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Masa 2018 : des «poupées» géantes dans les rues de Treichville

Abidjan, le 10 mars 2018. Des poupées géantes lors de la parade d'ouverture du Masa 2018. ©Journalducameroun.com

Une grange parade a eu lieu hier pour marquer l’ouverture de cette 10ème édition de ce marché.

Sons de tambours et trompettes à l’entrée du Palais de la culture d’Abidjan. Terminus d’une parade qui a sillonné les rues de Treichville, pour confirmer, en sons et couleurs, la tenue de la 10ème édition du Marché des arts du spectacle d’Abidjan (Masa). Il fallait être aveugle et sourd pour ne pas porter son attention sur ces jeunes gens, blancs et noirs, vêtus de costumes, pour célébrer ce moment de rencontres.

Différentes compagnies ont participé à cette caravane. Venus de Côte d’Ivoire, du Mali, du Bénin, de la France, d’Allemagne, du Canada, ces festivaliers ont donné de la couleur à cette première journée du Masa et mis tout le monde dans une ambiance de fête.

L’on a vu des costumes d’animaux portés par de jeunes gens, un éléphant en tissu déplacé par de petites mains dissimulées, le tout encadré par des poupées géantes dotées d’un incroyable sens du rythme.

Il y a aussi eu, ces jeunes filles ivoiriennes aux seins nus avec la peau recouverte de peinture, ces échassiers togolais qui ont improvisé une parade de circonstance, mais aussi ces hommes enduits de cambouis se dressant fièrement face à la foule avec leurs seuls cache-sexes et leurs masques copiés sur des visages de primates. Les visiteurs se sont empressés de faire crépiter leurs smartphones. Et s’ils croyaient avoir tout vu, c’était sans compter avec la compagnie Jouvay fest, qui a sorti le grand jeu.

Mémoire et divinités

Le groupe était déjà du carnaval d’ouverture de Visa for music (Maroc) en novembre dernier. Hier, au Palais de la culture d’Abidjan, ses membres en ont mis plein la vue aux spectateurs, impressionnés par leurs costumes. Constitué de membres originaires de Trinidad et Tobago, Jouvay fest défend ses origines africaines, même s’ils sont tous installés à New-York aux Etats-Unis.

Vêtus de blanc et de jaune or, les danseurs de Jouvay fest précèdent les divinités, notamment Obah Tala, représenté par un homme sur des échasses, vêtu de blanc lui aussi et coiffé d’une sorte de couronne. Obah Tala est une divinité vénérée par les peuples de Trinidad, un élément qu’ils ont en partage avec le Nigeria. Jouvay fest est un devoir de mémoire pour l’Afrique dont sont partis les ancêtres de ses membres.

Pour contraster, la compagnie compte aussi un diable. Illustration du bien et du mal présent dans toutes les sociétés modernes et traditionnelles. Il est représenté par un homme en blanc, portant des cornes, des ailes, une énorme chaîne et un sceptre. Normalement, ses cornes sont plus hautes et il est tout de noir vêtu. Mais, la symbolique reste la même, pour ces africains fièrement revendiqués. La partie musicale est assurée par des percussionnistes, installés sur la plate-forme d’un camion.

Le Masa 2018 s’annonce particulièrement festif. Les participants auront de quoi se mettre sous la dent.



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