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Maladie du sommeil: Le Cameroun reprend la lutte

Le développement de la résistance à certains antigènes fait craindre la résurgence à une grande échelle de la maladie

L’installation le lundi 04 mai dernier du Dr Louis Banipé, vétérinaire, ouvre un nouvel épisode dans le combat contre la trypanosomiase au Cameroun. La trypanosomiase est une affection parasitaire grave provoquée par les trypanosomes encore appelés mouche tsé-tsé. Depuis 1994, la mission spéciale d’éradication des glossines a connu un temps d’arrêt. Avec la suspension de l’aide de l’Etat, la lutte contre la mouche tsé-tsé avait de la peine à se déployer sur le terrain, les partenaires au développement ayant suspendu les financements. Tout aura recommencé par l’organisation des premières journées nationales de lutte contre la mouche tsé-tsé à Ngaoundéré. Les travaux ont réuni ce début du mois de mai des experts venus des pays de la Communauté des Etats de l’Afrique centrale. On y a retrouvé impliqués divers départements ministériels (Minepia, Minsanté, Minrési, etc.), des organisations sous-régionales, régionales et internationales et des représentants de grandes firmes pharmaceutiques internationales.

Selon le journal Le Messager qui rapporte l’information, le chef de mission aurait déclaré que bien que la lutte ait été lancée depuis de nombreuses années les résultats n’ont pas été atteints à 10%. En plus, d’importantes difficultés seraient apparues aux rangs des quels la résistance des trypanosomes à certains trypanocides, la résistance des glossines à certains insecticides, l’envahissement des marchés à bétail par des produits de mauvaise qualité. Louis Banipé cite également l’usage incontrôlé des trypanocides, le manque de protection adéquat du personnel manipulant les produits, le niveau très faible de qualification des personnels affectés à la lutte et l’obsolescence de la plupart des données sur les trypanosomiases et leurs vecteurs. Ces problèmes et bien d’autres auront été au programme des assises de Ngaoundéré.
En installant le nouveau chef de mission, le gouverneur de l’Adamaoua (représentant du ministre de l’Elevage, des pêches et des industries animales) a insisté sur le fait que la lutte contre la crise alimentaire au Cameroun passe également par un élevage sain. Il a ainsi dans son discours fait étalage des missions du responsable nouvellement installé et certains collaborateurs ont eu des médailles. Beaucoup d’analystes s’accordent cependant à dire que le véritable obstacle à l’éradication du fléau tient plus du caractère inapproprié des compétences. En règle générale, les soutiens financiers se trouvent aspirés dans des gouffres sans limites et sans issues. Pourtant, dans certains pays d’Afrique aussi atteints les volontés politiques ont eu raison de la menace.

Dans la petite contrée de Zanzibar, des scientifiques ont commencé par élever des millions de mouches en captivité. Les mâles ont ensuite été séparés et se sont vus administrer de faibles doses de radiation afin de les rendre stériles. Relâchés dans la nature, ils se sont accouplés. Les femelles ont cru avoir été fécondées mais n’ont en réalité jamais pu se reproduire. Les mouches tsé-tsé ont ainsi tout simplement disparu. Le Cameroun devait peut être s’en inspirer, car une aggravation de la situation serait grave pour les acteurs de la filière bovin, et donc d’un secteur important de l’économie. Les vaches contaminées qui son en état de portée, avortent bien souvent avant de mettre bas; les b ufs deviennent stériles.

Mouche tsé-tsé
www.futura-sciences.com)/n
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