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Marafa Hamidou Yaya: Pour une société de confiance et de traitrise

Par Charles Atangana Manda, journaliste, militant du Rdpc

Monsieur le ministre d’Etat, Comme vous le voyez bien, vos lettres déjà ouvertes, et celles que vos hommes de mains préparent activement dans vos officines (déjà mises à nues), ne sont que TChokolo, Tchokolo ! Comment ? Ah oui, TChokolo, Tchokolo, pour emprunter à X Maleya, les camerounais s’enfoutent. tout ce que vous faites là n’est pas sérieux.

Sous la brise entrainante de la côte littorale Cameroun, je passe une fin de semaine tranquille. Jogging matinal sur les rives du wouri. Pique nique sur les îles touristiques attenantes. Rencontres, dégustations et repas en famille. Je me refais des forces, et, me décharge de l’enfermement socio-professionnel et de la grisaille du quotidien administratif ! Douala, il est 18h20 mn, ce dimanche, 13 mai 2012. Je range mes bagages dans la malle arrière de la voiture. Le week end s’achève, tout doucement. Il faut rejoindre la cité capitale du Cameroun. En me retournant, j’avise le concierge de l’hôtel où j’ai pris pied durant mon séjour. L’homme, sans détours, m’aborde l’air grave: Ah Monsieur, vous partez ! Hélas oui ! Vais-je bredouiller, sincèrement désolé que le temps soit si vite passé. Mon interlocuteur dans un style très camerounais m’intrigue au passage: «Dites, vous qui êtes à Yaoundé, que pensez-vous de l’affaire Marafa, et, surtout du fameux juge Mangambemuagabé ?»

Pascal Magnaguemabe… Au nom de la profession vertu
Alors, sans le corriger sur l’orthographe et la prononciation du nom du juge d’instruction Pascal Magnaguemabé(un nom, il est vrai, fort sympathique de prononciation), je vais avouer deux (02)choses:

1.- Sur l’affaire Marafa: Je souhaite ne plus avoir à m’exprimer sur ce sujet. J’ai, me semble-t-il, suffisamment donné mon avis sur la susdite affaire, à travers journaux, radios et télévisions ! (Je soupçonne du reste, mon vis-à-vis, de m’avoir utilement écouté ou lu sur l’une ou l’autre des tribunes sus-répertoriées, et de vouloir tout juste échanger avec moi de vive voix. Non, me suis-je alors dis intérieurement, je ne vais tout de même pas laisser ce monsieur pourrir la fin d’un si magnifique séjour !)

2.- Sur le juge d’instruction, près du tribunal de grande instance de Yaoundé, M. Pascal Magnaguemabé, Oh ! J’ai la faiblesse d’affirmer qu’il s’agit d’un excellent magistrat ! Vais-je enchaîner. Il incarne à la perfection le pouvoir et l’indépendance de la justice. Voyez-vous cher monsieur, ce fameux juge, comme vous le dites si bien, agace tous ceux qui ont flirté avec le pouvoir exécutif et qui ont conséquemment du mal à accepter que s’abattent sur eux: la posture directive, la gestuelle d’autorité et la mimique de la justice féline. Le tout usité et représenté avec dignité et majesté par le fameux magistrat !

En fin de compte, au moment de prendre congé de vous et de la ville de Douala, j’aime autant vous le dire, mon très cher concitoyen, le juge d’instruction Pascal Magnaguemabé, récusé ces derniers temps par quelques personnalités en détention préventive, serait de toute évidence victime de ce que disait Nicolas Machiavel, homme politique et philosophe italien: «Un homme qui voudra faire en toutes choses profession de vertu, périra dans la cohue des scélérats.» Puisse-il, M. Magnaguemabé, être toujours soutenu par la justice, laquelle, elle-même, gagnerait à garder toujours les yeux ouverts !

Le véhicule démarre à vive allure. Et, me voici de retour sur Yaoundé.

Marafa saison 2: TChokolo, Thokolo !

Aux aurores du lundi, 14 mai 2012, certains journaux du pays consacrent leur «une» (page d’ouverture) à : «La 2ème lettre à Paul Biya, Marafa Hamidou: le grand déballage se poursuit.» Le texte intégralement publié n’a en réalité rien de véritablement accrocheur. Pas grand-chose de franchement déballant. Le ton utilisé par l’ancien ministre d’Etat, n’a quant à lui pas du tout varié. Il reste un cran au contact du condescendant, du méprisant et de l’orgueil. Autant dire, pas spécialement surprenant, au regard de l’orientation idéologique de ces messages politiques, à savoir: envoyer des flèches empoisonnées et orchestrer des bravades récurrentes à l’endroit du président de la République. Donner un signal fort et mettre en ordre de bataille, quelques affidés tapis au c ur du pouvoir de Paul Biya. Tenir gagnée la bataille de l’opinion publique contre le Président de la République. Aussi, vais-je devoir me limiter à ressortir ce qui me semble approprié d’être présenté comme l’information essentielle de la dernière correspondance ainsi balancée pour continuer d’entretenir l’illusion. L’illusion. Oui, l’illusion, puisque la bataille de l’opinion publique est perdue pour M. Marafa, la réplique méthodique et pugnace, pertinente et déterminée des hommes de Paul Biya a aspiré et sapé d’entrée de jeu, tous les effets escomptés de manipulation et d’intoxication du peuple camerounais, à travers ce flux et reflux de notes et lettres dévoilées.

La 2ème lettre est donc un salmigondis de «bla bla bla» sur le code électoral. Un point de vue parmi les 20 millions d’avis possibles. La note au Président de la République traitant de l’éventualité de la création d’un « poste de vice-président de la République, avec droit de succession à la magistrature suprême de notre pays » ; supposée avoir été envoyée au Chef de l’Etat le 03 septembre 2010 par M. Marafa Hamidou Yaya, n’est quant à elle que du réel « pipo » ! En son temps, plusieurs responsables du pays ont posé des regards croisés sur cette question. Mon dessein étant de relever l’élément d’information exploitable par qui l’entend, et fort de ce qu’en toute chose il faille considérer la fin, je note que l’ancien ministre d’Etat, annonce en toute fin de lettre, sa sortie implicite du Rdpc, sa prise de distance, et de Paul Biya et du Renouveau national, et, tout naturellement, l’imminence de l’affinement de son projet de société. M. Marafa laisse donc définitivement tomber le masque, il veut la place de Paul Biya, il la veut depuis, il y tient tellement: «(.) de là où je suis, je continuerai à parfaire le projet de société dont je suis porteur et à le soumettre(.) à la critique des camerounais. (Sic)» A nous qui étions émus de compassion pour ce compatriote en détention provisoire pour présomption de détournements de fonds publics, nous voilà entamés dans notre humanisme. L’ancien ministre d’Etat est sur « son 31 ». Riche comme crésus, entre le collège d’avocats grassement payés pour sa défense et un pool de rédacteurs de lettres ouvertes, constitué d’individus payés à prix d’or, avec pour mission de lui assurer une présence au c ur de la nation tout en étant derrière les barreaux, l’homme sifflote crânement, chantant les antiennes de Charles Aznavour et de Frédéric Mey. « Biya et son peuple verront ce qu’ils verront ! »

Marafa saison 2, c’était que du déjà entendu : « .Il veut le pouvoir, le pouvoir, tout le pouvoir.Il a l’argent, l’argent, beaucoup d’argent ! Alors, vivement la 3ème, 4ème, 5ème, 6ème saisons et suivantes… Puisse l’ancien ministre d’Etat nous parle par exemple: de ses repas en tête à tête avec le Chef de l’Etat, à Etoudi ou à Mvomeka. Des chats et des chiots de Paul Biya. Du couturier et du photographe de l’homme président. Puisse, l’ancien Sgpr nous dire des choses et d’autres sur le coiffeur et le chausseur de l’homme du 06 novembre 1982. Pendant qu’on y sera, nous attendrons de voir ce qu’il nous dira, M. Marafa, sur les appétits culinaires du N°1 camerounais . Sur les choix du président Paul Biya en matière de bons vins !!!

In fine, puis-je me permettre de m’adresser directement à cet ancien très proche collaborateur du président de la République ? Eh bien, « Monsieur le ministre d’Etat », vous voulez une « société de confiance », si seulement vous aviez pu être exemplaire, fidèle et loyal vous-même ! Seriez-vous confiant en la traitrise ? Comme vous le voyez bien, vos lettres déjà ouvertes, et celles que vos hommes de mains préparent activement dans vos officines (déjà mises à nues), ne sont que TChokolo, Tchokolo ! Comment ? Ah oui, TChokolo, Tchokolo, pour emprunter à X Maleya, les camerounais s’enfoutent. tout ce que vous faites là n’est pas sérieux.

Charles Atangana Manda


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