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Cameroun : la malnutrition toujours présente dans la région de l’Extrême Nord

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Le phénomène touche principalement les enfants, et aurait atteint des proportions alarmantes. Les experts de la santé lancent l’alerte.

La malnutrition infantile constitue l’un des problèmes de santĂ© les plus prĂ©occupants dans la rĂ©gion de l’ExtrĂŞme- Nord. L’information a Ă©tĂ© relevĂ©e par les experts et professionnels de santĂ© de la rĂ©gion. C’était au cours d’une visite guidĂ©e organisĂ©e par l’Unicef, auprès des centres de santĂ© et des centres de nutrition soutenus par l’organisation Ă  Maroua.

Les experts de l’Unicef affirment que la rĂ©gion de l’ExtrĂŞme-Nord a Ă©tĂ© placĂ©e sur la liste rouge, en raison du nombre Ă©levĂ© des cas concernĂ©s. En effet, selon les statistiques de l’organisation onusienne, 27 507 enfants de cette rĂ©gion, souffrant de malnutrition aiguĂ« sĂ©vère ont Ă©tĂ© admis dans 517 Ă©tablissements de santĂ© soutenus par l’Unicef entre juin 2016 et avril 2017. Ce chiffre correspond aux Âľ des 37 114 enregistrĂ©s dans les trois rĂ©gions du Grand Nord du Cameroun.

Danbe Flaubert, point focal rĂ©gional en charge de la nutrition Ă  Maroua, affirme que les causes de cette situation rĂ©sident dans l’ignorance et la pauvretĂ©. « Les femmes ignorent ce qu’elles doivent manger pour rester en bonne santĂ©, elles et leurs bĂ©bĂ©s« . Il ajoute que la majoritĂ© des femmes ignorent mĂŞme que l’allaitement maternel est la meilleure forme de nutrition infantile.

Pour le Dr Bissemou, autre expert de santĂ© dans la rĂ©gion, le climat rigoureux, avec une courte saison des pluies (cela a un impact sur l’agriculture), crĂ©e un environnement propice Ă  la pauvretĂ©. Un point de vue confirmĂ© Hadidja, une mère de jumeaux âgĂ©e de 19 ans, recueillis au centre de nutrition thĂ©rapeutique de Mokolo. Elle explique que la longue saison sèche dans la rĂ©gion rend les rĂ©serves alimentaires plus rares et plus chères. « Parfois, nous passons un mois sans lĂ©gumes », ajoute-t-elle. Le rĂ©sultat est la malnutrition endĂ©mique soutenue par la consommation gĂ©nĂ©ralisĂ©e de rĂ©gimes pauvres en vitamines, minĂ©raux et fournisseurs d’Ă©nergie.


Sur le terrain, les experts rappellent aux femmes que l’allaitement maternel reste le meilleur aliment pour les plus petits. Pour Tambasho Azizu, médecin de district de Mokolo, il devrait être l’aliment exclusif des nourrissons de 0 à 6 mois, car il aide à réduire la mortalité liée aux diarrhées et aux effets respiratoires.

Les professionnels de santĂ© ont profitĂ© de cette occasion pour saluer les efforts faits par l’Unicef, qui fournit du lait thĂ©rapeutique et des mĂ©dicaments essentiels aux enfants affectĂ©s par la malnutrition aiguĂ« sĂ©vère dans ces rĂ©gions. Les experts estiment malgrĂ© tout que plus d’acteurs devraient s’intĂ©resser Ă  cette problĂ©matique, car le phĂ©nomène est bien trop grand pour ĂŞtre rĂ©sorbĂ© par l’Unicef seul.

 

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