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Manifestation à Yaoundé contre la loi antiterroriste

Des associations se réclamant de la société civile camerounaise ont manifesté mercredi pour protester contre l’adoption récente par le parlement d’une nouvelle loi antiterroriste

Des associations se réclamant de la société civile camerounaise ont manifesté mercredi à Yaoundé pour protester contre l’adoption récente par le parlement d’une nouvelle loi antiterroriste, jugée « liberticide ». Le texte, entériné au Sénat quelques jours plus tard, doit encore être promulgué par le président Paul Biya.

Plusieurs dizaines de personnes venues de différentes régions du Cameroun se sont ainsi rassemblées mercredi, à l’esplanade de la sous-préfecture de l’arrondissement de Yaoundé 3ème à Efoulan, à l’occasion de la célébration mercredi de la journée internationale des droits de l’Homme. La manifestation était encadrée par des éléments des forces de l’ordre et de sécurité du Cameroun.

Le collectif Dynamique citoyenne, qui regroupe une centaine d’associations, « demande au président de la République de surseoir à la promulgation en l’état de ladite loi », dans une déclaration publiée mercredi.

Mercredi, les activistes arboraient des tee-shirts de couleur bleue, sur lesquels il était écrit: « Touche pas à ma liberté de manifestation publique ». D’autres portaient des tee-shirts de couleur blanche sur lesquels on pouvait lire: « Article 66 de la Constitution, déclarez vos biens Monsieur le président de la République du Cameroun ».

Le collectif Dynamique citoyenne, qui regroupe une centaine d’associations, « demande au président de la République de surseoir à la promulgation en l’état de ladite loi », dans une déclaration publiée mercredi.

Le code pénal camerounais prévoit déjà la peine capitale pour les coupables de meurtres et d’assassinats, mais aucune exécution n’a eu lieu depuis le milieu des années 80.

Cette nouvelle loi s’inscrit dans un contexte troublé, alors que le nord du pays est confronté à une multiplication d’attaques de la part du groupe islamiste nigérian Boko Haram.

Mais pour la société civile, la lutte contre le terrorisme n’est qu’un prétexte, tant la définition du terrorisme présentée par le nouveau texte est « large ».

« Cette loi criminalise les réunions et manifestations publiques », affirme Dynamique citoyenne. « Vous serez considéré comme terroriste si, par exemple, lors d’une manifestation publique organisée pour exiger l’amélioration du code électoral, pour dénoncer l’incurie des gouvernements en place (…), vous tombez sous le coup » de l’article 2 de la loi, qui définit le terrorisme par des comportements pouvant s’appliquer à des contextes très divers, selon le collectif.


dublab.com)/n



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