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Me Daniel Ngos : «Seul le dialogue peut nous permettre une sortie de crise à la Fécafoot»

Me Daniel Blaise Ngos

Me Daniel Blaise Ngos est un avocat au barreau du Cameroun. Dans un entretien accordé à Signatures, ce spécialiste en droit du sport invite tous les protagonistes de la crise de la Fécafoot à la table des négociations.

Maître, les interprétations sont diverses et dépendent de chaque camp. Concrètement, que peut-on attendre du dénouement des multiples procédures en cours au Tas ?

Le football de manière générale est un sport de passion. Il est donc normal à mon sens que tout ce qui s’y rapporte entraîne des passions. Il est donc normal à mon sens que tout ce qui s’y rapport entraine des passions. C’est la raison pour laquelle, je ne suis pas étonné de voir tout ce qui se passe autour de la crise que connaît notre football depuis près d’une décennie. De mon expérience des procédures en justice de manière générale et devant le Tas en particulier, deux issues sont possibles de manières théoriques :

-Raison peut être donnée à ceux qui contestent l’élection du résident Samuel Eto’o, dans ce cas nous reviendrons à la case de départ, c’est-à-dire une nouvelle adoption des textes et une nouvelle élection  de l’Exécutif de la Fécafoot ;

– Les demandeurs peuvent être déboutés et dans ce cas le président Samuel Eto’o, les textes adoptés et son exécutif élu resteront  en place.

Malheureusement ces derniers temps, les décisions du Tas nous ont habitués à des solutions quelques peu originales et contestables pour ne pas en dire plus. Qui ne se souvient pas de la procédure ayant conduit à l’annulation de l’élection du président Tombi dans laquelle les arbitres, bien que déclarant l’action irrecevable, avaient étonnement statué sur le fond du différend en déclarant nulle, l’élection de ce dernier ?

De même, dans le cas de l’élection du président Seidou, les arbitres, bien qu’ayant conclu à l’annulation de l’élection de ce dernier, avait quand par un tour de force réussi à « fortement suggérer » son maintien en place pour la révision des textes  et l’organisation de nouvelles élections avec le très célèbre point 234. Bien malin donc sera celui qui préjugerait de l’issue des procédures pendantes devant le tas en ce moment.

Eto’o peut-il desserrer l’étau ? Si oui, comment ?

De ce que nous avons observé depuis notre  à une position, le président Eto’o dès sa prise de fonction a engagé une série de rencontres avec les acteurs du football, afin de procéder à une réconciliation. Les résultats sont visibles aujourd’hui. Les exemples les plus emblématiques en sont la création du Comité transitoire du football professionnel (Ctfp), chargé de gérer les championnats professionnels, avec à sa tête le Général Pierre Semengue, qui a mis sous le boisseau la sentence du Tas qui rétablit la Ligue de football professionnel dans ses droits.

La rencontre entre le président Eto’o et les membres  de l’Assemblée générale de 2009, qui a abouti au désistement de la quasi-totalité des membres de cette assemblée des procédures pendantes devant le Tas. Le retour des sponsors majeurs qui a dû être précédé d’âpres négociations de même que l’adhésion de la majorité des acteurs du football à son projet semble être largement en faveur de la normalisation de l’organisation du football de notre pays.

Les procédures juridictionnelles ayant montré leurs limites à régler seule la crise de la Fécafoot, l’on doit leur adjoindre à mon humble avis la médiation qui pourrait être efficace en l’espèce, les discussions directes ayant montré leurs limites.

Comment interpréter le report par le Tas de la sentence la plus attendue ? Peut-on dire que c’est une lueur d’espoir pour l’Exécutif en poste ?

Une affaire est renvoyée par un juge ou un arbitre pour diverses raisons qui peuvent aller de la simple administration de la procédure à l’insuffisance d’élément pour se prononcer. Il revient à chacune des parties concernées de savoir en tirer le plus grand bénéfice. En l’espèce ce temps peut être mis à profit pour « venir à bout » des dernières poches résistances dans le cadre de ce différend.

Quelles seraient les conséquences directes et indirectes d’une déchéance du Bureau Exécutif actuel par le Tas ?

La conséquence directe d’une déchéance du bureau exécutif actuel par une décision du Tas serait théoriquement la nullité de tous les actes pris par lui. Il en sera ainsi des actes de nomination comme ceux de la création d’organe techniques et juridictionnels de la Fédération. In directement une telle décision pourrait théoriquement avoir un impact sur les compétitions organisées par Ctfp mis en place par l’exécutif actuel de la Fécafoot.

Vous aurez remarqué que nous parlons au conditionnel parce qu’à notre avis, nous en sommes encore bien éloignés.

Quelles propositions de sortie définitive de crise pourriez-vous envisager à faire à la Fécafoot ?

Seul le dialogue, encore le dialogue et toujours le dialogue peut nous permettre de sortir définitivement de la crise actuelle. Beaucoup a déjà été fait dans ce sens, mais nous pensons que les efforts doivent encore être consentis par les uns et les autres en vue de la recherche des solutions dans le seul intérêt de notre football. Les négociations directes entre les protagonistes ayant de la peine à avancer, nous pensons qu’une médiation bien menée peut donner des résultats plus probants.


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