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Maroc: Plongée dans le monde de l’Arganier, cet arbre rare et précieux

Par Hicham Alaoui

A 180 km de la ville d’Agadir, station balnéaire de Sud du Maroc, se dresse Tafraout, une petite cité berbère de l’Anti-Atlas, qui offre à ses visiteurs des séjours agréables, un tourisme de montagne et écologique de qualité.Une route sinueuse qui monte au loin jusqu’au cap, paysages austères, montagnes escarpées, des ravins profonds, des torrents rapides, peu de plaines, voilà en quelques  mots toute  la description du trajet d’Agadir à Tafraout, une cité entourée de montagnes de granite qui lui confèrent un paysage époustouflant.

Dans un décor aux couleurs sensationnelles, ces flèches de roche deviennent rouges à l’aube et au crépuscule, transformant ce canyon en un merveilleux paysage flamboyant.

Tout au long de ce trajet captivant, Mohamed, Doctorant avec spécialité en arganier, qui nous a accompagnés, n’a cessé de nous gratifier par ses connaissances approfondies sur la réserve de biosphère de l’arganeraie, la spécificité de l’arganier et ses produits qui sont une source intarissable de bienfaits. Sa copilote maîtrise aussi parfaitement l’arganier. Fatima est membre du projet de Renforcement économique des femmes de la filière argane au Maroc (REFAM) qui vise l’autonomisation économique des femmes dans la filière de l’argane en leur permettant de tirer profit pleinement des richesses qu’elles créent.

A deux trois km avant d’arriver à Tafraout, se trouve un rocher qui surplombe la vue. Ce rocher n’est autre que l’ex- grenier de Tafraout, appelé par la population locale « Agadir N’Tfraout ». Le rocher a une forme spéciale faite naturellement par de gros morceaux de rocher difformes. Ce rocher a une certaine ressemblance avec celle du chapeau de Napoléon. 

A l’entrée de cette petite ville se dresse un tableau de montagnes, une œuvre d’art somptueuse, où est nichée au cœur du Djebel Lekst, la tête du Lion qui garde la ville, visible au centre de cette ville de quelques milliers d’habitants.

Tafraout se présente sous forme de cuvette. Elle est entourée d’une chaîne de montagnes constituée de grosses roches. La petite ville possède un look particulier qui fait qu’on l’aime dès le premier abord.

L’effort de développement accompli se révèle aux visiteurs au fur et à mesure de leur balade. Un village modèle a été bâti à la périphérie du centre. Il est très réussi. 

Nous avons emprunté, ensuite, une piste pour aller visiter les roches peintes. Ce sont de grosses roches sous forme de galets qui ont été, il y a longtemps, entièrement peintes en bleu, rouge, orange et autres couleurs par un artiste belge qui venait souvent dans la région et s’amusait dans les années 1980 à colorier la nature à coup de bombes de peinture. Abimées et délavées par les intempéries, les couleurs ont été restaurées entièrement par un fabricant de peinture.

En une journée, on ne peut prétendre avoir visité tous les coins et les recoins de Tafraout. Notre mission était de se rendre dans une coopérative de production de l’huile d’argane.

Sur place, les coopératives  Aoumerk, Afra et la Maison Azerg ont été créées pour  participer à l’émancipation de la femme rurale restée isolée du monde, en vue d’améliorer ses conditions de vie.

Les femmes n’ont plus besoin de passer 20 longues et pénibles heures de travail pour extraire un litre d’huile. Et si elles continuent de concasser et torréfier tout en chants et en danses à l’image de leur mère et de leur grand-mère, le net et le commerce électronique ont changé leur vie.

L’extraction de l’huile artisanale et fait à la main a toujours été exclusivement le travail des femmes au sein de la population amazighe. Traditionnellement, les hommes étaient chargés de lui vendre les produits au souk.

En 2007, la coopérative agricole féminine « Aoumerkt » a vu le jour par l’Association d’Agued-Oudad pour le développement et l’entraide avec comme objectif  d’améliorer la situation sociale des femmes et leur donner les moyens nécessaires pour faire face aux besoins de leur vie quotidienne», a déclaré savoir à APA la secrétaire à l’Association, Rachida Houmad.

Cette coopérative de 13 adhérentes s’active dans l’extraction de l’huile d’argane (cosmétique et nutritive). Pour elle, la coopérative est une école où la femme rurale  apprend à s’impliquer dans le tissu social et économique de la région, ajoutant que chaque femme adhérente à la coopérative effectue son travail et reçoit en contrepartie une rémunération.

Et d’ajouter que les produits de la coopérative sont écoulés dans les marchés de Tafraout, connue par une affluence des touristes et dans un marché solidaire à Casablanca.

Pour répondre aux exigences du marché international, surtout européen, au niveau de la qualité du produit, la coopérative «Aoumerkt» a modernisé son système d’extraction des huiles  en introduisant des machines de transformation mais l’opération de concassage est restée traditionnelle.

La mécanisation de ce système a permis à la coopérative de produire, avec une grande qualité, deux types de produits : l’huile d’argan destinée à la consommation et extraite à partir des amandons torréfiés et l’huile cosmétique extraite des amandons crus.

Cependant, ces coopératives sont confrontées à la concurrence des intermédiaires qui parcourent les villages et douars pour s’approvisionner en matière première vendue aux différentes sociétés de fabrication d’huile d’argan, surtout  cosmétique, d’où la délocalisation des fruits, un problème majeur pour les coopératives en place. D’autre part, plusieurs familles refusent de vendre leur propre récolte aux coopératives. Elles préfèrent la conserver pour l’écouler plus tard à un prix élevé.



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