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Mali: Le meeting du Haut conseil islamique a réuni plus de 50 000 musulmans

Ils ont répondu à l’appel dimanche 12 aout 2012 en remplissant le stade pour un meeting géant en faveur de la paix et de l’unité au Mali

C’est dans une atmosphère de recueillement que les musulmans du Mali ont prié dimanche 12 août pour la stabilité, l’unité et la reconquête des territoires occupés. C’était lors d’un meeting géant à l’initiative du Haut conseil islamique du Mali. Pour la circonstance, les prêcheurs les plus respectés au Mali étaient présents à cette plèbe. Il s’agit notamment de l’Imam Mahmoud Dicko, président du haut conseil islamique (HCI) et interlocuteur privilégié des islamistes au nord, de Chérif Ousmane Madani Haïdara du mouvement Ançardine à ne pas confondre avec le groupe djihadiste Ansar Dine, du Chérif de Nioro communément appelé Boué Haidara, des prêcheurs soufis et autres leaders religieux maliens.

Mobilisation géante
Le pari de mobilisation a été une fois de plus été remporté par le Haut conseil Islamique, après les deux premières rencontres organisées en 2009 et 2011. On se souviendra particulièrement de l’épisode du code de la famille, qui avait réuni plus de 50 000 personnes au Stade du 26 Mars en protestation au vote du nouveau code. Cette fois, l’objectif était différent: loin de rejeter un texte qui heurtait la sensibilité des musulmans radicaux, les musulmans, chapelets en main, se sont réunis ce 12 Août, pour appeler à l’unité du Mali, dont les 2/3 du territoire, rappelons le, sont occupés par les groupes armés avec la charia pour loi. Invocations d’Allah et applaudissements ont alors ponctué les interventions des représentants religieux, mais aussi des personnalités politiques qui ont fait le déplacement: le Premier ministre Cheick Modibo Diarra, Ibrahim Boubacar Keita (RPM), Mountaga Tall de la Coalition pour sauver le Mali, Iba Ndiaye(ADEMA), Oumar Mariko (SADI) etc.

Se pardonner
L’honneur est revenu au prêcheur Chérif Ousmane Madani Haïdara, de souhaiter la bienvenue aux spectateurs au nom du HCI, avant d’implorer le pardon d’Allah pour le Mali. «Chacun de nous a subi et a fait subir à son prochain. Je demande à toutes et à tous, d’oublier les rancunes pour se pardonner et se donner la main afin de reconstruire le Mali». Ces propos du prêcheur dont la réputation dépasse les frontières du Mali, visait à adoucir les esprits enclins à la division depuis le coup d’état du 22 mars. Avant ce meeting, des séances de prières et de dons à l’endroit des victimes des régions occupées du nord Mali ont eu lieu à Bamako: «Depuis le début de la crise, les imams de Bamako uvrent pour la stabilité et la paix dans notre pays», a déclaré Aboubacar Camara, représentant des imams de la capitale, avant d’inviter les Maliens à faire des prières pour le Mali.

Pour le maintien des autorités de transition et l’arrêt des violences au nord
«Je ne serai pas le vice président du conseil de la transition», a déclaré Mahmoud Dicko sans ambages, lors de son intervention. J’entends tout ce que les gens disent sur le Haut conseil islamique. Certains prétendent même que Dicko veut s’emparer du pouvoir. Moi, je ne serais pas le Président de la République, à plus force raison vice-président. La présidence du Haut conseil islamique que Dieu m’a offert me suffit. Notre charia est le pardon et la tolérance», a précisé celui qui s’est rendu en tournée à Gao et a rencontré Iyad Ag Ghaly, leader du mouvement Ansar Dine. Une démarche qui a valu à Dicko des critiques sur ses velléités à faire partie du jeu politique. L’imam s’en défend et affirme que son institution est favorable au maintien du président de la transition, le Pr Dioncouda Traoré et son premier ministre Cheick Modibo Diarra. Même son de cloche chez les familles fondatrices de Bamako à travers leur porte-parole, El Hadji Modibo Niaré, favorables également à une concertation nationale pour un retour rapide à la stabilité institutionnelle.

Pour conclure, le Haut conseil islamique a demandé l’arrêt des violences faites aux ressortissants du nord. Il a par ailleurs demandé aux partis politiques et aux organisations de la société civile de privilégier l’intérêt national et l’organisation d’une concertation nationale avec toutes les forces vives de la nation. Le sage de Nioro n’a pas voulu s’exprimer mais il a dirigé la prière collective qui a mis fin au meeting.

Près de 50 000 musulmans ont empli le stade
journaldumali.com)/n


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