didier Rastiraka, le dictateur chassé du pouvoir en 2002 d’être « l’initiateur des troubles ». Marc Ravalomanana tente surtout de se justifier après les 36 heures de chaos, où il est resté invisible lundi et mardi « C’est moi qui ai donné l’ordre aux militaires de ne pas intervenir, sinon cela aurait été un bain de sang », a déclaré le président contesté. Mettant à profit l’émeute, des pilleurs avaient incendié des supermarchés. Au moment où le bilan s’alourdit, la capitale malgache a connu hier un nouveau rassemblement, apparemment pacifique. Quelque 10 000 personnes se sont réunies à l’appel du maire de la capitale, Andry Rajoelina, opposant avéré au chef de l’Etat Marc Ravalomanana. Le chef de l’Etat visitait alors les locaux de la radio nationale, incendiés par des émeutiers lundi, le jour où la première manifestation de grande ampleur contre le président a basculé dans le chaos.
Un jeune manifestant a pourtant été tué par balle. Les partisans du maire veulent savoir qui a donné l’ordre et demandent sa condamnation aux travaux forcés. Dans l’attente d’une réponse du président, ils veulent faire de la capitale une ville morte où tout sera fermé : écoles, bureaux et magasins. Samedi, les opposants au chef de l’Etat « seront encore dans la rue »promettent-ils. Hier, Bernard Kouchner s’est entretenu avec les deux personnalités antagonistes de l’île pour trouver une solution pacifique et durable à la crise. Le chef de la diplomtie française appelle les deux élus au dialogue, mais précise que la France restera impartiale , malgré la présence de ressortissants dont la moitié a la double nationalité.
Mahamasina était en ébullition, hier. Tout part d’un Un match de foot qui, a dégénéré en émeute généralisée. Le bilan pour cette soirée était lourd : cinq membres des forces de l’ordre et trois civils blessés, une voiture incendiée et une dizaine d’autres ont subi des dommages – pare-brise et lunettes arrières brisés. En outre, 16 personnes ont été arrêtées. Le stade de Mahamasina a été endommagé, les grilles de protection ont été arrachées, les montants des buts couchés par terre. Les vitres du box des journalistes ont volé en éclats. Sans parler des volées de chaises à la tribune centrale. La rencontre entre l’AJESAIA et la Costa do Sol n’a pas eu lieu. Et les mécontentements des férus de la balle ronde ont monté de plusieurs crans


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