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Mali: Un second tour est-il possible?

Au moment où le Mali tout entier retient son souffle, une inquiétude est palpable quant à la proclamation définitive du résultat du premier tour

En effet, les résultats définitifs du premier devront être proclamés 5 jours après le vote mais sont attendus ce vendredi. La déclaration du ministre, mardi après midi, donnant IBK largement en tête, n’a pas manqué de faire son effet. Si beaucoup l’ont jugé prématuré, inutile, elle a en tout cas agité le landernau politique. Il y a ceux qui contestent et promettent un second tour et ceux qui félicitent déjà Ibrahim Boubacar Keita. Pourtant, le comptage des bulletins de vote n’est toujours pas achevé. Tous les PV n’ont pas été acheminés à la commission de centralisation des résultats à l’Administration territoriale. Les mandataires de deux candidats avaient affirmé qu’ils n’en étaient qu’à 12% au lieu de 33% des dépouillements après la déclaration du ministre. Par ailleurs, tous les PV seront-ils pris en compte ? Un observateur de l’UE, nous confie en sourdine que certains PV risquent même d’être annulés pour accélérer le comptage.

Contestation
La jeunesse URD, réunie en meeting mercredi au Palais de la Culture, promet de contester et clame haut et fort qu’un second tour aura lieu; Que va t-il se passer si la victoire d’IBK est confirmée ce vendredi dès le premier tour ? Il faut signaler d’un déploiement de la Minusma opère dans les rues de Bamako et avait sécurisé la proclamation provisoire du Colonel Coulibaly Mardi. Les manifestations de joie avaient ensuite éclaté dans Bamako tout comme dimanche soir, lorsque Radio Klédu, pris à parti par le FDR, a égrené les résultats bruts bureau de vote par bureau de vote le 28 juillet. Et du côté de l’Adema, on affirme encore avec certitude qu’un second tour est inévitable. On avance aussi que l’écart se resserre entre les deux challengers, donnant près de 45% des voix à IBK, contre 19,6% à Soumaila Cissé, et 11,34% pour Dramane Dembélé sur 25% du dépouillement, ce qui laisse entrevoir l’éventualité d’un second tour.

Bataille juridique?
En cas de victoire d’IBK au premier tour, explique l’avocat Maître Konaté, l’administration territoriale transmet sans délai les résultats à la Cour constitutionnelle qui proclamera. Elle valide ainsi le résultat après avoir exercé son contrôle sur l’ensemble des pièces annexées et procès verbaux transmis par l’administration territoriale et la CENI. En cas de contentieux, les candidats auront 48h pour saisir la Cour constitutionnelle. Mais précise, Maître Konaté, la Cour ne peut se baser sur des supputations. L’opposition malienne avait très peu délégués dans les bureaux de vote. Au niveau de l’URD, le postulat de départ n’est pas bon lorsque le candidat affirme qu’il ne peut y avoir 90% des voix pour un seul candidat et 10% pour le reste dans un bureau de vote. « Ce qu’il faut savoir c’est que l’électorat de 2002 n’est plus le même que celui de 2013 », précise Maître Konaté. Lorsque le résultat de l’élection est validé par la Cour constitutionnelle, il est définitif et il y a dès lors très peu de possibilités de contestation. Pour Mamadou Diamoutani, président de la CENI, interrogé par RFI, les choses sont claires : « Nous avons un système de calcul du décompte des voix. Je pense que cela pourra servir, lorsqu’il s’agira de faire un contentieux » ». D’un autre côté, les observateurs sont tous unanimes sur la transparence du scrutin. Pierre Buyoya, le représentant spécial de l’Union Africaine à Bamako et qui a validé le bilan des observateurs de l’UA précise que cela ne doit pas empêcher les candidats de faire un recours, en cas de contestation des résultats.


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