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Maroc : Des instances de droits de l’Homme dénoncent la campagne de solidarité avec Tariq Ramadan

La Fédération de la Ligue des droits des femmes au Maroc a dénoncé la campagne de solidarité et de soutien avec l’islamologue Tariq Ramadan, mis en examen pour viol en France.Dans un communiqué, la Fédération condamne la campagne menée par un groupe d’associations et des intellectuels marocains pour soutenir Tariq Ramadan accusé de viol en France, estimant que ce soutien est une « tentative de légitimer la culture du viol et de peser sur la justice », sachant que la justice française n’a pas encore rendu son verdict sur cette affaire. « Ceci est de nature à donner une image négative à notre pays, le Maroc », s’est-il indigné.

Les associations Al Massar, Anwaar, Al Hidn, Espace Cadres, Arri’aya et l’Association marocaine de défense de l’indépendance de la justice ont organisé samedi à Casablanca « une rencontre en soutien » avec le théologien suisse, Tariq Ramadan.

De son côté, Mme Zahra Sadiq, membre de la Fédération, a souligné que le soutien apporté par ces associations à Tariq Ramadan, dénature l’image du Maroc, qui s’est engagé depuis des années sur la voie de la consécration des droits de l’Homme et a accompli de nombreuses réalisations  dans ce domaine.

L’activiste des droits de l’Homme a aussi critiqué ces initiatives menées par des instances qui s’apprentent au courant islamiste et qui considèrent que Tariq Ramadan, en tant que penseur islamique, doit être soutenu faisant fi des textes de loi, ce qui est qualifié comme « un acte qui déshonore l’image du Maroc ».

Pour sa part, l’écrivain et chercheur dans les affaires islamiques et membre du mouvement « Damir », Said Lakhal a estimé que toute solidarité avec une personne accusée de viol est « moralement inacceptable », et constitue une « ingérence dans les afiares d’un autre Etat souverain qui dispose d’une justice indépendante », en allusion à la France.

Il a qualifié ce soutien de « grivoiserie », soulignant que les islamistes en général croient en l’expression « Soutiens ton frère qu’il soit injuste ou victime d’injustice ».

Visé par deux plaintes pour des faits qui auraient été commis en France en 2009 et 2012, Tariq Ramadan, petit fils du fondateur de la confrérie islamiste égyptienne des Frères musulmans a été placé en détention provisoire.

Il est détenu à Fleury-Mérogis, en région parisienne, depuis son inculpation le 2 février. Jeudi dernier, la cour d’appel de Paris, qui examinait le recours qu’il a formé contre son placement en détention provisoire, a ordonné une expertise médicale indépendante et renvoyé sa décision au 22 février.

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