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Martial Tapolo: la révélation, le rêve, les défis…

A bientôt 30 ans, ce camerounais totalise pour ses sept ans de carrière une dizaine de collections, de nombreux prix et une multitude de défilés et shows…

Festival de Cannes, Gospel show, salon afro attitude de Paris, le créateur camerounais monte, monte, monte.

On le savait intelligent et très prometteur. 7 ans de carrière, une dizaine de collection et autant de prix, un agenda overbooking. Martial Tapolo qui défile sur la croisette à Cannes en ce moi de mai fera un deuxième show à Cannes au mois de juin. Le week-end dernier, il a laissé la côte d’Azur pour Paris où il défilait au club med world dans le cadre du gospel fashion show. L’ethical fashion show qu’il représente à Cannes donne rendez vous en juillet prochain en Italie. Progressivement, Martial Tapolo dont la corpulence physique ne passe pas inaperçue dans les backstages marque son empreinte dans les shows, défilés et festivals divers, proposant ainsi au public de découvrir son univers. Un monde controversé à l’image de la personnalité du créateur. Ça c’est pour le fond, l’esprit et l’idéologie. La forme aussi est le manifeste des états d’âmes de Martial Tapolo. Du raphia aux toiles de jute, de la soie sauvage à la soie fine, des cuirs divers à l’obom, écorce d’arbre battu, il associe, mélange et crée une alchimie entre le taffetas, l’organdi, les textiles africains et tout ce qui lui passe par l’esprit. par la main. Le créateur affirme d’ailleurs « je crois à la richesse des matières et pour moi, le raphia est autant noble que la soie ». Sa collection en cours qu’il baptisera volontiers du nom de son frère, décédé pendant la confection traduit ce trouble d’autant plus que comme il le rappelle « Je communique mieux ce que je ressens à travers ce que je fais ».

je crois à la richesse des matières et pour moi, le raphia est autant noble que la soie
Martial Tapolo

Originaire de l’Ouest Cameroun, Martial Tapolo découvre sa passion en 2001 sur les bancs de l’université de Yaoundé I alors qu’il est inscrit en sociologie. Le talent se révèle par le dessin : « je dessinais énormément et je proposais mes croquis aux couturiers pour les réaliser ». La mécanique se met en marche lorsqu’il rencontre Renel Cock, organisateur des rencontres modes. La fibre artistique qui jusque là s’est développé sous l’ombrage de son cursus académique est mise en avant et les études arrêtées. Il retournera à l’université pour faire deux ans d’histoire de l’art.
Installé à Yaoundé en face du lycée de Tsinga, Martial Tapolo a emménagé un show room, un atelier et y a de ce fait installé sa base. Rien n’est évident pour le jeune créateur qui ne bénéficie d’aucune subvention contrairement aux créateurs africains originaires de l’Ouest du continent qui sont pris en charge très souvent chaque fois qu’ils représentent leurs pays dans une concours. Le concours des circonstances, les bonnes rencontres et l’ouverture que lui offre la ville lumière sert de tremplin à ce jeune lion qui – ça étonne ? – n’a pas fini de rêver !

Afrodiz.com

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