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Mauritanie: le Covid-19 freine les activités des dibiteries

En Mauritanie, pays par excellence où la grillade de viande vendue dans les lieux communément appelés dibiteries est très prisée, les mesures prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus freinent les activités de ce secteur.
Dès l’apparition du second cas de coronavirus (covid-19) en Mauritanie, le 18 mars dernier, les autorités ont renforcé les mesures préventives pour y inclure de nouvelles dispositions touchant directement l’activité quotidienne des populations.

Parmi ces dispositions, figure la fermeture pure et simple de tous les restaurants et cafétérias sur l’ensemble du territoire. Une mesure visant à éviter toute présence concomitante en grand nombre de personnes dans un local fermé.

Mais cette décision n’est pas du tout du goût de Sidi Ould Ramdhane, dibitier de son état au quartier Ksar, l’un des plus anciens de la capitale Nouakchott.

« Figurez-vous que c’est mon unique gagne-pain par lequel je nourris, au quotidien, une nombreuse famille sans autres soutiens », s’est il lamenté, après avoir vu son lieu de travail fermé de force par des policiers en tenue.

Par « lieu de travail », comprenez une chambre unique dans laquelle il reçoit les clients le temps de déguster un morceau de méchoui (viande grillée aux braises de bois).

Devant cette chambre à murs ornés de photos de béliers majestueux, se trouve un petit four artisanal et des  parties d’un mouton dépecé accrochées à l’air libre pour éviter leur pourriture et attirer les passants.

« Ce n’est pas un restaurant, il ne doit pas être inclus dans les restrictions décidées », se défend l’homme qui dit réfléchir déjà à un autre métier pour subvenir aux besoins familiaux.

Selon lui, les dibitiers qui tirent leur unique revenu de ce métier pour lequel ils consacrent la totalité de la journée, sont les plus affectés par ces décisions.

La viande grillée aux braises de bois est un menu très prisé par les Mauritaniens qui gardent ainsi l’un des souvenirs de la campagne où le méchoui est inéluctablement servi sous la tente ou au pied d’un arbre.

C’est pourquoi, les dibiteries sont fréquentes dans les grandes villes comme Nouakchott où elles ravissent, le plus souvent, la vedette aux poulets rôtis dans les plus grands restaurants de la ville.

D’autant plus que les prix des morceaux de viande sont relativement bas la quantité de chair qu’ils contiennent.

Sidi Ould Ramdhane n’en revient pas : « Ceux qui mangent la viande achetée ensemble dans ma chambre sont rares (à peine deux ou trois) et beaucoup de clients s’en vont pour la consommer ailleurs ».

La Mauritanie a enregistré son premier cas de covid-19 le 13 mars 2020 avant de découvrir le second 5 jours plus tard. Les deux malades sont deux ressortissants étrangers arrivés au pays quelques jours avant leur dépistage positif.


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