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Match Cameroun-Gabon: « Chaque joueur sait qu’il doit convaincre l’entraîneur »

Entraîneur de football diplômé de Clairefontaine, Emmanuel Bityeki tente une analyse du match Cameroun-Gabon

Le nouvel entraîneur Paul LEGUEN vient de confier le brassard à Samuel ETO’O, Quelle est la portée d’une telle décision ?
Avec la nomination de Paul LEGUEN comme entraîneur, chaque joueur sait qu’il doit convaincre l’entraîneur, il veut mériter sa place.
Ainsi ce qui semblait acquis est remis en cause, je ne dirais pas à 100% mais au moins pour 40% des postes. Il en est de même avec un nouveau capitaine. En effet le capitaine est ipso facto le représentant de l’entraîneur sur le terrain, c’est lui qui fait des rappels à l’ordre. L’affaire du fameux penalty de Wome Nlend où on ne sait pas qui doit tirer n’est pas possible dans une équipe normale car c’est des choses qui sont réglées avant le match par l’entraîneur et le capitaine est là pour faire appliquer la décision. S’il y a indiscipline, le joueur indiscipliné doit être suspendu immédiatement à moins de la complaisance de l’entraîneur.

Par rapport au Cameroun qui occupe la dernière place du groupe, le Gabon se trouve en pôle position. Est-ce-qu’un tel classement peut influencer le déroulement de la partie ?
En fait les joueurs doivent avoir à l’esprit l’objectif du match. Ici nous ne sommes pas aux jeux olympiques où l’essentiel est de jouer. Ici l’objectif est asymétrique, pour le Cameroun l’essentiel est de gagner pour le Gabon l’essentiel et de ne pas perdre ; par conséquent chaque équipe doit donc adopter des tactiques pour atteindre ses objectifs. J’ai entendu des entraîneurs se plaindre contre l’équipe du Maroc qui avait installé un mur devant ses buts comme si cela est un crime. En réalité, il y a pas que le règlement appliqué par les arbitres qui sanctionne ce qui est illégal pour le reste c’est licite et donc permis.

Vous qui avez été entraîneur professionnel, comment aborderiez – vous une rencontre où vous avez la pression d’une victoire absolue pour se qualifier pour la coupe du monde ?
On ne nourrit pas la poule le jour du marché. J’étais à Clairefontaine, le thème du stage était : « Il nous a fallu 30 ans de préparation pour être champion du monde ». Au Cameroun on veut toujours mettre l’accent sur ce que l’on peut faire à la dernière minute. J’ai entendu dire dans les médias que « ces choses là vous savez que nous sommes des Africains, il ne faut pas les négliger ». Heureusement que si on paie cher des entraîneurs c’est parce que l’on mise sur leur apport objectif. Or moi je crois que si on savait comme à Clairefontaine ce que l’on fait aujourd’hui ne devrait être que la finition.

Les Lions ont-ils encore vraiment une chance de se qualifier c’est à dire de gagner 4 matches sur 4 et donc de ne faire aucun faux pas. Si oui qu’est-ce-qui pourrait faire la force du 11 Camerounais ?
Si le Cameroun avait préparé son équipe depuis 5 ans, nous n’en serions pas là à spéculer et à regarder la boule de cristal, nous serions comme la Côte d’Ivoire. Il faut préparer les jeunes à résoudre leurs problèmes, c’est-à-dire leur donner l’aide à l’accès aux clubs professionnels en Europe. On sait que, à coté des joueurs qui ont réussi à jouer en Europe, il y a des milliers qui n’ont même pas réussi aller tenter leurs chances or beaucoup sont très bons. C’est la politique mise en place par la Côte d’Ivoire qui a pu placer des centaines des joueurs issus des centres de formation en Europe cela donne une relève à tous les postes. En dehors de cela, remettons nous à nos méthodes habituelles et espérons que cette fois cela marche encore.

Emmanuel Bityeki, le mathématicien du football

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