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Mario Canonge et son quartet magique!

Les artistes ont offert à leur petit public un spectacle de qualité ce vendredi 19 novembre à Douala Bercy…

Il était magnifique. Le quartet. L’infatigable Mario Canonge au piano, le virtuose Thierry Fanfant à la basse, le jeune et très talentueux Arnaud Dolmen à la batterie et le séducteur Ralph Thamar au chant. La crème en fait. 21 heures et trois quart ce vendredi 19 novembre, le quatuor fait son entrée sur la scène de Douala Bercy, introduit par Ebeny Donald Westley, batteur camerounais qu’on ne présente plus. On aurait cru que le petit public présent aurait refroidit les ardeurs des musiciens, mais non! Quand on est professionnel, peu importe. Dès la première note, les artistes ont séduit. Tous s’amusaient comme de petits enfants dans une cours de récréation avec une aisance particulière. Servi par une culture musicale éclectique et assumée, le quartet brodait ses modulations tantôt orientales, tantôt martiniquaises et antillaises sur des grilles d’inspiration créole pour proposer une lecture propre de la liberté de la salsa, de la biguine, souvent du boléro et un savant métissage de soca, mazurka, reggae ou quadrille. Le public avait de quoi prendre du plaisir. Qu’il s’agisse de Mario Canonge, virulent sur son piano ou de Ralph Thamar, poignant à son micro, les deux têtes d’affiche ont démontré une fois encore que la musique, comme tout autre chose, devient facile quand on la fait avec son c ur.

Le quartet au complet

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Mario – Ralph, une affiche de longue date
Le premier est un pianiste reconnu dans le monde pour son incroyable virtuosité, avec une particularité: Sa tourbillonnante capacité d’adaptation d’un style à un autre. On l’a écouté vers la fin du concert passer du Bendskin au reggae en passant par un savant mélange de tous les grands rythmes de la musique caribéenne. Le deuxième quant à lui, connu le succès avec le groupe Malavoi et poursuit aujourd’hui une carrière solo en explorant une voie à la manière d’un crooner caribéen, entre sensualité affichée et défense de sa culture d’origine. C’est le chanteur antillais que je préfère, déclarait Mario quelques jours avant ce concert, son troisième au Cameroun. Ralph Thamar et moi nous nous connaissons depuis trente ans et avons beaucoup joué ensemble. C’est depuis 1993 en effet, à l’occasion du troisième album de Ralph, A toute., que les deux artistes entament leur collaboration. Elle continuera avec un magnifique album-hommage à Marius Cultier en 1994. S’ensuivent de nombreux concerts en commun puis en 1999, Ralph Thamar sort un nouvel album La Marseillaise noire sur lequel on retrouve non seulement Mario, mais aussi Manu Dibango. A la fin de la même année, Ralph sort aux Antilles la compilation Otantik, produite par Mario Canonge. Et autant de collaborations. L’on comprend donc tout de suite la symbiose et la chaleur que le quartet a produit à Douala Bercy, transformant la salle en une discothèque antillaise. Au grand plaisir des mélomanes, envoutés par la voix suave de Ralph, les cordes envoutantes de Thierry, les gongs tonitruants d’Arnaud et le doigté magique de Mario. Un moment magnifique jusqu’au retentissement du dernier gong, il est 23 heures et 40 minutes.

Mario Canonge et Ralph Thamar

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