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Marchés Financiers: Le rapprochement envisagé en Afrique centrale

Un atelier sur le sujet est amorcé à Douala depuis le début de la semaine, les positions restent assez tranchées

L’admission nouvelle du rapprochement
De récentes et nombreuses études tendent à ressortir, que pour survivre, les places financières d’Afrique doivent fusionner afin d’occuper des espaces plus grands et de financer des portefeuilles plus nombreux. En Afrique centrale l’idée d’une fusion ne semble pas à l’ordre du jour. Il y a quelques mois, le ministre camerounais des finances Lazare Essimi Menye, affirmait qu’il ne comprenait pas que certains puissent penser que la sous région Afrique centrale ne pouvait pas héberger deux places financières. Aujourd’hui, l’idée semble avoir connu une légère évolution. Même le président Paul Biya est désormais favorable à l’initiative d’un rapprochement.

Dans le cadre communautaire, de nombreux domaines sont susceptibles d’actions conjuguées : la production et la distribution d’énergie ; la construction d’axes routiers et d’infrastructures à vocation sous-régionale ; l’exploitation en commun ou coordonnée de nos ressources du sous-sol ; la mise en uvre de projets agricoles d’envergure pour approvisionner l’ensemble de nos pays ; le rapprochement de nos marchés financiers.
Paul Biya, lors du dîner en l’honneur d’Idriss Déby

L’atelier organisé par la Commission des Marchés financiers de la zone CEMAC (COSUMAF) répond à la nécessité de mener une réelle réflexion sur l’avenir des marchés financiers en Afrique Centrale. Depuis leurs créations, les objectifs atteints restent en deçà des prévisions qui avaient motivé les initiatives. Pour le directeur de la COSUMAF, « La problématique du développement de ce marché, recommande d’en faire un bilan afin d’apprécier les résultats obtenus ». Au cours de cette rencontre, une feuille de route contenant des mesures à prendre pour la redynamisation du marché financier devrait être retenue, afin d’en faire une véritable place financière intégrée. La feuille de route issue de cet atelier fera l’objet de son exécution par la COSUMAF avec l’appui de tous les autres acteurs. De l’avis de nombreux experts, c’est l’intervention des bailleurs de fonds, banque mondiale en tête, qui aurait favorisé l’idée d’un rapprochement.

S’intégrer pour plus d’efficacité
L’intégration du marché financier de l’Afrique Centrale devrait conduire à une mobilisation plus importante des ressources disponibles sur la zone CEMAC et une allocation optimale. Ses promoteurs affirment aussi que de nombreux avantages pourraient découler d’une intégration réussie. On peut relever entre autre l’élargissement de la base des émetteurs et des investisseurs, la réalisation des économies d’échelle, qui permettra de diminuer les coûts de transaction et du capital, la contribution à l’offre d’une gamme importante d’instruments financiers à la disposition des investisseurs et la disponibilité d’un grand nombre d’instruments de politique monétaire et budgétaire entre les mains des autorités monétaires de la zone.

Des positions toujours tranchées
Essimi Menye, le ministre camerounais des finances a tenu à préciser, le rapprochement dont il est question dans ce contexte de réflexion concerne des aspects bien précis des marchés financiers de la sous région. L’harmonisation des cadres règlementaires et l’établissement des passerelles pour permettre une facilitation des transactions entre les différents espaces économiques. Une position qui semble arranger la COSUMAF. Le schéma de rapprochement que nous proposons n’induit pas la disparition d’une bourse au profit de l’autre, ni n’appelle pas une fusion obligatoire de ces deux bourses. Ces solutions possibles ne sont pas de notre ressort, même si elles ont l’avantage de la clarté et d’une mise en uvre rapide. Le pragmatisme de notre offre de rapprochement se fonde sur une démarche de consolidation des bourses de valeurs mobilières qui a fait ses preuves dans les expériences d’intégration des marchés financiers en Afrique, en Europe et en Amérique a affirmé Alexandre Gandou, le président de la COSUMAF lors d’un point de presse en prélude à la rencontre.
Pour les experts le problème reste entier. Le rapprochement plutôt que la fusion est une fuite en avant. Si les intérêts gabonais et camerounais cessaient de prévaloir, cela ouvrirait les voies pour un espace financier plus dynamique, et favoriserait une intégration plus rapide des économies de la sous régions.

Bourse de valeurs, Douala
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