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Maroc: Byaa ou quand l’écologie est au cœur d’un projet citoyen

–Par Hicham Alaoui–

Le monde des affaires ne fait plus peur aux femmes. Nourries de leurs ambitions, elles ont réussi dans nombre de domaines, de l’industrie aux services en passant par l’agriculture, le cosmétique ou encore l’innovation et bien d’autres. De ce fait, la gent féminine au Maroc a osé franchir le pas, créer son entreprise et la diriger avec brio.Mme Zineb Salik fait partie de cette trempe de femmes entrepreneures ayant opté de se lancer dans un domaine jamais conquis. Celui de fabriquer des détergents et des poudres lave-linge écologiques.

 « Tout projet d’entreprise naît d’une idée. Observer son environnement, ses proches et l’actualité aident à la recherche d’une opportunité, d’une innovation, d’un concept », s’est-elle confiée à APA.

« Après avoir trouvé mon idée, j’ai, de prime abord, vérifié la fiabilité de mon projet avec une étude de marché et un business plan pour analyser les besoins des prospects, l’emplacement géographique, le capital social, la réflexion sur la forme juridique », a souligné Mme Salik, dont l’entreprise Byaa a démarré sur les chapeaux de roues.

Pour elle, l’idée est venue d’une manière « très spontanée », relatant ainsi les péripéties ayant jalonné la création de son entreprise. « J’ai travaillé pendant plusieurs années dans le secteur de la cosmétique et j’ai constaté qu’il y a de nombreuses entreprises qui travaillent dans ce domaine et je me suis dis qu’il faut se distinguer par un produit qui sort de la sphère de l’industrielle. Je ne voulais pas faire comme les autres.

En effet, en s’installant à la maison, j’ai affronté le ménage, et je me suis trouvé devant la difficulté d’utiliser les produits ménagers industrialisés à composante chimique, à cause notamment des problèmes d’odeur et de l’allergie cutanée provoquée par ces produits, a-t-elle raconté.

« J’ai senti un malaise et je me suis dis pourquoi ne pas fabriquer des produits ménagers amis de l’environnement. J’ai cherché sur internet et je n’ai pas trouvé d’entreprises au Maroc qui s’adonnent à ce genre d’activité, car les produits ménagers écologiques est un commerce qui ne draine pas de rentrées financières importantes outre qu’ils ne sont pas demandés assez par les citoyens. C’est vrai que c’est un long chemin et en même temps c’est quelque chose qui se fait pour la première fois au Maroc », a-t-elle enchaîné.

Ne perdant pas le goût des défis, Mme Salik  ne s’est pas découragée et a bataillé pour monter son projet. « Je me suis lancée dans ce domaine en faisant des recherches et faire des tests à la maison et au bout d’un moment j’ai constaté que je n’ai pas assez de matières », a indiqué Mme Salik, mère de deux enfants.

Après une multitude de tests, j’ai réussi à concocter des produits de base pour le lavage du linge, le gel lave-vaisselle et des produits multi-usages comme le bicarbonate de soute et l’acide citrique, s’est-elle réjouie. « J’ai eu beaucoup d’encouragement de la part des consommateurs et non pas des professionnels », a-t-elle déploré.

Spécialisée dans la fabrication de produits ménagers écologiques naturels, l’entreprise Byaa de Mme Salik veut en finir avec les produits chimiques utilisés au quotidien pour l’entretien des maisons. Elle s’impose en tant qu’alternative aux détergents et produits ménagers à base chimique.

L’entreprise développe depuis quelque mois une gamme de détergents écologiques entièrement biodégradables et recyclables.

Actuellement, Mme Salik écoule ses produits dans les green marchés et les épiceries vertes. « Je suis concentrée sur les points de vente verts notamment les green souk. Mais j’aimerais bien élargir la vente pour que le produit soit accessible au maximum pour les consommateurs, toute catégorie confondue », a-t-elle fait savoir, ajoutant qu’elle s’efforce de vendre ses produits dans les supérettes bien placées dans les villes de Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger.

Et de conclure que l’entrepreneuriat se trouve aujourd’hui au cœur du développement humain. Il donne des perspectives sur l’avenir, favorise l’expression du potentiel des personnes et ouvre des espaces de liberté insoupçonnés de progrès.

L’acte d’entreprendre est vital dans la mesure où il constitue une formidable voie de réalisation de soi, favorise un mouvement plus collectif de création de richesses économiques et /ou sociales et améliore le bien être collectif, a-t-elle souligné, appelant les jeunes à se lancer dans ce genre d’activités, et s’ouvrir plus sur tout ce qui est produit vert, ami de la nature avec des prix accessibles pour toucher un maximum de population.

Pour rappel, les produits de Byaa sont contrôlés par des laboratoires, dans l’attente d’être certifiés auprès d’instances spécialisées dans ce genre d’activité.


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