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Mali: L’Europe participera-t-elle à l’intervention militaire?

La question sera débattue ce 15 novembre dans la capitale française, au cours d’une rencontre entre les chefs de la Diplomatie et de la Défense

Alors que les troupes africaines affinent les derniers détails, à Paris se prépare une réunion qui doit réunir dix ministres, Affaires étrangères et Défense, de cinq pays européens – France, Allemagne, Pologne, Italie, Espagne. Cette rencontre a lieu dans la foulée du sommet africain d’Abuja qui a proposé d’envoyer pendant un an une force combattante de 3.300 soldats africains au Mali pour reconquérir le nord du pays, aux mains de groupes islamistes armés. Cette décision a été entérinée ce mardi par l’Union Africaine. Les chefs de la diplomatie française et allemande, Laurent Fabius et Guido Westerwelle, avaient appelé le 10 novembre dernier l`UE à soutenir le déploiement d’une force internationale au Mali face à « l’urgence de la situation ». En réponse à leur requête, un Conseil des ministres des Affaires étrangères doit se réunir le 19 novembre prochain à Bruxelles, au cours duquel il sera question de la Mission européenne d’entraînement des forces africaines au Mali (EUTM-Mali). Cette dernière est prévue pour compter entre 200 et 400 militaires européens, et être opérationnelle dès janvier, selon des sources françaises. Et « si l’Europe parvient par cette opération militaire au Mali à renforcer les capacités africaines de reconquête du Nord Mali, ce sera une réalisation concrète de l’Europe de la Défense », souligne un conseiller de M. Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense . Il s’agira d’une « vraie opération militaire », affirme-t-on au Quai d’Orsay, même si ce sera une mission « non-combattante ». « Les Européens ne vont pas au conflit, ne vont pas tirer, même s’ils sont peut-être amenés à devoir se défendre. Mais on est bien sur une optique militaire avec des gens qui seront armés, sur un territoire étranger pour stabiliser et reconquérir le nord d’un pays », dit encore ce conseiller.

Il ne manque plus que l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU pour que se concrétise l’intervention militaire tant attendue. La décision devrait être officialisée fin novembre ou début décembre. Les pays de l’Afrique de l’Ouest ont insisté ce mardi sur le fait que l’armée malienne et les pays de la zone étaient « prêts » pour cette opération. « Lorsque l’Onu donnera son feu vert, le déploiement pourra commencer immédiatement », a affirmé Kadré Désiré Ouedraogo, président de la Commission de la Cédéao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest). En dépit du volontarisme affiché, de nombreuses questions subsistent sur les délais nécessaires à la mise sur pied de la force, sur sa composition, et sur le consensus réel des pays de la zone concernant la nécessité d’une intervention armée au Mali. Puissance régionale incontournable mais réticente à une intervention internationale à ses portes, l’Algérie a indiqué mardi soir qu’elle prendrait « les mesures appropriées » pour assurer la défense de ses intérêts et la protection « maximale » de ses frontières qui seront fermées en cas d’intervention. François Hollande, lors de sa conférence de presse le 13 novembre à Paris, a déclaré que son pays n’interviendra « en aucun cas elle-même » au Mali, rappelant que la France s’était engagée à « soutenir logistiquement » les pays africains pour mettre un terme à l’occupation du nord du Mali par des « groupes terroristes ».

L’Europe participera-t-elle à l’intervention militaire au Mali?
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